Comment ça s'est passé.
Levée à 5 h 45 le premier matin, j'ai pris le bus 200E depuis l'aéroport Ferenc Liszt jusqu'à la station Déak Ferenc. Le trajet a duré 35 minutes, pas les 20 annoncés. C'était mon premier choc avec la réalité hongroise : les horaires, c'est plus une suggestion qu'une obligation. J'ai logé trois nuits à l'hôtel Fusion Budapest, rue Kazinczy. La chambre donnait sur la synagogue de Dohány, la plus grande d'Europe. Chaque matin, j'entendais l'écho des cantatrices du samedi matin. Le personnel parlait français, c'était un vrai plus face aux autres voyageurs allemands dans le hall. Les thermes de Széchenyi, c'est là que j'ai ressenti ce moment un peu surréaliste. À 14 h 30, j'ai plongé dans l'eau jaune-blanchâtre des bassins extérieurs par 8 °C de température ambiante. Ça picotait, c'était chaud (38 °C) puis glacé une seconde après à l'air libre. Des retraités hongrois jouaient aux échecs sur le bord, impassibles. J'ai acheté deux billets d'entrée pour 5 600 HUF au guichet. En novembre, il n'y avait pas foule. Les bassins thermaux sentaient le soufre et l'humidité, une odeur qu'on ne quitte pas facilement après. Pour manger, j'ai trouvé un vrai restaurant de quartier : Pesti Disznó, dans le 7e arrondissement. Une portion de gulyás (ragoût avec paprika) coûtait 3 500 HUF, soit environ 12 euros. C'était servi bouillant dans un bol en poterie. La viande tombait en miettes, le paprika dominant, un peu sucré. Avec un verre de Tokaji blanc, la note totale a dépassé 20 euros. Pas donné pour la Hongrie, mais le goût n'avait rien à voir avec les versions touristiques des restaurants de la rue Váci. Grande galère le jour 4 : le métro ligne 2 (la verte) a eu une panne à 16 h 15. J'attendais mon train depuis Batthyány ter pour aller vers le sud. Pendant 45 minutes, j'ai écouté des annonces en hongrois que je ne comprenais pas. Finalement, un employé m'a indiqué de prendre le bus 4 ou 6 à proximité. Personne n'avait l'air stressé, ici, les retards c'est normal. Le marché central (Nagy vásárcsarnok) m'a fascinée malgré la cohue de touristes. Au rez-de-chaussée, les vendeurs proposaient des poivrons séchés, du tokaji en bouteille, du paprika en poudre vendu 800 HUF le petit pot. J'ai grugnoté des langues de chat (Nyalóka) fourrées à la confiture. L'odeur mélangée du jambon fumé, du poisson frais et des épices était écrasante. À l'étage, un stand servait du Langos (pain frit à l'ail) pour 1 200 HUF. J'en ai pris un, c'était gras, savoureux, presque addictif. J'ai passé le dernier après-midi au café Gerbeaud, institution depuis 1870 sur la Vorosmarty tér. J'ai commandé un capuccino (1 500 HUF) et leur gâteau maison aux noisettes. La porcelaine était fine, les murs peints de fresques pastel datant d'avant la Seconde Guerre mondiale. Des étudiants hongrois sur ordinateur, des vieux qui lisaient le journal, moi qui remplissais mon carnet. Ambiance très locale, aucune musique de fond. Les musées (Musée des Beaux-Arts, entrée 3 800 HUF) étaient trop calmes à mon goût, presque vides. Les collections me n'ont pas marquée, des œuvres qu'on croise partout. J'aurais aimé quelque chose de plus original.
Les bons plans repérés sur place.
Thermes de Széchenyi, bassins extérieurs en novembre avec vue sur les châteaux : aller vers 14 h pour moins de monde
Restaurant Pesti Disznó (rue Dohány), gulyás à 3 500 HUF, réserver car petit espace
Marché central, rez-de-chaussée : langos à l'ail et paprika en poudre pour ramener chez soi
Café Gerbeaud sur Vorosmarty tér : capuccino et gâteau noisette, murs de fresques originales
Synagogue de Dohány : visite guidée en anglais à 10 h, 3 600 HUF, musée du ghetto inclus
Et au final.
Budapest, c'est une ville attachante mais exigeante : il faut accepter le chaos des transports, les murs un peu gris, les prix qui grimpent pour les touristes. Les gens sont froids en surface, chaleureux une fois qu'on parle leur langue. Je reviendrais, mais pas en haute saison.







