Comment ça s'est passé.
On arrive à Sofia le 12 mars en fin d'après-midi par un vol Wizz Air depuis Lyon. L'aéroport Sofiya Vasil Levski est petit, efficace. On prend le bus 84 direction centre-ville pour 1,60 lev (0,80 euros). Première surprise : les routes ne sont pas en si mauvais état qu'on le croyait. On loge trois nuits à l'hôtel Rai au 47 rue Marko-Tsarev. Chambre correcte, wifi intermittent, propriétaire gentil mais qui demande des clarifications tous les jours sur nos plans. Le petit-déj n'est pas compris. On paie 45 lev par nuit (23 euros). À côté, il y a le café Ginger que je découvre le matin suivant : espresso décent, pain au chocolat moelleux (1,50 lev), et l'odeur du café fraîchement moulu me ramène à des matins à Barcelone. C'est bête mais ça compte. La Cathédrale Alexander Nevski impressionne. On y va vers 16h, les nuages bas rendent la lumière grise, presque oppressante. À l'intérieur, le froid te saisit. Les murs jaunes, les cierges, les icônes : on reste 45 minutes sans parler. Pas le moment « magique » qu'on attendait, juste du silence qui pèse. Le marché des Femmes (Zhenski bazar) : c'est étroit, bruyant, des vendeurs qui te tirent par la manche. On se fait escroquer sur les olives (on paie 8 lev le kilo au lieu de 4). Galère. Le goût des olives noires reste acidulé. Ce soir-là, frustration. Mais la baklava au restaurant Vodenicharski Mlin (18 rue Vassil-Levski) est excellente, 12 lev pour une portion généreuse. Le miel colle aux doigts. Le 15 mars, on prend un bus Etap-Tours à 7h depuis la gare routière Avtogara Tsentralna vers Rila. Trajet de 2h30 dans un car qui sent l'essence et le tabac. Paysage qui passe : forêts, villages figés, une usine désaffectée aux vitres cassées. À Rila, on descend près du monastère. On marche 3 kilomètres à pied (pas de navette directe). Il pleut. Ici, les sapins sentent fort, vert, résineux. Le bruit du vent dans les branches. Le monastère est fermé entre 12h et 14h. On attend sur un banc mouillé. Le Monastère de Rila en lui-même : les fresques dans la cour intérieure valent le détour. Les couleurs rouge et bleu sur les murs murés, des scènes de saint Jean, presque fluorescentes dans la lumière de 15h. On dort à la guesthouse Rila Heights. Prix : 50 lev (25 euros). La douche chauffe mal. On fait bouillir de l'eau à la bouilloire électrique pour se rincer. On reste quatre jours dans la région. Rando jusqu'au Lac des Sept Rila : sentier balisé, 6 kilomètres aller-retour. Levé à 5h45 pour partir tôt. À 7h, le brouillard recouvre tout. Puis vers 9h, ça se dégage. L'eau du lac est glacée. On ne se baigne pas. On croise deux randonneurs bulgares âgés qui nous proposent du rakia d'une gourde. On refuse poliment. Le prix des pique-niques à la supérette Lidl de Samokov : pain 0,69 lev, jambon 3,50 lev, fromage 4,20 lev. Retour à Sofia le 19 mars. On visite le Marché Zhenski bazar une deuxième fois, sans se faire avoir cette fois. Textile, objets vintage, petites poupées en bois peint. Le bruit : des vendeurs qui crient, une radio qui blare des chansons des années 1990. On mange des banitsa au café Angelina (6 rue Ekzarh Iosif), pâte feuilletée avec du fromage blanc, 2,50 lev. C'est gras, c'est bon. Derniers jours : visite de la Église Sveti Sedmochislenitsi, moins bondée que la cathédrale. Balade près du parc de Vitosha, vers la fontaine de Zhenski bazar. Pas transcendant. On reste honnêtes : Sofia est une capitale fatiguée, avec des pots-de-vin visibles dans les travaux de rue, des façades qui s'écaillent. Mais les gens qu'on rencontre au café ou à la guesthouse ne sont pas en mode « trop cool pour les touristes ». Ils répondent aux questions. Une femme au café nous explique où manger du mici (petits rouleaux de viande) « pas pour les touristes ». On n'a pas eu l'adresse avant de partir.
Les bons plans repérés sur place.
Monastère de Rila : fresques murales bleu et rouge dans la cour intérieure, lever de soleil vers 6h30 depuis le parking
Marché Zhenski bazar le matin avant 9h (moins de monde) : olives noires en vrac, pain frais, fruits secs
Café Ginger rue Marko-Tsarev, Sofia : espresso 1,50 lev, croissants au chocolat 1,50 lev, terrasse couverte
Bus 84 depuis l'aéroport Sofiya Vasil Levski : 1,60 lev, 40 minutes pour atteindre le centre, horaire affiché mais non respecté
Lac des Sept Rila : sentier bien balisé, 6 km aller-retour, à parcourir avant 9h pour éviter la foule du week-end
Photos — Sofia et région de Rila
Et au final.
La Bulgarie n'est pas aussi photogénique que la Croatie ou la Slovénie. Sofia demande de la patience. Mais les trois semaines nous ont appris à ralentir, à ne pas chercher le moment « Instagram » à tout prix. Les montagnes de Rila, l'air froid le matin, une baklava correcte, une conversation au café : c'est ça qui reste. On reviendrait, mais plutôt en automne, quand la chaleur permet de marcher sans transpirer après 100 mètres.
