Comment ça s'est passé.
Nous avons débarqué à l'aéroport international de Faaa le 15 août à 7h30, après un vol Air Tahiti Nui de 15 heures depuis Paris-CDG. Première claque : le prix des taxis. 3500 francs polynésiens (environ 29 euros) pour 5 km jusqu'à Papeete. Pas d'Uber, pas d'alternative. On s'y résigne. À Papeete, nous avons posé nos affaires au Arue Valley Lodge, une petite maison d'hôtes près du quai des navires. Chambre basique mais climatisée à 14000 XPF la nuit (118 euros). Le propriétaire, un Français installé depuis 20 ans, nous prévient tout de suite : « Préparez vos prix psychologiquement. Ici, un café crème coûte 650 francs. » Il n'exagérait pas. Le matin du 16, nous avons exploré le marché couvert de Papeete, ouvert à 5h. Odeur de poisson frais et de fleurs de tiare mélangées – une combinaison qu'on retrouvera partout. Un bouquet de tiare nous coûte 200 francs au vendeur assis près de l'entrée sud. Les fruits de mer à emporter (la fameuse salade de poisson cru à la noix de coco, le « poisson cru ») vaut 1800 XPF. C'est bon, mais gras. Nous en avons mangé deux portions et avons eu des remontées acides toute l'après-midi – petit moment moins glamour du voyage. Le 17 août, vol interîles avec Air Tahiti vers Bora-Bora (code aéroport BOB). 45 minutes de vol ATR 72. L'avion était à moitié vide. Le ciel s'éclaircit progressivement et puis bam : le lagon de Bora-Bora devient visible. Bleu pastel, quasi transparent, avec le Mont Otemanu en arrière-plan. Ça, c'était le moment marquant du séjour. Pas de description préfabriquée ne rend justice au contraste entre ce bleu-vert et les nuages gris qu'on venait de quitter. Transfert en bateau-taxi (1500 francs par personne) jusqu'au Sofitel Marara Beach Resort côté lagon. L'hôtel, réputé « moins cher » que ses voisins, nous demande 18500 XPF la nuit en bungalow sur pilotis. Température de l'eau : 28°C. Pas de fraîcheur. On nage et on transpire en même temps. Le 18, excursion en bateau privé de 4h avec le capitaine Tearii (trouvé via le conciergerie de l'hôtel). 35000 francs pour trois personnes. Visite du parc marin, baignade avec raies pastenagues (le capitaine nous prévient: « Ne pas les toucher sauf si elles viennent à vous »), snorkeling à Coral Garden. Les coraux étaient grisâtres, blanchis par le réchauffement. Le capitaine nous le confirme : « C'était plus coloré il y a 5 ans. » Le repas du midi compris dans le forfait : sandwich thon-mayo et bière Hinano (la bière locale, 350 francs la bouteille) sur le bateau, sous un soleil qui tape dur – température ressentie 38°C à cause de l'effet de serre. Le 19, on ne savait pas trop quoi faire. Nous avons loué des vélos (2000 francs la journée pour deux) et parcouru la route côtière de Bora-Bora. Virage à Anau, direction Faanui. Route bien entretenue, pas d'embouteillage – là où on s'attendait à une île paradisiaque figée, nous avons trouvé juste une petite île très tranquille. Un restaurant au hasard : Bloody Mary's, genre 4900 francs pour un poisson frais grillé. Service sympa, serveuse Polynésienne qui parle 4 langues. Le 20, retour prévu à Tahiti. Vol Air Tahiti repoussé de 2h30 à cause d'« une charge à l'avion ». On n'a jamais su quoi. Trois heures d'attente à l'aéroport sans climatisation correct. Première vraie galère du voyage. Arrivée à Papeete en fin d'après-midi, nuit à l'hôtel Te Arue (chambre simple 10500 XPF), et le 21 août, vol Air Tahiti Nui retour vers Paris-CDG. Bilan : la Polynésie française livre exactement ce qu'elle promet si on a le budget. Paysages marins sublimes. Mais le coût de la vie explose vite, et l'infrastructure, bien qu'efficace, reste peu flexible. Pas de transports en commun dignes de ce nom. À Papeete, les rues principales sont assez molles, commerciales sans âme locale – évidemment, le tourisme prime.
Les bons plans repérés sur place.
Le marché couvert de Papeete (ouvert dès 5h, le meilleur endroit pour goûter le poisson cru local à prix raisonnable)
Vol interîles Air Tahiti vers Bora-Bora : première vue du lagon depuis l'avion ATR 72 (réservez côté droite)
Excursion bateau avec Tearii vers le parc marin et Coral Garden (demandez directement via votre hôtel, moins cher qu'une agence)
Bungalow sur pilotis du Sofitel Marara (cher mais l'expérience vaut le coup une nuit)
Restaurant Bloody Mary's à Bora-Bora (style casual, poisson frais quotidien, moins hautain que les resorts)
Photos — Papeete, Tahiti & Bora-Bora
Et au final.
Nous avons adoré le lagon et les moments d'immersion marine, mais il faut être honnête : c'est très cher pour ce qu'on reçoit, et la Polynésie française souffre aussi de quelques réalités désagréables (prix prohibitifs, dépendance touristique, peu de surprise culturelle à Papeete). À refaire seulement si on a le budget débridé et qu'on accepte l'idée que c'est une destination pour repos plus que pour découverte.
