Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport Amilcar Cabral de Praia un mardi matin vers 7 h 30. Pas de grande arrivée triomphale : on a attendu 45 minutes pour récupérer les bagages, le tapis roulant étant en panne. La température déjà écrasante, un air chaud et salé qui colle à la peau. Les chauffeurs de taxi assiègent les touristes en criant « taxi ! taxi ! ». Nous avons négocié dur avec l'un d'eux, un dénommé José, qui nous a facturé finalement 800 escudos (environ 7 euros) pour rejoindre l'Hôtel Globo, petite guesthouse en bord de mer à Praia, plutôt que les 1 200 qu'il demandait d'abord. Praia n'est pas une ville de carte postale. Constructions en béton, rues poussiéreuses, déchets plastiques sur les berges. Mais c'est vivant. Les gens nous abordent sans agressivité, juste curieux. Au marché central (Mercado de Praia), nous avons goûté un cachupa — maïs bouilli avec haricots et poisson fumé — chez une femme qui tenait un petit établi de fortune. Goût riche, presque poivreux, prix ridicule : 200 escudos (moins de 2 euros). À proximité, la rue Amaro Varela concentre petits restaurants et bars où traînent les marins. Maio : l'île oubliéeAprès trois jours à Praia, nous avons pris un ferry pour Maio (compagnie Cabo Verde Fast Ferry, départ 9 h, arrivée 11 h 45). Crossing compact, un peu agité. Maio, c'est 40 km² et environ 6 000 habitants. Nous nous attendions à un paradis de plage — c'est plutôt une île endormie où le tourisme n'a jamais vraiment atterri. Nous avons loué une voiture chez Monacar (agence minuscule, propriétaire un peu rustre mais honnête) : 2 500 escudos par jour (24 euros). Les routes sont en bon état, le paysage aride, rocailleux. Arrêt à Praia do Forno, plage de sable blanc à environ 15 km du bourg principal. L'eau turquoise, tiède (26-27 °C en janvier). Nous étions presque seuls. C'est là qu'un moment marquant : en début d'après-midi, une femme locale nous a invités chez elle pour un riz au homard frais pêché le matin. Ambiance humble mais généreuse. Elle nous a servi le plat dans son salon climatisé (une merveille sur Maio), accompagné d'une sauce pimentée d'une chaleur intense. Nous ne parlions pas la même langue, mais ça n'avait pas d'importance. Gastronomie et petites galèresÀ Porto Inglés (le port), nous avons commandé un grilled fish et un plateau de mandioca (tubercule local frit) au restaurant À Boca — un établissement sans prétention, chaises en plastique coloré, vue directe sur le quai. Le poisson était frais, sec à point, 800 escudos. Mais le vin de la maison était imbuvable, un rosé local acide et trop sucré. Une vraie galère : une nuit, l'électricité a coupé dans notre pousada vers 20 h 30. Panne générale du district. Nous avons dû manger à la lumière des téléphones portables. Le gérant nous a expliqué (en portugais mixé à des gestes) que c'était normal deux fois par semaine. Pas de remboursement, bien sûr. Nous avons tenté de visiter la Barragem (barrage historique) : il n'y avait rien à voir, juste quelques murs en ruine. Information touristique inexistante, aucune signalétique. Temps perdu. Retour et réflexionsLe ferry de retour vers Praia était bondé (fermiers, femmes avec bébés, tas de paniers). Odeur de sueur, diesel, poisson. Trois heures plutôt qu'une heure et demie en raison d'une avarie moteur mineure. Nous avons dormi les deux dernières nuits à l'Hôtel Sal Rei à Praia (meilleur confort que la première guesthouse, petit déjeuner avec jus de passion glacé, saveur acidulée incomparable). Vol retour décalé de quatre heures sans explication.
Les bons plans repérés sur place.
Mercado de Praia (marché central) : goûter un cachupa chez une vendeuse, se mélanger aux gens du quartier
Plaia do Forno à Maio : sable blanc quasi désert, baignade tiède, planche à voile possible avec vent de janvier
Restaurant À Boca à Porto Inglés (Maio) : grilled fish frais pêché le jour même, vue sur le port
Trajets en ferry Praia-Maio : expérience locale brute, souvent en retard mais authentique
Hôtel Globo à Praia : situé sur la corniche, terrasse avec vue sur l'océan Atlantique au coucher du soleil
Photos — Praia (Santiago)
Et au final.
Cap Vert, c'est pas un destination facile ni ultra-organisée, loin de là. Mais précisément pour ça qu'elle vaut le coup. Les gens sont vrais, la nourriture simple mais savoureuse, et les plages vraiment vides. À refaire, avec plus de patience.




