Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport Amilcar Cabral de Praia un mardi à 14 h 30, et les premiers mètres hors du terminal, c'était chaud — vraiment chaud. 32°C à l'ombre, un vent sec qui assèche la gorge en deux secondes. Le taxi depuis l'aéroport jusqu'à la Pensão Maria (rue principale de Plateau) a coûté 500 escudos. Le chauffeur roulait comme un fou sur la route défoncée, racontant sa vie en créole. C'est là qu'on a compris : Cap Vert, c'est pas du tout ce qu'on imaginait. Les premières jours à Praia : déception et adaptation La Pensão Maria, c'est une petite guesthouse avec des murs jaunes passés, un ventilo qui fait un bruit d'enfer, et une proprio qui crie (mais gentiment) en permanence. Chambre à 35 euros la nuit, wifi aléatoire. La première soirée, on s'attendait à une ambiance de île tropicale — non. Praia, c'est gris, c'est poussiéreux, les rues sont en travaux depuis apparemment l'indépendance. Le Plateau, le centre historique, ça reste intéressant : des maisons coloniales peintes au hasard, des ruelles étroites, des enfants qui jouent au foot avec une balle dégonflée. Mais honnêtement, pas de charme fou. On a mangé au Café du Plateau le premier soir : une assiette de cachupa (maïs fermenté avec du fromage et un œuf) pour 300 escudos. C'était bon, riche, presque trop pour une seule personne. L'odeur de charbon de bois flottait partout — les murs de la cuisine à ciel ouvert, les cuisinières préparant le repas devant tout le monde. Pas très hygiénique à première vue, mais bon, on était affamés et ça n'a pas posé de problème. Le marché de Sucupira et la galère des transports On a voulu aller au marché de Sucupira un jeudi matin. On s'est levées à 6 h 30 pour prendre la chapela (minibus jaune et bleu avec 25 passagers, deux poules, une cage de légumes) ligne Sucupira. Tarif : 100 escudos par personne. Le trajet a duré 45 minutes, mais le chauffeur s'est arrêté 15 fois pour prendre et déposer des gens. Ambiance chaotique, collées aux autres voyageurs, l'odeur mélangée de sueur, de carburant et d'agrumes qu'on vendait en bord de route. Au marché lui-même : du bruit, des couleurs (tissus, fruits, poissons séchés), des négociantes qui crient les prix en créole, français, anglais, tous à la fois. Là, on s'est fait arnaquer sur le prix des mangues — on a payé 200 escudos pour trois alors que les locaux en payaient 80. Moment gênant. On a découvert les « pastéis de queijo » (petits feuilletés au fromage) à 50 escudos pièce : croustillants, chauds, délicieux. Santa Maria et les plages : enfin le côté paradisiaque Santa Maria, c'est à l'est de Santiago, à environ une heure de Praia en chapela. On y est allées un dimanche. La plage est beige pâle, des cocotiers clairsemés, très peu de gens — c'est devenu notre endroit de détente. On s'est baignées dans une eau tiède à 27°C, salée comme de l'eau de piscine. Petit restaurant en bordure de plage (pas de nom officiel, juste « Chez João ») : poisson frais grillé avec riz, 800 escudos. João, le proprio, a mis 2 h à préparer le plat, mais il valait l'attente. L'après-midi, on a écouté la musique des vagues et le bruit des moulins à vent au loin. C'était calme, vraiment calme. Contraste total avec Praia. Tarrafal et la randonnée : moment marquant On a fait une excursion à Tarrafal, au nord de Santiago (une heure et demie de route cahoteuse). Il y a une vieille forteresse abandonnée et une belle plage. On s'est levées à 5 h 45, l'aube était rose pâle, super froid d'un coup (20°C). On a loué une voiture avec chauffeur via la Pensão (80 euros la journée). Le chauffeur s'endormait — moment de panique où on a dû lui demander d'arrêter pour se reposer 20 minutes sur le bord de la route. À Tarrafal, on a grimpé jusqu'à la forteresse du Forte de São Filipe (entrée gratuite, pas de garde, juste des murs écroulés). Vue sur la baie spectaculaire, des falaises noires de basalte. On a croisé deux autres touristes seulement. On a ressenti une solitude bizarre, un silence quasi total sauf le vent. C'est ce jour-là qu'on a vraiment apprécié le voyage. Retour et bilan On a passé 12 jours, visité aussi l'île de Sal (une demi-journée, trop touristique avec ses resorts) et on a fait des excursions en bateau pour voir les tortues marines (fausse promesse, on n'en a pas vues). Le retour à Praia s'est fait par vol Liat Airways, petite compagnie régionale. Avion minuscule, retard de deux heures, mais bon.
Les bons plans repérés sur place.
Marché de Sucupira : le samedi tôt pour les fruits frais et les pastéis de queijo
Plage de Santa Maria : petite, peu touristique, restaurant chez João ouvert surtout le week-end
Forte de São Filipe à Tarrafal : randonnée d'une heure, vue sur la baie magnifique, libre d'accès
Cachupa au Café du Plateau (Praia) : plat traditionnel simple mais généreux, 300 escudos
Chapela locale ligne Sucupira : l'expérience authentique des transports, 100 escudos, chaos garanti
Et au final.
Cap Vert m'a surprise : pas le paradis tropical rêvé, mais une destination brute, avec des villes un peu usées et des plages qu'on doit chercher. La cuisine locale (très de l'amidon) finit par manquer de fraîcheur. À refaire ? Oui, mais d'une semaine plutôt que deux, et en restant un peu plus au large.