Comment ça s'est passé.
Arrivée à Sofia sous la grisailleVol Ryanair FR4521 depuis Lyon, décollage 6 h 15, arrivée à 10 h 45 à l'aéroport Sofia "Vasil Levski". Je récupère une Dacia Sandero chez Europcar (43 euros/jour), GPS crachotant. Les premières images : immeubles soviétiques gris, puis la basilique Alexander Nevsky surgit avec ses dômes dorés étincelants au soleil de janvier. Température : 2 °C, humidité collante. L'odeur des gaz d'échappement se mêle à celle du maïs grillé vendu par des vendeurs rue Vitoche. Premier hôtel : Nyx Hostel Boutique (rue Ivan Vazov), chambre double à 28 euros. Patron bulgare qui m'explique en anglais cassé les bus locaux. Trajet en bus n°5 jusqu'à Sveta Nedelya : 0,80 BGN (0,40 euro). Les churches et le Centre-VillePendant trois jours, j'ai compris Sofia comme un palimpseste religieux. La basilique Alexander Nevsky, construite de 1882 à 1912, vous enferme sous des plafonds si hauts qu'on se sent minuscule. L'encens brûlait, étouffant, presque piquant. Une vieille femme en foulard noir murmurait ses prières. J'ai photographié les murs intérieurs ornés d'or 24 carats, mais on m'a arrêté par un pope qui m'a expliqué (avec une gestuelle furieuse) que les cierges, oui, les photos, non. Café au Bar "Zanzibar" après : espresso serré à 1,50 euros, croissant au fromage blanc (banitsa) à 0,80 euro, sucré-salé, presque sucré. J'ai ensuite traîné à la Cathédrale Sainte-Sophie (6e siècle, magnifique), puis au musée des Icônes orthodoxes (rue Alexander Batenberg). Entrée 5 euros. Peintures du 14e siècle aux dorures fanées, murs blancs immaculés, silence complet à part les pas. Galère : les routes vers BanskoLundi 9 janvier, j'ai pris la route vers Bansko (140 km, 2 h 30 censés). La nationale A2 puis route locale : fissures dans l'asphalte, virages serrés, camions bulgares qui vous collent au train. Un feu de signalisation cassé à Blagoevgrad m'a bloqué 45 minutes. Pire : j'arrive à la station de ski de Bansko à 15 h, il n'y a qu'une dizaine de skieurs. Neige molle, télésièges fermés à 16 h. J'ai payé le forfait journée 35 euros pour trois pistes. Arnaques touristiques mineures mais agaçantes : "eau minérale 5 euros" au refuge de Banderishka Chalet (je la paye, elle vaut 1 euro en bas). Le gérant m'a souri sans culpabilité. Bansko : hors-saisonLa station elle-même, en janvier hors-vacances scolaires, est étrangement vide. Les restaurants tournent au ralenti. Hôtel Kempinski Bansko (rue Pirin, 4 étoiles) m'accueille avec un sourire poli mais pas de chaleur. Chambre standard 65 euros, petit-déj inclus. J'ai mangé à "Maestro's Table" (rue Nikola Vaptsarov) : truite grillée à la sauce tomate, pommes de terre rôties, vin bulgare Elenovo (rouge local) à 8 euros le verre. Flaveurs simples, plutôt bonnes. Le serveur, Ivan, m'a parlé de sa passion pour le ski, vaincu par l'absence de tourisme hivernal. Moment marquant : le soir, j'ai pris un café au "Bansko Craft House", fenêtres donnant sur la montagne Pirin, neige grise qui tombait. Un silence absolu. Juste le bruit des flocons s'écrasant. J'ai compris ce jour-là pourquoi les gens fuyaient les stations fermées. Monastère de Rila : le pèlerinageSortie à 7 h de Bansko (mercredi matin), route vers le monastère de Rila, 40 km au sud-ouest. Arrivée 9 h 20. Le complexe blanc et ocre émerge des pins. J'ai payé 3 euros d'entrée. Les fresques du 19e siècle couvrent chaque mur intérieur : scènes de crucifixion, anges bleus et or. L'église centrale sentait l'encens ancien, musqué, étouffant. Une dizaine de moines en soutane noire circulaient sans bruit. L'un d'eux, père Méthodius, m'a parlé en français approximatif des restaurations. Le réfectoire, fermé aux touristes, accueillait les moines à midi. J'ai déjeuné dehors : pain blanc local (0,50 euro), fromage blanc acidulé (sirene), jambon fumé (0,90 euro). Délicieux, simple. Les collines autour étaient couvertes de brouillard gris. Sofia : musées et épicesRetour à Sofia pour les trois derniers jours. Marché des femmes (Zhenski Bazar) jeudi : étals de rouille et de froid. Épices, miel, textiles. Odeur mélangée de cumin, de safran bon marché, de pommes fermentées. J'ai acheté du miel de montagne (500 g, 4 euros). Musée national d'histoire (boulevard Vasil Levski) : salles de trésors thrace du 4e siècle avant J.-C., or massif, anneaux de combat. Entrée 10 euros. Les gardiens dormaient, on pouvait s'approcher des vitrines de trop près. Restaurant "Chevermeto" (rue Slaveykov) : cigare de chou (sarmi), oeufs à la sauce tomate, vin blanc Dimyat à 5 euros. Je me suis régalé, mais portion maigre. Service lent (45 minutes pour manger). J'étais seul dans le restaurant un jeudi soir. Bilan et galère finaleDernier jour : fuite d'eau à l'hôtel, le propriétaire refuse de réduire le tarif, garde mon dépôt. Vol de retour Ryanair retardé de 2 h 20 (problème technique). Arrivée à Lyon 22 h 15 au lieu de 20 h. Fatigué, stressé.
Les bons plans repérés sur place.
Basilique Alexander Nevsky (place Alexander Nevsky) : les dômes dorés au soleil du matin, l'encens opaque, les iconostases de marbre.
Marché des femmes de Sofia (Zhenski Bazar) : spécialités locales bon marché, miel de montagne, étals chaotiques.
Monastère de Rila (route E79, 50 km de Bansko) : fresques du 19e siècle intactes, moines silencieux, silence de montagne.
Restaurant Maestro's Table (Bansko, rue Vaptsarov) : truite grillée locale, vin bulgare Elenovo à prix honnête.
Route A2 en hiver : spectaculaire mais dangereuse, paysage de pins et de neige, prudence obligatoire.
Et au final.
Sofia et ses églises m'ont marqué par leur sérénité et leur or, mais la Bulgarie hivernal, hors saison, c'est un pays qui sommeille. Bansko aurait mérité une meilleure neige et plus de touristes. Ce voyage m'a plu (4/5), mais j'ai trouvé les arnaques mineures agaçantes et les routes dangereuses.