Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international de Tahiti Faa'a un mardi matin à 6h30, après 24 heures de vol depuis Paris. L'air était déjà chaud et humide, une bouffée de sel marin mélangée aux gaz d'échappement des navettes. Premier choc : le taxi jusqu'à l'hôtel Arue, près de Papeete, a coûté 8500 XPF (71 euros) pour 18 kilomètres. Nous aurions dû prendre le bus local, le Arue 4, qui relie l'aéroport au centre-ville pour 220 XPF seulement. Le premier jour, nous nous sommes perdus en explorant le marché municipal de Papeete, ouvert depuis 5h du matin. Les étals débordaient de poissons fumants, de noix de coco fraîchement fendues et de fruits à pain. J'ai goûté un po'e à la papaye pour 450 XPF : un mélange sucré et dense, presque pâteux, loin de ce que j'imaginais. Le son des marchands qui négociaient dans plusieurs langues créoles m'a plongé d'emblée dans une ambiance que les guides touristiques ne décrivent jamais. Notre guesthouse, la Pension Arue Beach, proposait le petit-déjeuner inclus : du pain raisin surgelé et du café amer. Franchement décevant pour 95 euros la nuit. Les îles du lagon et la réalité du tourisme de masse Le troisième jour, nous avons réservé une excursion lagon auprès de Tahiti Boat Excursions. Départ à 8h15 du quai de Papeete, avec environ 45 autres touristes entassés dans un catamaran blanc. Le guide, Roimata, nous a emmenés à Motu Ceran et à la barre de corail. L'eau était tiède, presque chaude à 29°C, et l'odeur de l'algue morte près des corals était plus prégnante que celle de l'eau salée. Nous avons vu des raies pastenagues et des poissons-papillons, mais aussi des coraux visiblement blanchis. Le déjeuner fourni était un sandwich jambon-fromage ordinaire et de l'ananas coupé. Coût : 12500 XPF par personne (104 euros). Un peu cher pour ce qu'on a reçu, mais les paysages côtiers compensaient. Nous avons pris le vol d'Air Tahiti vers Bora-Bora le 6e jour du voyage. Vol court, 50 minutes, 8500 XPF aller-retour. L'arrivée en avion au-dessus du lagon de Bora-Bora reste l'instant le plus marquant du séjour : ce turquoise absolu, contrasté par le bleu profond, les motus au loin, le mont Otemanu émergent. Franchement hypnotisant, même si je savais que des centaines d'avions apportaient chaque jour d'autres touristes pour la même vue. Bora-Bora : l'arnaque de l'île de rêve Nous avons séjourné trois nuits au Club Med Bora-Bora. Formule all-inclusive annoncée à 450 euros par nuit. Or, dès l'arrivée, on nous proposait en supplément : excursions de plongée (18000 XPF soit 150 euros), accès au spa, activités aquatiques. Les plats au buffet étaient corrects mais limités en variété. Les cocktails à base de rhum local Matusalem avaient un goût sucré trop présent, avec ce parfum de vanille excessif. Une galère majeure : une excursion de snorkeling programmée le 9e jour a été annulée à cause d'un dysfonctionnement du bateau. Le guide nous a proposé un remboursement partiel de 3000 XPF au lieu de 9000 demandés initialement. Nous avons dû negocier 15 minutes à la réception. En dehors du resort, nous avons mangé chez Bloody Mary's, le restaurant mythique du port de Vaitape. L'ambiance est effectivement chargée, bois flotté sur les murs, voiliers amarrés. Nous avons commandé du poisson frais grillé, du thon cru à la sauce coco. Le thon cru coûtait 4200 XPF (35 euros) pour une petite assiette. Savoureux mais très cher. Les murs photographiés par mille visiteurs, les tables collées les unes aux autres : c'était moins l'expérience secrète qu'on espérait. Le dernier jour à Bora-Bora, nous avons loué un véhicule auprès de Avis (7500 XPF par jour) pour explorer la route côtière. Nous avons vu les anciennes batteries côtières de la Seconde Guerre mondiale à Matira, et un coucher de soleil depuis le belvédère de Anau. Les ciels se teintaient d'orange puis de rose, le lagon prenait une teinte mauve. Aucun groupe touristique à cet endroit, juste nous et une femme tahitienne qui nourrissait les poissons. Retour à Tahiti le 11e jour. Nous avons passé les trois derniers jours à explorer l'île au-delà de Papeete. Le village de Papara, avec sa petite église jaune, ses habitants qui saluaient en passant, nous a rappelé qu'il existe un Tahiti en dehors des circuits touristiques. Un petit restaurant familial, Tamure Faaone, proposait un poisson cru (ahi) à 2800 XPF avec du taro bouilli. Délicieux, authentique, bondé d'ouvriers locaux à midi.
Les bons plans repérés sur place.
Marché municipal de Papeete (ouverture 5h) : fruits tropicaux frais, po'e tahitien à 450 XPF, vraie vie locale
Lagon de Bora-Bora vu de l'avion Air Tahiti : turquoise absolu, instant d'émerveillement qui justifie le voyage
Bloody Mary's à Vaitape : restaurant iconique avec poisson frais grillé et ambiance authentique malgré la foule
Belvédère d'Anau (Bora-Bora) : coucher de soleil sans groupe touristique, route côtière tranquille accessible en voiture de location
Restaurant Tamure Faaone à Papara : poisson cru tahitien à 2800 XPF, fréquenté par les habitants, meilleur rapport qualité-prix
Photos — Papeete, Tahiti et Bora-Bora
Et au final.
La Polynésie française m'a captivé par ses paysages bruts et ses lumières, mais j'ai aussi ressenti de la frustration face aux tarifs touristiques élevés et à la standardisation des expériences. Les îles restent belles, mais elles demandent qu'on sorte des sentiers balisés pour vraiment les comprendre.
