Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport Ferenc Liszt le 3 novembre à 14h30. J'ai pris le bus 200E jusqu'à Deák Ferenc tér (3 euros, trajet de 25 minutes, horaires affichés sur le quai). L'automne hongrois sent l'humidité et les feuilles mortes qui collent aux pavés. J'ai logé à l'hôtel Promenade City dans le quartier de Belváros, une chambre double à 68 euros la nuit avec vue sur la rue Régiposta. Petit déjeuner inclus : pogača (pain sucré hongrois) et café Nescafé instantané. Pas exceptionnel. Le moment marquant ? Mercredi matin, levée à 5h45 pour atteindre les Thermes Széchenyi avant la foule. J'ai acheté un ticket journée à 18 euros. Plonger dans l'eau à 42°C quand l'air extérieur frôlait les 8°C, c'était étrange, presque dérangeant au début. La vapeur remontait sur mes lunettes, j'entendais les Hongrois discuter en arrière-plan, des éclats de rire résonnaient sous le dôme jaune. Trois heures là-dedans. Les bassin extérieurs, bordés de colonnes jaune pâle, rappellent les gravures du XIXe siècle. Réalité moins rose que les photos : carrelage écaillé par endroits, une odeur de chlore assez forte. Premiers contretempsJeudi, j'ai voulu emprunter le tramway 2 pour longer le Danube jusqu'au château de Buda. Le trajet était censé durer 15 minutes. En réalité, une panne a retardé le convoi de 20 minutes. Assis sur la banquette en bois, un homme âgé m'a expliqué en anglais que les transports budalapestois ne sont jamais fiables en novembre. Il exagérait, mais il y avait du vrai. Finalement arrivée au Fisherman's Bastion vers 11h. L'entrée coûte 8 euros pour les touristes. Les arcades blanches étaient presque désertes. Une fille d'une dizaine d'années vendait des cartes postales jaunes de 50 forint (0,15 euro). Les touistes se concentraient en fin d'après-midi. Samedi, visite du marché central (Nagyvásárcsarnok), inauguré en 1897. Entrée libre, ouvert de 6h à 17h en semaine. J'y suis allée le matin vers 8h30. Étals de paprika rouge, de poivrons séchés, vendeurs qui criaient les prix. Une vieille femme vendait de la lard sec (szalonna), 12 euros le kilo. J'ai acheté du lángos (beignet aillé frit) pour 3 euros. Chaud et gras. Le goût du vinaigre et de l'huile m'a dominé la journée. Galère culinaireGrande déception mardi soir. Je m'étais renseignée sur la « cuisine hongroise authentique » en ligne. J'ai choisi un restaurant réputé, Klassz Bisztró, sur la rue Andrássy. Goulash traditionnel, 14 euros. Le plat était tiède, la viande presque pâteuse. Le serveur (costume blanc étriqué) m'a assuré que c'était « normal ». Peut-être, mais le goût était fade, presque éteint. J'ai laissé la moitié dans l'assiette. Vin blanc local (Egri Bikavér) à 7 euros le verre : acide, désagréable. Une vraie arnaque touristique. Le vendredi s'est mieux déroulé. Pâtisserie Gerbeaud Palota, rue Vörösmarty. Dobostorte (gâteau au caramel et chocolat) à 5 euros la part. Là oui, c'était technique, sucré à juste dose. J'en ai repris une deuxième part en fin d'après-midi avec un espresso (1,50 euro). Dimanche, balade dans le quartier juif (Kazinczy utca). Ruelles étroites, synagogues restaurées, graffitis colorés. Ambiance en déclin, mais pas dénuée de charme. Un café fermé signalait « Tóbbi hétről » (à partir de la semaine prochaine). Les boutiques de fringues vintage côtoyaient des logements délabres. Bruit permanent du trafic routier sur Dob utca, juste à côté.
Les bons plans repérés sur place.
Thermes Széchenyi, les bassins extérieurs à l'aube : eau chaude et brume, bassin principal rempli à 90 % de touristes à 10h
Marché central (Nagyvásárcsarnok), étage inférieur : paprika hongrois vrai, pas les paquets trop touristiques du rez-de-chaussée
Château de Buda depuis le Fisherman's Bastion, côté nord moins bondé que la façade principale
Tramway 2 le long du Danube, fenêtres grandes, gratuitement des vues sur les ponts Margit et Szabadság
Quartier juif, café Ellátó utca, pâtisseries cachées loin de Vörösmarty, prix moitié moins cher
Et au final.
Budapest n'est pas le nid d'émerveillement touristique qu'on vend sur Instagram. Les thermes valent le détour, les monuments imposent le respect architectural, mais hors des circuits balisés, c'est une grande ville ordinaire avec ses travers (retards, restaurants arnaqueurs, isolation climatique défaillante dans l'hôtel les premiers jours). À revenir en avril ou mai pour une meilleure expérience culinaire.







