Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Málaga un mardi matin, loué une voiture Renault Clio chez Europcar (38 euros/jour), et foncé vers Granada sans trop traîner. La route à péage coûtait 5,50 euros. À 14 h, nous nous effondrions déjà dans notre chambre à l'hôtel Casa del Trigo, rue Cuesta de Gomérez, juste au pied de l'Alhambra. Le proprio, un gars d'une soixantaine d'années, nous a dit : « Vous pouviez pas choisir pire moment, c'est la cohue de juillet. » Il avait raison. Le jour suivant, nous nous sommes levés à 6 h 30 pour avoir nos places à l'Alhambra à 7 h (13 euros chacun en ligne). Le choix de l'aube était stratégique : les bus touristiques n'arrivent qu'à partir de 9 h. En montant les escaliers en pierre gris-blanc, on sentait encore l'humidité de la nuit, et l'odeur de citronnier flottait partout dans les jardins des Generalife. Les azulejos dans la Cour des Lions reflétaient le soleil comme des millions de petits miroirs. J'ai traîné longtemps dans les appartements royaux, juste à regarder les motifs géométriques sur les murs, à compter les colonnes, à me demander comment des tailleurs de pierre ont pu faire ça sans électricité. Première galère : nous avions loué les tickets pour 10 h, pas 7 h. Résultat, une garde m'a barré l'accès à la Cour des Lions jusqu'à 10 h précises. J'ai dû patienter une heure et demie dans une petite cour adjacente, et c'était franchement agaçant. Ça m'a coûté les plus belles lumières du matin. Granada elle-même, au-delà de l'Alhambra, c'est une vraie ville avec du désordre, des scooters qui klaxonnent, des rues pavées étroites où les voitures se faufilent en rasant les murs. Nous avons mangé le soir au restaurant Los Diamantes, plaza de las Pasiegas, des gambas à l'ail (12 euros la portion) et une cazuela de rabo de toro (queue de taureau braisée, 16 euros). Le vin local, un Contraviesa rouge, coûtait 4 euros le verre. C'était correct mais pas transcendant. Trois jours après, nous avons roulé vers les pueblos blancos. Nous avons visité Órgiva, Pampaneira et Capileira dans les Alpujarras. Ce qu'on ne vous dit pas : les petites routes sinueuses là-bas sont terrifiantes si vous n'êtes pas habitué. Nous avons croisé un bus de ligne tête-bêche avec un camion de construction. Tout le monde a dû faire marche arrière. Ça a duré 20 minutes, windows down, la chaleur qui explosait à 38 degrés. À Capileira, un village perché à 1 430 mètres, nous avons bu un café con leche au Bar Central : une dame broyait du café juste au-dessus du comptoir, le bruit de la meule cognait dans mes oreilles. Séville nous a accueillis le 6e jour. Nous avons pris un bus Alsa au terminal de Granada (14 euros, 3 heures) et nous avons loué une chambre chez l'habitant, rua Betis face à la cathédrale. La propriétaire, Consuelo, une grand-mère, nous a montré chaque prise électrique comme si elle devait nous exploser à la figure. Moment marquant : le soir, en descendant vers le parc María Luisa après 20 h, le temple d'Espagne et l'Arc de Santa Isabel étaient éclairés en or pâle. Les gens traînaient sur les bancs, des couples s'embrassaient, aucune urgence. C'était l'une des rares fois où je me suis arrêté pour vraiment regarder un endroit sans me demander ce qu'il fallait faire après. À Séville, nous avons visité la cathédrale (5 euros, elle ouvre à 11 h), monté la Giralda en spirale, 34 rampes. Nous avons aussi mangé des espetos (petits poissons frits) sur les berges du Guadalquivir, 8 euros la portion, goût iodé, les mains graisseuses après. Un resto traditionnel, El Rinconcillo, datant de 1670, avenue Betis. Nous avons commandé des rognons à la xérès (12 euros), goûteux mais demandant un certain engagement. Point négatif : Séville est vraiment touristique, les prix ont gonflé, et les arnaqueurs sont à tous les coins de rue. Un mec nous a vendu des « fleurs pour les demoiselles », on a dit non trois fois, il en a laissé tomber deux sur nos genoux et a demandé 5 euros. Classique des villes espagnoles. Dernier jour, nous nous sommes reposés à Córdoba (40 minutes en train depuis Séville, ligne Renfe, 15 euros). Nous avons vu la Grande Mosquée transformée en cathédrale, marché aux fleurs derrière. L'humidité au bord du Guadalquivir était intense, ça sentait l'eau stagnante et le ciment mouillé.
Les bons plans repérés sur place.
L'Alhambra à l'aube avant 8 h, Cour des Lions vide, lumière rasante sur les azulejos bleus et blancs
Los Diamantes à Granada, gambas à l'ail cuites minute, 12 euros, terrasse face aux remparts
Capileira dans les Alpujarras à 1 430 m, route sinueuse vertigineuse, Bar Central avec meule à café au-dessus du comptoir
Parc María Luisa à Séville après 20 h, sans touristes de groupe, éclairage doré sur les arcades
Iglesia de Santa Catalina à Córdoba, très peu de visiteurs, cathédrale mosquée complètement silencieuse à 15 h
Et au final.
Dix jours bien trop courts pour l'Andalousie. On a marché, on a transpié, on s'est perdus trois fois, on a mangé pas mal de choses grasses, et c'était presque parfait. Ce qui m'a moins plu : la foule touristique dense et les prix gonflés à Séville. Mais Granada et les villages de montagne valaient le coup.