Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport de Nassau-Lynden Pindling le 14 février à midi. Vol Lufthansa depuis Francfort avec deux heures de retard — on s'attend à pire aux Bahamas, mais non. La chaleur frappe d'emblée, 28 °C à peine sortis de l'avion, humidité collante qui rend les cheveux ridicules en trois secondes. Odeur d'air marin mêlée à celle du carburant. Taxi blanc jusqu'à l'hôtel Junkanoo Beach Resort (165 USD la nuit), petit établissement sans prétention situé directement sur Paradise Island, à 20 minutes du centre-ville. Nassau nous a déçus plus qu'on ne l'imaginait. Downtown, c'est étroit, bruyant, avec des boutiques de luxe pourries côte à côte avec des petits restaurants locaux. On a essayé le conch salad au Arawak Cay Fish Fry — un petit marché de rue où des cuisiniers préparent le poisson en direct. Le conch (lambi) était caoutchouteux, le jus de citron trop acide, et ça coûtait 18 BSD (14 euros) pour une portion toute petite. Les Bahamiens autour de nous trouvaient ça normal ; on a réalisé que c'était surtout pour touristes. Jour 3 : l'île Pig Beach et la panique au départExcursion organisée via notre hôtel vers Exuma, 50 km au sud. Bateau à 8 h depuis le quai de Paradise Island — le capitaine Manuel, un type avec des dreadlocks gris et une voix qui porte, nous dit que l'eau sera « like glass » (comme du verre). C'était vrai. Après une heure de navigation, arrivée à Pig Beach sur la petite île de Major Cay. Douze cochons roses qui nagent dans le sable blanc. Moment surréaliste. On peut les nourrir, mais ça pue — mélange de caca animal et d'eau tropicale stagnante. Les cochons vous montent dessus, pas gênés du tout. Baignade après, l'eau à 26 °C, cristalline, doigts de pied sur du corail blanc. Photo de groupe obligatoire, puis catastrophe : deux touristes allemands retrouvent leurs sacs vides. Un « ami » du capitaine, un vendeur de colliers, en avait profité. Retour tendu au bateau, plaintes échangées. Pas de remboursement — on nous dit que ce n'est pas la responsabilité de l'excursion. Galère classique dans les petits archipels. Jour 4-5 : Thunderball Grotto et vraie beautéGrotto a été utilisée pour James Bond (film Thunderball en 1965). Petite grotte marine sur l'île d'Exuma Cays. On paie 20 USD pour y entrer. L'accès se fait en canot à rames par des Bahamiens locaux. À l'intérieur, plafond bas, eau douce en surface, eau salée en profondeur. C'est étroit, un peu claustrophobique, mais tellement unique. Le goût du sel sur les lèvres quand on remonte trop vite, sensation bizarre. Pas de galère cette fois. Ensuite, Compass Cay. Des requin-citrons nagent autour du bateau. Pas dangereux, mais stressant. On ne met les pieds à l'eau que si Manuel le dit. L'eau ici est bleu turquoise, presque fluorescente — pas de photoshop, c'est la réalité. On observe les poissons colorés, quelques tortues de mer au loin. Jour 6-7 : retour à Nassau, Junkanoo et restaurantsOn tente le Junkanoo Beach Resort's restaurant (buffet à 45 USD) : poulet au curry décent, riz, salade tropicale. Goût sucré dominant, un peu fade. Un soir, on va au Arawak Cay Fish Fry une nouvelle fois — cette fois-ci, le grouper grillé (25 BSD, filet cru à la citronnelle) était meilleur. Bière Kalik (2,50 USD au bar) avec les locaux. Ambiance bonne enfant, quelques accords de reggae à la radio, murs peints en bleu et jaune délavés. On visite le marché Straw Market au centre, déjà pillé par les vendeurs de souvenirs. Rien d'original. Puis marche dans la vieille ville, rues coloniales avec pastel rose et jaune, murs effritées. Histoire oui, mais aucune plaque explicative. On apprend que le Fort Montagu (le plus vieux fort des Bahamas, 1741) existe à Nassau, mais il était fermé le jour de notre visite — mauvaise organisation locale. Derniers jours : déception du reef et départSnorkeling au coral reef de Rose Island. On s'attendait à une explosion de couleurs. Ça, c'était avant de voir que le récif était partiellement mort — corail blanchi, peu de poissons. Changement climatique, on le voit de près. Seules quelques petites poissons tropicales restaient. Déception tempérée par deux énormes langoustes qui passaient comme des bulldozers. Vol retour le 23 février, encore 90 minutes de retard sur Lufthansa. Lounge d'aéroport pire qu'un vestiaire de gare SNCF. Café imbuvable, trois personnes pour 200 passagers.
Les bons plans repérés sur place.
Pig Beach sur Major Cay — baignade avec les cochons roses dans le lagon blanc, 8 h de bateau depuis Nassau.
Thunderball Grotto, Exuma Cays — grotte marine minuscule mais mémorable, 20 USD l'entrée avec guide local.
Arawak Cay Fish Fry, downtown Nassau — marché côtier pour manger du conch salad et du grouper grillé au prix local (18-25 BSD).
Compass Cay et ses requins-citrons — moins touristique que Pig Beach, vision réelle de la faune marine.
Paradise Island et ses plages privées — eau calme, 165 USD la nuit au Junkanoo Beach Resort.
Photos — Nassau / Great Exuma
Et au final.
Les Bahamas, c'est beau, pas doutable — les plages roses d'Exuma et l'eau turquoise valent le coup. Mais Nassau est surfait, cher pour ce qu'on y trouve, et les petites combines touristiques (arnaque à Pig Beach, fermetures impromptues) fatiguent. À refaire si on reste à Exuma ou aux îles extérieures, mais Nassau seul, c'est deux jours max.
