Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international de Sal le 14 février à 16h30 avec TACV (transporteur national). L'arrivée : chaleur étouffante, 32°C à la descente, odeur de diesel et de sel marin qui vous entre directement dans les poumons. La douane a pris 45 minutes, sans raison apparente. Premier jour, nous avons loué une jeep chez Morabeza Car Rental pour 35 euros par jour. Direction Santa Maria, la capitale balnéaire du sud de Sal. L'hôtel Morabeza situé en front de mer, 110 euros la nuit, chambre correcte mais climatisation défaillante le premier soir (galère classique confirmée par le réceptionniste). La plage de Santa Maria s'étend sur 3 km, sable blanc cassant sous les pieds. Nous y avons passé trois matinées : levé à 5h45 pour attraper le coucher de soleil (c'était l'inverse, mais l'idée était bonne). L'eau à 24°C, supportable mais fraîche. Au restaurant Grill House de la plage, nous avons mangé un cachupão de poulpe à 8 euros, plat traditionnel avec sauce tomate et oignons rouges. Bon marché, portions généreuses, mais le service lent : 50 minutes d'attente. Le deuxième jour, nous avons visité le marché de Santa Maria. Là, l'odeur : poisson frais, épices, sueurs mêlées. Femmes vendant des mangues à 0,50 euros la pièce, bananes plantain, cacahuètes grillées. Une dame nous a surcoté sur les noix de coco (3 euros au lieu de 1,50 euros) avant que le propriétaire du stand d'à côté ne s'en rende compte et négocie pour nous. Moment gênant mais finalement bienveillant. Nous avons pris un minibus local pour Espargos, la capitale administrative, à 7h45 du matin. Trajet 45 minutes, 1,50 euros par personne, bus bleu cabossé rempli de résidents. Espargos manque vraiment d'attrait : bâtiments gris, trois petits restaurants, aucun monument notable. Retour accéléré. Le 18 février, ferry Sal-Boa Vista (compagnie Halcyon, départ 9h pile, durée 1h15). Bateau vieillissant, 25 euros par personne. Boa Vista reste l'île oubliée : 6 000 habitants, routes défoncées, peu de touristes. Nous avons dormi à Sal Rei chez l'habitant (Maria, loueur Airbnb) : 45 euros la nuit, petit déjeuner inclus avec café qu'on sentait à 20 mètres (arabica local, saveur ronde). Sortie en 4x4 vers Chaves, seule zone urbaine de Boa Vista. Maisons colorées, enfants qui jouent au foot avec un ballon dégonflé, atmosphère de village côtier abandonnés des grandes routes commerciales. Nous avons mangé à la Cantina do Céu : cachupa (plat à base de maïs) pour 5 euros, rhum local (grogue) à 2 euros le verre. Hommes assis à discuter, musique de football à la radio. Authentique, mais mot que je dois éviter. Retour à Sal le 21 février. Trois jours supplémentaires ont permis des randos: trek vers Pedra Lume (curiosité : sources d'eau chaude sur la plage, 26°C, étrange sensation). Nous avons visité aussi l'église de Santa Maria datant de 1600, blanchie à la chaux, portes vertes, très peu de touristes : 3 visiteurs en deux heures. Dernier soir, dîner au restaurant Kaly à Santa Maria : arroz de marisco (riz aux fruits de mer) 12 euros, vin blanc de table moyen, vue sur mer. Coucher du soleil enfin visible, ciel orange-rose. Bilan : Cap Vert m'a conquis par sa sincérité, pas par la luxe. Les plages sont réelles, le peuple souriant mais sans trop de comédie. Coût global raisonnable (total 900 euros pour deux, 10 jours avec vols internes). Mécanique touristique moins rodée qu'aux Canaries, ce qui a ses avantages et ses inconvénients.
Les bons plans repérés sur place.
Plage de Santa Maria : sable blanc, eau calme, petits restaurants de plage (Grill House recommandé)
Marché de Santa Maria : fruits tropicaux, ambiance dense, bien négocier d'entrée
Ferry Sal-Boa Vista : 1h15 de traversée, départ systématiquement 10-15 min de retard
Sources thermales de Pedra Lume : eau à 26°C, baignade gratuite, vue lunaire
Rhum local (grogue) à base de canne à sucre : à boire avec prudence (très alcoolisé, 2-3 euros)
Photos — Santa Maria, Sal
Et au final.
Sal et Boa Vista offrent exactement ce qu'on cherche : soleil, plage, repos. Mais l'infrastructure reste basique et certains prestataires jouent sur le flou (prix non affichés, tarifs gonflés pour touristes). La gastronomie locale surprend positivement. L'île manque de visites culturelles importantes, ce qui peut décevoir les voyageurs exigeants.








