Comment ça s'est passé.
On a pris le vol Wizz Air Sofia à 6 h du matin depuis Paris Beauvais, arrivée à 10 h 30 à l'aéroport Vasil Levski. Le taxi depuis l'aéroport jusqu'à notre hôtel La Boutique Balkan (rue Oborishte, centre) a coûté 20 BGN, soit environ 10 euros. Le chauffeur parlait trois mots d'anglais, on s'est compris par gestes. Première impression : Sofia sent l'air froid des montagnes mélangé à l'odeur du chauffage urbain, typique des villes balkaniques l'automne. Les deux premiers jours, on a arpenté le centre. La cathédrale Sainte-Sophie dans la vieille ville n'est pas fermée au public comme je l'aurais cru, mais les murs extérieurs en brique jaune sont un peu délavés. À côté, la mosquée Banya Bashi datant du XVIe siècle se dresse entre des immeubles Khrouchtchiovka gris, ce mélange était étrange à regarder. On a mangé un soppa tarator (soupe froide à la betterave et concombre) au restaurant Balkan Kitchen pour 8 BGN, délicieux et acide, parfait quand on revient d'une marche. Le marché des femmes, la galère des busLe Women's Bazaar (Zhenskiya Bazar) reste un endroit chaotique où on vend des fringues chinoises, du textile, des fruits. Pas touristique du tout, c'est là qu'on comprend comment vivent les Sofianotes. On a pris le bus 22 pour remonter vers le monastère de Rila (42 km au sud), mais le chauffeur s'est arrêté au terminus avant la correspondance qu'on lui avait demandée. On a attendu 40 minutes sous une petite pluie froide. Les Bulgares autour de nous avaient l'air blasé, donc on n'a pas paniqué, mais c'était frustrant. Finalement un taxi local nous a pris pour 35 BGN jusqu'au site. Le monastère lui-même est tout en fresques colorées jaune-or et bleu électrique, construit au IXe siècle, les moines y vivent toujours. Après ça, on a changé de tempo et on a pris le train Rila Ekspres depuis la gare Sofia Centrale jusqu'à Burgas, sur la Mer Noire. Trajets touristique, train de montagne qui dure 6-7 heures. Le paysage s'élevait progressivement : chaîne des Rhodopes avec ses petits villages, odeur de feu de bois vers 16 h depuis les chaumières, puis la descente vers la côte. Burgas : l'absence de luxe est un luxeBurgas en automne, c'était quasiment vide. On a loué une chambre chez Galina (propriétaire locale) pour 45 BGN par nuit dans une maison à cinq minutes de la plage centrale. Galina nous a fait goûter son rakija de prune faite maison, ça brûle le gosier. Elle parlait français, c'était rare. La plage elle-même était grise, pas des Caraïbes évidemment, mais l'eau était encore tiède (19 degrés en octobre), on s'est baignés une fois. Les restaurants du front de mer : trois clients en tout. Un grillé chicken et chips au resto Morski Dar coûtait 12 BGN, les poissons frais 18-25 BGN. On a eu une arnaque mineure au bar Horizont : la fille a compté mal la monnaie, on a payé 6 BGN pour deux bières au lieu de 4,5. En revenant s'en plaindre, elle a nié, alors on a laissé tomber. Ce genre de petite malhonnêteté existe, faut juste rester vigilant. Le jour avant de partir, on s'est assis longtemps sur le quai du port de pêche, les chalutiers avaient des filets pleins de poissons argentés qui scintillaient sous le soleil de fin d'après-midi. Un moment tranquille, sans foule. Néopolis et retourOn est allés jusqu'à Néopolis (petite plage 20 km au sud) en minibus local : 5 BGN par personne. Là, zéro touristes. Une église abandonnée datant du Ve siècle en ruine surplombait la plage. On a croisé une vieille femme qui cueillait des plantes sauvages avec un panier. Elle nous a montré comment on appelle les herbes en bulgare. Ces moments-là, c'est l'essence du voyage : un échange sans intérêt, juste pour parler. Retour à Sofia, trois jours de repos. On a testé un burek (feuilleté fromage) au café Paneria : 1,5 BGN. On a aussi flâné dans le parc de la Reine Marie, où les feuilles mortes craquaient sous les pieds, le silence était presque complet.
Les bons plans repérés sur place.
Monastère de Rila (9 km au sud-ouest de Sofia) : entrée 10 BGN, les fresques intérieures du cloître datent du XIXe siècle, allez-y le matin avant les groupes
Women's Bazaar à Sofia (rue Zhenski Bazar) : pas de nom anglais, juste demander à un local, on y trouve des fruits locaux et du textile à des prix écroulés
Port de pêche de Burgas : très tôt le matin vers 6 h, les chalutiers reviennent, c'est le seul moment vivant du centre ville en automne
Néopolis via minibus local (ligne 9 depuis Burgas, 5 BGN) : église du Ve siècle en ruine, zéro infrastructure touristique, paysage blanc et gris
Soppa tarator chez Balkan Kitchen (rue Alexander Batenberg, Sofia) : 8 BGN, c'est une soupe froide de betteraves, concombre et yaourt, à essayer absolument en été
Photos — Sofia / Burgas
Et au final.
La Bulgarie n'est pas accueillante par réflexe touristique, elle demande qu'on la rencontre. Les gens sont directs, pas souriants de façade. Les prix sont très bas comparé à l'Ouest, ce qui rend le voyage accessible. Par contre, les transports sont peu fiables, certains coins routiers sont miteux, et la signalétique en anglais quasiment inexistante en dehors de Sofia. J'y retournerais, mais pas pour les mêmes raisons qu'on retourne en Italie ou en Grèce.
