Comment ça s'est passé.
Arrivée à Budapest via Wizz Air le 14 mars en fin d'après-midi, aéroport Liszt Ferenc à 25 km du centre. Bus 100E direct jusqu'à Deák Ferenc tér en 50 minutes, 900 HUF l'aller simple. Hôtel Árnyék à Erzsébetváros, une rue tranquille perpendiculaire à Kazinczy, 35 euros la nuit, petit-déj très basique mais au moins les cafés turcs du quartier valent le coup. Première vraie sensation à Budapest : les odeurs. Pas les odeurs touristiques des brasseries à mille euros l'apéro, mais celle des petits vendeurs de langoş frits qui traînent près des escaliers du métro ligne 2. Le langoş, c'est du pain frit garni d'ail et de fromage fondu, 800 HUF. On en a mangé quatre jours de suite avant de réaliser qu'on allait prendre 3 kilos. Puis la vapeur qui sort des bains thermaux à Széchenyi. On arrive à 7 h du matin un samedi, il fait 3 degrés dehors, l'eau fume, et on voit littéralement des locaux en maillot qui lisent leur journal Népszabadság en buvant du café. C'est ça qui m'a marqué : ce moment parfaitement ordinaire pour eux, totalement décalé pour nous. Les bains : moins instagrammable que prévu Széchenyi, tout le monde te le vend comme le bain mythique de Budapest. Entrée 5 600 HUF (18 euros) pour 3 heures. Piscine extérieure avec colonnade austro-hongroise du XIXe, d'accord, c'est beau. Mais en mars, même à 36 degrés, c'est glacial dès qu'on quitte l'eau. Et les files d'attente pour les casiers sont aflux de touristes allemands qui parlent fort. On a préféré Rudas, plus petit, moins enfoui sous les groupes de quarante Chinois avec GoPro. 4 200 HUF, une piscine octogonale du XVIe (époque ottomane) qui mérite vraiment le détour. Eau turquoise, tranquille, et un vrai mélange de retraités hongrois et d'une poignée de touristes qui ne connaissaient pas l'endroit. Galère gastronomique et marché Rialto On s'est fait avoir une fois. Restaurant Menza, près de la basilique, tapas-style très tendance, 28 euros pour deux verres de vin blanc élevé en barriques et une assiette de brie rôti. Délicieux, mais on aurait pu manger du goulash un vrai (bœuf braisé à la paprika) pour 2 600 HUF en face chez une petite mère hongroise qui cuisine depuis 35 ans. Le goût du goulash authentique, c'est celui de la paprika douce qu'on sent tout de suite, pas de trucs travaillé trop serré. Marché couvert Nagyvásárcsarnok (Grand Marché) : bâtiment de fer forgé fin XIXe, les étages avec les souvenirs à mille euros, mais le rez-de-chaussée, c'est du lourd. Légumes, fromages de ferme, viandes séchées, poissons d'eau douce du Balaton. On y est allé trois fois. Pâté Tetra (foie gras hongrois en brique de conservation) à 3 500 HUF qu'on a ramené en France. Un mec du stand nous a expliqué comment le manger — tartine de pain, un zeste de citron — en trois phrases, accent très guttural. Honnêtement plus cool que n'importe quel guide touristique. Quartier juif et malaise du patrimoine Kazinczy et ses petites rues. On a visité la synagogue Dohány, la plus grande d'Europe continentale (je n'ai pas vérifié, mais bon). Déduction : la visite guidée obligatoire en anglais était rasante, 5 500 HUF, une heure à se traîner derrière une fille de 25 ans qui lisait des dates sur un papier. Le bâtiment lui-même, architecture byzantino-gothique des années 1850, oui, massif. Mais on a moins aimé quand elle nous a montré les plaques commémoratives des déportations, pas parce que c'était morbide, mais parce que ça paraissait un peu instrumentalisé pour l'effet émotionnel sur les touristes. Elle a même demandé à un mec de prendre une photo de groupe devant. Mauvais goût. On a dû aussi prendre le bus 6 par erreur (numéro équivalent au 4 à Paris, mais on ne l'a su qu'après), direction Óbuda au nord, 30 minutes au lieu de 10. Pas grave, ça nous a fait découvrir l'aqueduc romain encastré dans les façades modernes de la banlieue, un truc oublié par tous les guidebooks. Température 5 degrés, bruine, aucun touriste. Moment déprimant mais vrai. Balaton, une demi-journée inutile Trajet en train MÁV depuis Budapest Keleti (gare de l'Est) vers Siófok, 1 h 40, 3 200 HUF. Lac Balaton réputé le Lac Léman de l'Europe centrale. En mars, c'est juste du gris et du froid. On a mangé une perche friture au Carillon Yacht Club (restaurant trop bobo), 6 800 HUF pour du poisson correct, mais dépourvu de surprise. On n'est restés que 4 heures. C'était juste là pour dire qu'on l'avait vu. Retour vers Budapest en fin d'après-midi, métro ligne 3 du côté sud de la ville très résidentiel, aucun touriste, que du silence. Budget global de 10 jours : 1 240 euros pour deux (hôtel, transport local, repas mixtes, bains, entrées). Pas donné, mais pas volé non plus. Climat en mars vraiment capricieux, alternant 2 et 12 degrés au même jour.
Les bons plans repérés sur place.
Rudas gyógyfürdő (4 200 HUF) : bain octogonal ottoman, moins affluent que Széchenyi, eau à 36 degrés, vraiment relaxant
Langoş du vendeur près de métro Deák Ferenc : pain frit garni d'ail et fromage 800 HUF, le repas de rue le moins cher et le plus addictif
Grand Marché Nagyvásárcsarnok rez-de-chaussée : fromages fermiers, foies gras en brique Tetra, conversations avec les vendeurs, zéro chichi
Train MÁV vers Balaton Siófok (1 h 40, 3 200 HUF) : paysage de campagne hongroise plat et gris, personne ne va là en mars c'est bien pour ça
Escaliers du Mémorial des chaussures près du Danube : moins connu que le Musée du Shoah, plus brut, plus silencieux, vraiment oppressant
Et au final.
Budapest nous a laissé un sentiment bivalent : la magie des bains thermaux existe vraiment, mais elle s'éparpille vite dès qu'on en fait un circuit touristique. Les gens du coin, les odeurs de la rue, les petits restos hors-zone, c'est là que ça compte. Par contre, la Hongrie en mars c'est froid, gris, et tu dois vraiment te forcer pour trouver des repères. On reviendrait, mais plus longtemps et moins en mode valise-bain-balaton-retour.







