Comment ça s'est passé.
Nous avons décollé de Paris sur un vol United Airlines UA88 le 15 mars à 11h15, arrivée à San Francisco à 14h30 heure locale (décalage de 9h, on était complètement hébétés). Après trois cafés allongés au Blue Bottle Coffee du Ferry Building Marketplace, on a posé les bagages à l'hôtel Phoenix, dans le quartier de Tenderloin. Chambre minuscule mais propre, 95 dollars la nuit. La première impression : une odeur de eucalyptus mélangée aux gaz d'échappement des Uber qui descendaient Market Street. Le lendemain, levée à 5h30 pour prendre le cable car Powell-Market jusqu'à Fisherman's Wharf. On avait lu partout que c'était touristique : c'est exact. Mais les otaries sur les piers, on ne peut pas les ignorer. Le bruit des leurs cris, c'est assourdissant à 6h du matin. Nous avons avalé un clam chowder dans un bol de pain au Boudin Bakery (11 dollars) qui n'a pas grand mérite, franchement, mais la vue sur l'eau tiède de la baie valait le coup. Le pont du Golden Gate, on l'a traversé à vélo le jour 3. Loué chez Blazing Saddles pour 28 dollars la journée. Gros coup de stress à mi-chemin : un freinage qui a flanché, j'ai dû sauter pour ne pas tomber dans le vide. Les mains qui tremblent, pas agréable. Heureusement, un touriste allemand nous a aidés à descendre jusqu'à Sausalito. De là, le ferry de retour au Ferry Terminal coûte 7 dollars et dure 30 minutes, assis face aux collines qui s'éloignaient. San Francisco restera pour moi le quartier de Mission District : Valencia Street, les taggers, les tacos al pastor à 4 dollars chez El Farolito à minuit. La bière locale, une IPA de la microbrasserie Anchor Brewing, reste sucrée et trop alcoolisée à 6,5%. Beaucoup moins relevante qu'on nous l'avait promis. Une vraie galère aussi : dès qu'on s'éloigne du centre, le Wi-Fi disparaît, les sans-abri squattent les stations BART à chaque coin de rue. Pas dangereux mais assez glauque pour qu'on préfère prendre un Lyft (20 dollars pour aller à Castro Street). Route vers Los AngelesVol Southwest en fin d'après-midi depuis San Francisco (un Airbus A737, très exigu). Arrivée à LAX à 18h. Récupération d'une voiture de location (Hertz, 55 dollars par jour, essence en sus à 3,50 dollars le gallon). C'est là qu'on comprend que la Californie, c'est large. Deux heures de route 101 South jusqu'à Santa Monica sous un ciel orange vif. La circulation était dense mais fluide, les radio-stations crachaient du pop-country à longueur de journée. Hôtel Fairfield dans Santa Monica, vue partielle sur la plage, 78 dollars. Dès le matin suivant, petit-déjeuner pancakes-bacon au Republique Café (17 dollars, les portions sont énormes). On a marché jusqu'au pier : les manèges du Pacific Park sentaient la friture et le sucre caramélisé, les mouettes n'arrêtaient pas de vous foncer dessus pour les restes. Nous avons pris un Uber jusqu'à Malibu, 45 minutes, 34 dollars, juste pour voir les falaises qui s'effondrent lentement. Pas de baignade possible, l'eau à 14 degrés en mars, on a mis les pieds et on a reculé immédiatement. Hollywood Walk of Fame : totalement sans intérêt. Beaucoup trop bondé, les commerces touristiques de pacotille, les gens qui vendent des photos. Une arnaque montée en épingle. Par contre, Griffith Observatory le soir (entrée gratuite), on voyait à peine les étoiles avec la pollution lumineuse, mais le silence là-haut change de tout ce bruit. Dernier jour, nous sommes allés à Long Beach manger des fish and chips vraiment bons chez Parker's Lighthouse (24 dollars), assis face à l'eau. La viande blanche du poisson s'effilochait sous la fourchette, sauce tartare acidulée. C'était sympa de terminer sans courir, pour une fois.
Les bons plans repérés sur place.
Blue Bottle Coffee au Ferry Building Marketplace, San Francisco : le premier café du matin face à la baie (le cappuccino surexcellent à 5,50 dollars)
Cable car Powell-Market jusqu'à Fisherman's Wharf : le trajet de 10 minutes l'est worth it juste pour l'odeur du bois poli et les vues
Malibu via Pacific Coast Highway : les falaises d'argile rouge qui s'effilochent, arrêt à Zuma Beach pour regarder les pelicans
Mission District, San Francisco : Valencia Street pour les tacos, les galeries de street art et l'ambiance bohème à 22h
Griffith Observatory, Los Angeles : accès gratuit, vue sur la vallée, une nuit calme loin du chaos touristique
Et au final.
Quatorze jours bien remplis, deux villes très différentes qui révèlent les extrêmes de la Californie : l'innovation et le sans-abrisme côte à côte à San Francisco, le glamour hollywoodien et les plages éternelles à LA. On regrette d'avoir trop peu d'argent pour goûter la vraie gastronomie locale (les restaurants avec Michelin stars à SF dépassaient 150 dollars par personne). Malgré tout, ça en valait la peine.