Comment ça s'est passé.
Nous sommes arrivés à Budapest gare de l'Est (Keleti pályaudvar) un jeudi matin vers 9 h, frigorifiés après 14 heures de train depuis Munich. L'odeur caractéristique des vieilles gares d'Europe de l'Est — mélange de diesel et de béton froid — m'a saisie dès la sortie du quai. Nous avons pris le M3 jusqu'à Deák Ferenc, puis marché une vingtaine de minutes pour gagner notre petit hôtel, le Danube View Rooms, rue Perczel Mór, quartier du Château. Pas de charme touristique outrancier, juste un accueil correct pour 55 euros la nuit. Le premier jour, nous avons visité les Thermes Széchenyi en fin d'après-midi. C'était une erreur : la foule était dense, les bassins extérieurs fumaient sous la fraîcheur du soir (3 degrés), et j'ai dû me battre pour trouver une place dans l'eau turquoise à 38 degrés. Les gens jouaient aux échecs sur des plateaux flottants au milieu des bassins, comme si de rien n'était. Une vision absurde et mémorable. L'entrée simple coûtait 5500 forints (environ 15 euros), l'armoire à clé un supplément de 300 forints. La grande galère : les retards de BKV Le lundi, nous avons dû prendre le bus 16 pour nous rendre aux Thermes Rudas. Le bus n'est jamais arrivé. Nous avons attendu 25 minutes sous la pluie, puis pris un taxi pour 2800 forints. Le conducteur a ri en disant que c'était normal, que les horaires affichés à Budapest étaient « aspirationnels ». Les Thermes Rudas eux-mêmes en valaient la peine : moins touristiques que Széchenyi, plus intimes, avec un bassin octogonal du XVIe siècle et une coupole perforée qui laisse passer la lumière. Accès 4500 forints. Le Marché Central et la nourriture Le Vásárcsarnok (Marché Central) occupe un bâtiment en briques rouges spectaculaire, rive Pest du Danube. Nous y avons traîné deux heures un mardi matin. Les vendeurs de paprika nous ont interpellés : paprika doux, paprika fumé, paprika fort, paprika noble. Nous avons acheté pour 4800 forints un petit sac de paprika rouge écarlate qui sent la chaleur et les terres desséchées. Énorme succès auprès des amis à la maison. Nous avons mangé plusieurs fois du goulasch (gulyás). Au restaurant Café Kör, juste à côté de la basilique Saint-Étienne, un bon goulasch coûtait 4200 forints (11 euros), servi dans un petit pot en fonte, la viande si tendre qu'elle se défaisait à la fourchette. Nous avons aussi essayé les langos au marché : pains frits sucrés-salés garnis d'ail et de fromage, vendus par une femme âgée qui ne parlait que le hongrois et nous a mimés l'action de manger. Coût : 800 forints l'unité. Les ponts et les nuits Le Pont des Chaînes (Széchenyi lánchíd) s'est avéré moins impressionnant que prévu en photo, simplement grand et fonctionnel. Mais traverser le Danube à pied avec la vue sur le Parlement illuminé en fin d'après-midi (vers 17 h en novembre) — c'était moins chargé émotionnellement que je l'avais imaginé, presque administratif comme expérience. Les nuits à Budapest se passent dans les rues de Kazinczy ou Madách dans le VIIe arrondissement : ruin bars (bars dans des ruines). Nous avons atterri un samedi soir au Szimpla Kert. L'odeur de bière et de cigarettes était intense, les murs couverts de graffitis, des jeunes Hongrois et des touristes mélangés, une bière locale (Dreher) pour 850 forints. C'était étroit, bruyant, sans prétention. Un peu mon idée d'une vraie sortie. Nous avons quitté après une heure, les oreilles bourdonnantes. Le Château et les décalages Une demie-journée au Château de Buda, escaliers raides, palais reconstitué après la Deuxième Guerre mondiale, musée de la Hongroiserie locale. Pas envoûtant. C'est surtout la vue depuis la terrasse qui justifiait le détour. La rampe de bus 16 depuis Déak Ferenc monte les 200 mètres de dénivelé en 15 minutes. Nous avons visité la Grande Synagogue (Nagyzsinagóga), rue Dohány, le mercredi. Immense, sombre, un peu oppressive. Le talon hongrois aux odeurs de sueur et d'humidité. Un moment qui tient davantage à l'histoire qu'au plaisir tactile du voyage. Vers le vendredi soir, nous commencions à trouver répétitifs les clichés de Budapest. Le stress des premiers jours — comment prendre le bon tram, comment payer, malentendu avec la réceptionniste sur l'heure du petit-déjeuner — s'était dissipé. Nous avons roulé de façon plus mécanique sur les trois derniers jours, visitant la Galerie Nationale et le Musée du Théâtre sans grand enthousiasme.
Les bons plans repérés sur place.
Thermes Széchenyi, bassin extérieur en hiver avec les joueurs d'échecs (entrée 15 euros, allez en milieu de semaine en fin d'après-midi)
Marché Central (Vásárcsarnok) pour le paprika et les langos, étage 2, vendeur femme près du coin sud-ouest
Ruin bar Szimpla Kert, rue Kazinczy, samedi après 22 h si vous aimez la foule et le bruit
Goulasch chez Café Kör, place Vörösmarty, reservation conseillée (4200 forints)
Basilique Saint-Étienne, vue du dôme en montant les 364 marches, 2000 forints, calme le matin avant 10 h
Photos — Budapest
Et au final.
Budapest vaut vraiment le détour pour les thermes (où il faut y aller hors saison), la nourriture honnête et les faces fluviales du Danube. Mais c'est une ville où le charme s'use vite sous les pieds. Les retards de transports, la barrière linguistique, l'absence d'une vraie structure touristique fluide — ça pèse après 5-6 jours. J'y retournerais, mais pas pour un long séjour.








