Comment ça s'est passé.
Nous avons décollé de Paris-CDG à 22h45 sur Air Tahiti Nui, escale à Los Angeles oblige. Après 23 heures de voyage, arrivée à Tahiti-Faa'a à 6h du matin local. Le tarmac était déjà étouffant, l'air marin mélangé aux gaz d'échappement des véhicules de piste nous a saisi d'un coup. Premier choc : la douane polynésienne. Deux heures d'attente avant de récupérer les bagages. Nous avions réservé une chambre au Tahiti Pearl Resort à Arue, à environ 15 km de Papeete. Le taxi de l'aéroport nous a coûté 5 500 francs CFP, soit 46 euros. Pas la bonne surprise. Le chauffeur nous a expliqué qu'il n'y avait pas vraiment de transports en commun fiables pour les touristes, les bus locaux (environ 200 XPF le ticket) circulaient sur des horaires imprévisibles. Nous nous sommes résolus à louer une Peugeot 208 chez Hertz pour le reste du séjour : 3 200 francs par jour. Les premiers jours à Papeete Le marché de Papeete s'ouvre vers 5h. Nous nous sommes levés à 4h45 pour le voir en vrai, avant que les vendeurs ne commencent à nettoyer les étals. Les odeurs de vanille, poisson fumé et fruits tropicaux nous ont enveloppés dès l'entrée. Un bouquet de fleurs fraîches (tiare, hibiscus) coûtait 400 francs. Nous avons acheté des mangues, des noix de coco, des ananas. Les prix pour les touristes augmentent rapidement après 8h du matin. Déjeuner au restaurant Le Arue, près de notre hôtel : poisson cru à la sauce coco (plateau complet) à 1 900 francs, un verre de jus de fruit frais à 500 francs. La viande et le poisson viennent presque entièrement de métropole, donc impossibilité de manger local sans se ruiner. Nous avons aussi testé les petits roulottes (food trucks) près du port de Papeete : un sandwich français classique à 800 francs, un po'e banane-coco à 600 francs. Bien moins cher et plus convivial. Premier moment difficile : le jeudi en fin d'après-midi, nous avons voulu visiter le Musée de Tahiti et ses îles. Fermé pour maintenance jusqu'au lundi suivant. Aucune information sur le site officiel. Du coup, nous avons flâné à pied dans les rues de Papeete : beaucoup de petits commerces chinois, quelques boutiques de luxe, une atmosphère ni morte ni vraiment vivante. Le sentiment que Papeete est surtout un hub administratif et commercial, pas une destination en soi. Moorea, le vrai changement Dimanche matin, ferry Aremiti 6 avec Aremiti Express : départ à 7h30 de Papeete, arrivée à Moorea à 8h45. Ticket 3 330 francs par personne. Le catamaran était moins luxe que prévu, bondé de touristes et d'habitants locaux rentrant chez eux. L'eau du lagon était turquoise dès qu'on s'éloignait du port, incontournable élément qui a vraiment changé notre expérience. Nous avons loué un petit bungalow à Haapiti, côté ouest de l'île, chez Motu Tapu Bungalows : 12 500 francs la nuit pour une chambre avec kitchenette. Moins connu que les grosse chaînes type Sofitel ou InterContinental. Nous avons alors commencé à respirer. Les journées se levaient avec le bruit des coqs et des oiseaux, l'air sucré de la végétation mouillée par la rosée. Nous avons loué un bateau pour une journée lagon (3h de bateau) : visite des jardins de corail, snorkeling sur le récif. Prix 15 000 francs pour deux. Le guide, Tahitien pur d'une quarantaine d'années, nous a montré les poissons-perroquets qui grignotaient le corail, créant des sons de « crunch crunch » en continu sous l'eau. L'eau du lagon à 28°C, très agréable. Cependant, beaucoup trop de groupes sur les mêmes spots. Nous croisions d'autres bateaux toutes les 20 minutes. La galère administrative et financière Mardi matin : perte de ma carte bancaire à Haapiti. Petit stress. Je suis allé à la banque Socredo à Arue deux jours plus tard. Fermeture à 15h précise. J'y suis arrivé à 14h50, on m'a dit que c'était trop tard. Vraiment frustrant. Heureusement, j'avais une deuxième carte en backup. Les distributeurs de Moorea sont peu nombreux et peu fiables. Nous avons aussi découvert que beaucoup de petits restaurants, même en 2024, n'acceptent que l'espèce ou les virements bancaires locaux. Le WiFi dans notre bungalow était sporadique (0,5 Mbps en téléchargement). Pas idéal quand on a besoin d'appeler d'urgence. Derniers jours Jeudi et vendredi, randonnée vers le pic du Belvédère à Moorea : départ à 6h30, trek facile mais très humide (transpiration non-stop après 30 minutes). Arrivée au sommet à 8h15. Vue sur les deux baies de Moorea (Opunohu et Cook) vraiment intéressante, mais brume partielle. Avons croisé seulement deux autres randonneurs, ce qui était agréable. Avons mangé un fruit à pain grillé en pique-nique, cuisiné par notre loueur le matin. Retour à Papeete vendredi après-midi. Dernier soir au restaurant Coco's du quai Bir-Hakeim : thon à la vapeur (umi), riz et haricots, verre de Hinano. Facture 2 100 francs. L'établissement avait une vraie ambiance de bar de quartier, pas de pommade touristique.
Les bons plans repérés sur place.
Marché de Papeete à l'aube (avant 6h) : fleurs de tiare, fruits exotiques, atmoshpère locale
Lagon de Moorea en snorkeling : poissons-perroquets et corail vivant, accessible en petits groupes
Restaurant Le Arue près d'Arue : poisson cru local moins cher que les chaînes, service direct
Randonnée vers le Belvédère de Moorea : six km aller-retour, départ matinal, vue sur deux baies
Photos — Papeete, Tahiti et Moorea
Et au final.
Deux semaines en Polynésie, c'est à la fois court et suffisant. Moorea offre vraiment ce qu'on attendait (lagon, calme, nature), mais Papeete reste une ville administrative sans charme particulier. Le gros point faible : les prix. Même en cherchant les restaurants locaux, il faut compter 40-60 euros par jour pour manger décemment. Les infrastructures ne sont pas aux normes métropolitaines (WiFi faible, services désorganisés). Cela dit, une semaine de détente vraie, loin de l'agitation, ça n'a pas de prix.
