Comment ça s'est passé.
Arrivée à Faaa et premiers chocsLevée à 5 h 30 pour le vol Air Tahiti Nui départ Paris CDG 23 h 45, nous atterrissons à l'aéroport international Faaa le matin avec 11 h de décalage. La chaleur et l'humidité frappent dès la porte ouverte — 32 °C à 8 h du matin, l'air épaisse comme du velours mouillé. Le taxi de l'aéroport au centre de Papeete coûte 3 500 XPF (environ 29 euros), une route étroite avec vue sur le lagon gris-turquoise depuis la baie d'Arue. Nous descendons à l'hôtel Arue Vahine, petite guesthouse à 80 euros la nuit, tenue par Vai, une Polynésienne de 60 ans qui donne des conseils bruts : « Le matin, les petits restaurants du front de mer sont fermés avant 10 h. Partez en randonnée avant midi ou vous fondez. » Elle avait raison. Notre premier après-midi, erreur stratégique, nous traînons à Papeete vers 14 h. Les rues sentent l'essence et les poissons séchés du marché Arue. Rien de transcendant. Marché municipal et déceptions tarifairesLe marché de Papeete, ouvert 5 h-16 h, s'appelle le Marché du Lundi (bien qu'il fonctionne aussi mercredi, samedi). Nous y allons vendredi à 7 h. Les étals colorés, d'accord, mais les prix nous paralysent : une papaye 400 XPF, un bouquet de fleurs tropicales 2 000 XPF (17 euros). Les vendeurs parlent français, créole polynésien, peu d'anglais. Nous mangeons un poisson cru (ceviche local) à 1 200 XPF chez une vendeuse sans nom de restaurant — elle cuisine sur réchaud. C'était bon, très bon même, le citron vert et la noix de coco crue se mélangent sous la langue. Moment marquant : une femme nous appelle par notre prénom sur le marché, une amie de Vai rencontrée au bar la veille, qui nous invite à sa table sans raison. Ça n'arrive pas souvent en voyage. Jour 3 : Moorea en bateau localNous prenons le catamaran Aremiti 5 de la compagnie Aremiti Cruises (45 euros aller-retour), départ 6 h 45 du quai de Papeete. Nous mangeons un pain au chocolat dur à la boulangerie Maimu (300 XPF, 2,50 euros) avant de partir. Traversée 40 minutes, l'eau devient verte-émeraude à mesure qu'on approche de Moorea. Odeur d'algue marines et diesel mélangée — pas désagréable, juste brut. À Moorea, nous louons un scooter 49 cc chez Happy Bikes pour 35 euros la journée. C'est là qu'arrive la galère : le scooter n'a pas d'essence, le mec à la location (Christian) dit qu'il faut payer la station essence nous-mêmes. Pas d'essence à la location. Nous rodons 2 km jusqu'à la seule station accessible, une pompe sans abri, où on met 15 euros. Le mec de la location aurait dû prévenir. Mauvais point pour l'accueil polynésien. Malgré ça, les baies de Moorea valent le détour : la baie d'Opunohu, celle de Cook, le panorama depuis la route côtière. Nous déjeunons à 12 h 30 au restaurant Coco's Beach Club (15 euros pour une salade de thon, eau minérale 3 euros), pieds nus dans le sable blanc. La température de l'eau : 27 °C, limpide. Randonnée mont Rotui : fatigue et beauté bruteJour 4, nous nous levons à 5 h 45 pour la randonnée mont Rotui depuis le parking de Pao Pao (petite vallée nord de Moorea). Pas de guide, juste une trace de terre rouge et des racines. La montée 1 h 15. À mi-chemin, nous comprendre pourquoi Vai parlait de partir tôt : à 10 h, le soleil tape sans pitié, on transpire par les cheveux, les jambes brûlent. Au sommet, le panorama sur les deux baies justifie la souffrance. Les genoux tremblent à la descente. Nous rentrons à Papeete en catamaran Aremiti 5 à 17 h (retour). Épuisés, nous mangeons des poisson-frit (4 filets de tairoa frits) chez Chez Louisette, stand de rue sans enseigne près du port, 1 800 XPF (15 euros). C'est gras, c'est chaud, c'est nécessaire. Jours 5-8 : Lagon et points de vue secondairesNous prévoyions une excursion lagon à Papeete, chez Tahiti Lagoon Tours. Le matin de l'excursion, appel à 7 h : bateau en panne, excursion reportée « probablement demain ». Nous avons perdu la demi-journée, dépôt non remboursé de 40 euros. Nous optons pour une journée libre. Baignade à la plage Arue Beach, eau tiède (28 °C), sable gris-noir. Pas terrible, pas mal. Nous visitons le musée de Tahiti et des îles (900 XPF, 7,50 euros). Petite collection de vahiné (art tatouage), de pirogues, de pièces d'artisanat. Intéressant pour les curieux, pas indispensable. Nous mangeons à la cafétéria du musée : riz-poisson-sauce coco, 1 500 XPF, plutôt correct. Restaurant Le Clos, luxe et arnaque douceJour 6, nous testons un vrai restaurant : Le Clos de Tahiti, à Arue, tablée table à prix français. Menu dégustation 4 services : 95 euros. Les plats sont beaux (thon tataki, homard polynesien), la sauce vanille de Tahiti sublime, mais les portions microscopiques et le service lent (1 h 45 pour 4 services). Nous quittons à 22 h 30, affamés. C'est du piège à touriste de luxe. Les verres d'eau minérale à 4 euros le verre font grincer les dents. Jour 7 : shopping au Vaima Centre de Papeete (climatisé, anesthésiant). Costumes de bain, artisanat touristique. Rien d'authentique. Nous prenons un café au Café Vaima, 650 XPF (5,50 euros), horrible, tiède, sucré. Les cafés polynésiens n'existent que pour la form. Jour 10 : départRetour à l'aéroport Faaa, décollage 14 h 15 vers Paris. Nous avons dormi 8 nuits, coûté global (transport, hébergement, nourriture, activités) : 2 200 euros pour deux. Cher pour ce qu'on a fait.
Les bons plans repérés sur place.
Marché de Papeete, 7 h du matin : ceviche frais 1 200 XPF chez une vendeuse sans micro (saveurs vraies, prix honnête)
Baie d'Opunohu à Moorea : route côtière en scooter, arrêts baignade spontanée, gratuit et beau
Mont Rotui randonnée au lever du soleil (partir avant 6 h) : vue panoramique sur deux baies, 1 h 15 de montée sans guide
Chez Louisette stand poisson-frit près du port Papeete : 4 filets 1 800 XPF, vrai street-food local
Photos — Papeete, Tahiti
Et au final.
Tahiti et Moorea, c'est comme dans les catalogues de lune de miel, mais moins lisse. L'eau est vraie, la chaleur aussi, les gens sont généreux — mais les prix touristiques tuent la magie, et les petits pépins (taxi arnaque, bateau en panne, restaurant où on sort affamé) rappellent qu'on est pas au Club Med. À refaire ? Oui, mais moins cher et plus de temps à Moorea, moins à Papeete.
