Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Séville un mardi matin à 7 h 30 à l'aéroport de San Pablo. Levé trop tôt, fatigue déjà là. Le vol Iberia était correct, un peu d'attente au débarquement mais rien d'anormal. Nous avons pris le bus EA1 jusqu'à la gare Santa Justa (3,50 euros par personne), ce qui nous a pris 40 minutes avec les bouchons. L'hôtel Becquer, calle Bequer, nous attendait. Chambre simple, lit ferme, une petite terasse qui donnait sur une venelle étroite. Le patron parlait un français hésitant et nous a conseillé d'éviter la Triana la nuit. À 14 h, nous avons quitté l'hôtel avec faim. La température approchait 28 degrés, encore étouffante pour octobre. Premiers jours : la cathédrale, les tapas et l'erreurLundi, direction la Catedral de Sevilla. 9 euros d'entrée, nous avons fait la queue pendant une heure sous le soleil. À l'intérieur, l'odeur de l'encens ancien s'est mélangée à la poussière des siècles. Les voûtes imposent le silence. Nous avons grimpé à la Giralda en fin d'après-midi : 34 marches, pas d'escaliers, juste une rampe montante. La vue depuis le sommet vaut chaque coup de fatigue aux jambes. La ville s'étale en carreaux orange et bleu. Nous avons diné ce soir-là à El Rinconcillo, la plus vieille taverne de Séville, fondée en 1670 selon la façade. Montaditos de jamón, gazpacho, espresso à 4,50 euros la part. Le serveur nous a oublié notre commande pendant une heure. Pas d'excuse, juste un sourire. C'est comme ça ici. Mercredi, la galère : nous avons pris un taxi blanc à la gare pour le centre. L'homme demandait 25 euros alors que le forfait officiel depuis la gare est de 14 euros. Nous avons refusé, avons marché 20 minutes sous la chaleur jusqu'à notre hôtel, énervés. Ça a gâché le début de la journée. Plus tard, nous avons appris du réceptionniste qu'il y a des faux taxis qui font ça. Marché, vitraux, bière fraîcheLe marché des Floras, le jeudi matin. Oranges rouges empilées, odeur d'agrumes écrasés et de menthe fraîche. Nous avons acheté une livre d'amandes grillées pour 7 euros. Un vieil homme vendait des fleurs coupées. Son chariot était jaune canari, ses mains tachées du pollen. L'église Santa Catalina nous a fermé ses portes le jour prévu. Travaux. Pas cool. Nous avons changé nos plans, direction l'Alcazar à la place. Les patios intérieurs sont peints en turquoise et blanc. Les fontaines crépitent doucement. C'est calme, trop calme. Nous avons traîné trois heures là-dedans, assis sur un banc en faïence, à regarder les carrelages géométriques. Un moment marquant : l'eau froide d'une fontaine sur les mains après quatre heures de marche dans la ville. Nous avons bu des Cruzcampo froides (1,80 euro au bar du coin) en fin d'après-midi. La bière était glacée, presque trop. Nous avons regardé des hommes jouer à la balle dans une petite plaza. Pas de match structuré, juste des passes, des rires. Triana, río Guadalquivir et départLe quartier de Triana, vendredi. Plus bohème, plus jeune. Les tablao flamenco nous ont tapé 45 euros d'entrée plus 15 euros de consommation minima. La danseuse avait 60 ans, elle dansait depuis quarante ans. Ses pieds frappaient le sol avec une précision de métronome. Ses cris étaient rauques, vrais. Pendant une heure, nous avons regardé ses mains qui semblaient crier aussi. Samedi, nous avons longé le Guadalquivir à pied. Le fleuve est moins majestueux qu'on l'imagine. Brun, lent, indifférent à la ville. Sur la rive, des restaurants de chaîne avec des touristes qui payaient 35 euros pour du poisson basique. Nous avons continué, trouvé une petite table de bar à côté d'un petit pont. Un verre de vino blanco sec (3 euros) et un morceau de queso semicurado nous ont suffi. Dimanche matin, levés tôt pour le vol de retour à 11 h. Le bus EA1 à 8 h 15. Séville s'endormait encore. Les palmiers bordaient les rues, immobiles. L'odeur du café frais sortait des bars fermés.
Les bons plans repérés sur place.
Cathédrale et Giralda : grimper sans escaliers, vue panoramique du centre depuis le sommet
Palais Alcazar : patios en carrelage bleu turquoise, fontaines intimes, patio des jeunes filles
Taverne El Rinconcillo (depuis 1670) : montaditos et gazpacho, service lent mais ambiance brute
Marché des Floras le matin : amandes grillées 7 euros la livre, odeur d'agrumes écrasés
Triana de nuit : tablao flamenco avec vraies danseuses andalouses, bords du Guadalquivir pour le vin blanc
Photos — Séville, Andalousie
Et au final.
Séville nous a marqués pour ses détails plus que pour ses monuments : une fontaine froide, une danseuse de 60 ans qui s'en fichait de nous, l'arnaque du taxi qui rappelle que les villes ne sont pas des parcs à thème. Moins cher qu'on aurait cru, moins foule que Paris, un rythme différent. La chaleur en octobre était limite supportable. Nous y retournerions, mais en avril.








