Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport Henri Coandă de Bucarest avec trois heures de retard sur le vol Wizz Air (compagnie locale bon marché, mais à éviter en été). Taxi jusqu'à la gare de București Nord : 45 RON, soit environ 9 euros. Le train Regio vers Sibiu part à 14h45, compartiment non-climatisé où la température atteint 38°C. Huit heures de trajet à travers la Transylvanie, paysages de champs à perte de vue, quelques petites gares où montent des fermiers avec des sacs de toile. L'odeur du pain blanc chauffé au soleil dans les mains des vendeurs à quai. Arrivée à Sibiu vers 22h30. Premier matin : réveil à 5h45 dans notre chambre de la Pensiunea Dumbrava (rue Păpii, 18 RON/nuit, petite maison blanche avec volets bleus). Café amer à la Cofetăria Hermania, place Huet, devant l'église fortifiée Sf. Maria. Cappuccino à 4 RON, les yeux fermés en contemplant les quatre tours d'angle de la fortification médiévale qui se dressent encore intactes après 600 ans. Le barista, Andrei, nous parle du quartier. Son accent montagnard rend certains mots difficiles à comprendre. Galère majeure : l'arnaque à la place Piața Mică Vers midi, nous nous arrêtons manger à la Terasa Thalia, terrasse bondée. Poulet grillé avec mamaliga (polenta roumaine) et salade de tomates : 32 RON (6 euros). Service lent, serveur qui ne note pas la commande. Puis café à côté, au bar Hertz. Le serveur demande 50 RON pour deux espressos. Nous réclamons, il réduit à 35 RON sans expliquer. Moment de tension. Après avoir consulté d'autres clients, on nous confirme qu'on nous a arnaqué. Ne plus revenir à ce bar. Après-midi : montée à pied jusqu'à la tour d'observation (Piatra Mare) depuis les remparts. Murs épais de plus d'un mètre, escalier en pierre usée sous nos pieds. Vue à 180° sur Sibiu et les pentes des Carpates au sud. L'air est sec, odeur de pin et de poussière calcaire. Retour par la rue Centrul Istoric, petites boutiques de souvenirs, un atelier de poterie traditionnelle où travaille une femme de 70 ans. Elle nous offre un verre d'eau fraîche sans rien demander. Jour 3-4 : randonnée vers Păltiniş Bus local numéro 10 (1.50 RON le ticket), direction les Carpates. Arrêt à Păltiniş, village de montagne à 1400 m. Nuit à la cabane Căciula Mare (gérée par le club de montagne, 25 euros la chambre). Randonnée sur le sentier balisé bleu jusqu'au refuge Porțile Sibiului. Température à 7h du matin : 8°C. Mains figées, brouillard qui nous enveloppe. Trois heures de marche. Boulot, la vraie fatigue dans les jambes. Refuge surpeuplé (groupe touristique espagnol bruyant). Repas : soupe d'orge avec lard, brochet fumé, pain noir de 500 g. 28 RON. Moment marquant : au coucher de soleil, les nuages se déchirent, on voit les pics rocheux émerger. Silence complet sauf le vent dans les épicéas. Larmes aux yeux, pas d'exagération. Jour 5 : visite à Brașov (35 km au sud). Train régional, 15 RON. Arrivée à la gare de Brașov. Visite de la Piața Sfatului, église noire, marché avec fruits et fromage de chèvre. Acheté du brynza (fromage local blanc) à 18 RON le kilo chez un marchand du nom de Valentin qui nous explique que sa famille élève les chèvres depuis trois générations. Retour à Sibiu en fin d'après-midi. Derniers jours : exploration des villages saxons voisins. Mediaş à 40 km, ligne de bus lente. Village figé dans le temps, église protestante du 15e siècle, vignes alentour. Dégustation chez Jidvei Winery : Fetească Albă, vin blanc sec, 2 euros le verre. Véhicule de location loué (Dacia Sandero, 45 euros/jour, garagiste près de la gare, numéro de tél noté sur un post-it rose). Route cahoteuse jusqu'à Saschiz, petite église fortifiée perchée, 40 marches pour y accéder, vue sur les champs de maïs qui ondulent. Gastronomie globale : nourriture roumaine simple mais efficace. Ciorbă de burtă (tripe) goûtée une fois, plat piquant au curcuma et vinaigre blanc, pas réitéré. Mici (petites saucisses) tous les jours presque, excellent rapport qualité-prix. Raki maison offert par une habitante, alcool à 40°, brûle la gorge. Boulangeries fermées entre 14h et 16h, prévoir. Wi-Fi aléatoire, réseau Vodafone généralement correct.
Les bons plans repérés sur place.
Église fortifiée Sf. Maria à Sibiu (rue Centrul Istoric, porche voûté de 8 m, entrée 3 euros)
Sentier bleu Păltiniş–Porțile Sibiului (5h aller-retour, refuge au sommet, soupe chaude)
Vignoble Jidvei avec dégustation (Fetească Albă à 2 euros, route secondaire entre Mediaş et Brașov)
Marché Piața Mică le mercredi matin (fromage brynza, fruits locaux, marchands qui parlent peu anglais)
Train Regio Bucarest–Sibiu (8h, compartiment rustique, paysages Carpates, à réserver à l'avance : 12 euros)
Et au final.
Dix jours bien employés en Transylvanie. Paysages montagneux cohérents, gens abordables, nourriture correcte. Points négatifs : infrastructure routière dégradée, transport en commun peu fiable avec retards systématiques, une arnaque touristique à Sibiu qui laisse un goût amer. Pas aussi spectaculaire qu'attendu, mais sincère.


