Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international de Sal à 14 h 45, après un vol TUI depuis Orly. La chaleur nous a frappés dès les portes ouvertes de l'avion : 32 °C, un air sec qui pique les narines. Le taxi de l'aéroport jusqu'à notre hôtel Morabeza Beach Resort à Santa Maria a coûté 800 escudos cap-verdiens (7,20 euros) pour 12 kilomètres. Les trois premiers jours, nous avons exploré Santa Maria, petit village côtier où flotte une odeur permanente de poisson fumé provenant du marché local. Nous nous levions à 5 h 30 pour attraper le soleil qui sort de la mer devant Murdeira Beach. À 6 h 15, la plage était déjà peuplée de surfeurs locaux. Les nuits, c'est différent : le son des vagues se mélange à celui de la musique des bars touristiques du front de mer. Nous avons mangé au Kaly's Grill, où le thon grillé frais coûtait 1 400 escudos (12,50 euros) pour une assiette généreuse avec riz blanc et haricots noirs. Le propriétaire, Kaly, nous a conseillé d'éviter le mercredi (jour où le poisson est moins frais au marché). Le jour 4, nous avons pris un bus local (TAV, numéro 84) depuis la gare routière de Santa Maria pour aller à Boa Vista. Deux heures de route : la galère du jour. Le bus était blindé, pas de climatisation, et l'homme assis à côté de moi a vomi dans un sac plastique après une heure. Nous avons dû attendre 40 minutes dans la poussière qu'il redémarre (panne du moteur). Arrivés à Sal Rei vers 14 h, nous avons trouvé refuge à l'hôtel Umas by IVECO (chambre vue océan à 4 500 escudos par nuit, soit environ 40 euros). Boa Vista m'a surprise. J'imaginais une île vierge, mais nous avons trouvé un tourisme en transition. Des hôtels half-built partout. Pourtant, Ponta Antónia reste spectaculaire : une baie en fer à cheval avec une eau turquoise, peu fréquentée. Nous avons loué un quad auprès d'une agence locale (un type sans siège social, 3 000 escudos la journée) et nous avons traversé des paysages volcaniques gris et ocre, complètement désertiques. À midi, la température avait atteint 38 °C ; c'était presque insoutenable. Le 6e jour, moment marquant : une rencontre à Cabo Santa Maria. Nous avons croisé Antonia, une femme locale de 67 ans qui nous a menés à sa petite maison en pierre. Elle nous a servi du café et des pastéis de queijo (gâteaux au fromage) faits le matin même. Pas de restaurant, pas d'arnaque, juste elle, sa fille, et une vraie conversation sur la vie aux Cap-Vert. Elle nous a montré des photos de son fils émigré au Luxembourg. Un de ces moments où tu réalises pourquoi tu voyages : rencontrer des vies qui ne sont pas les tiennes. Les trois derniers jours à Sal ont été plus détendus. Nous avons déjeuné au Café du Musique à Santa Maria : un endroit avec tables en bois, chaises dépareillées, où passait de la musique brésilienne. Arroz de peixe (riz au poisson) pour 900 escudos. Les serveurs étaient lents mais adorables. Nous avons visité le petit musée archéologique de Sal Rei (entrée 200 escudos), qui occupait deux petites salles avec des poteries pré-coloniales et des explications en portugais mal orthographié. Le problème du Cap-Vert ? L'eau est salée partout, même les douches. Nos cheveux sont restés rêches malgré l'après-shampoing. Aussi, le prix de la vie touristique est gonflé par rapport aux salaires locaux : ce que nous payons 40 euros pour un dîner simple représente un mois de loyer pour un Capverdien. Départ le jour 10 à 17 h 30 sur un vol Binter. Nous avons trainé au duty-free, acheté de la cachaça locale (Grogue, 12 euros la bouteille). En attendant, nous nous sommes demandé si nous reviendrions. Probablement oui, mais en voyageant différemment.
Les bons plans repérés sur place.
Murdeira Beach à Sal au lever du soleil (5 h 30) — plage peu touristique, surfeurs locaux, eau claire
Ponta Antónia sur Boa Vista — baie isolée, pas de commerces alentour, eau turquoise, silence complet
Kaly's Grill à Santa Maria — thon grillé frais du jour, assiette généreuse à 12,50 euros, propriétaire local fiable
Route de bus TAV n°84 Sal-Boa Vista — éviter si possible (35 escudos le ticket, mais galère garantie), paysage désertique compensateur
Château d'eau de Pedra Lume, Sal — sources chaudes salines exploitées depuis le 18e siècle, courte randonnée, peu fréquenté
Et au final.
Le Cap-Vert n'est pas le paradis parfait que vendent les brochures. C'est un pays avec des réalités difficiles (chômage, exil économique), des routes usées, parfois des services touristiques désorganisés. Mais il y a une sincérité, une chaleur dans les rencontres, et des paysages volcaniques qui ne ressemblent à rien d'autre en Afrique. Je reviendrais, mais avec moins d'attentes de luxe.