Comment ça s'est passé.
On a atterri à Muscat International Airport un mardi à 14 h 30, en plein soleil écrasant. Température au thermomètre : 41 °C à l'ombre. L'odeur de l'air conditionné mélangée à celle du désert m'a frappé dès la sortie de l'avion. Pas désagréable, juste… différent. On a pris un taxi depuis l'aéroport (prix négocié à 18 rials omanais, soit environ 40 euros) jusqu'au Gulf Hotel Muscat, un trois-étoiles discret du quartier de Ruwi. Le chauffeur, Farah, nous a signalé qu'on avait raté l'heure du déjeuner dans la plupart des restaurants : 13 h-16 h, c'est fermé. Info cruciale qu'on a oubliée. Jour 2, levé à 5 h du matin pour rejoindre le fort de Jalali. Impossible à rater : il domine le port de Muscat depuis le XVIe siècle, ses murs gris-beige se découpent contre l'aube rose. La montée a demandé 20 minutes de marche raide, on transpirait déjà à 6 h 30. Là-haut, le silence était presque palpable, juste le bruit d'une brise légère qui longeait les remparts. Aucun autre touriste. On a descendu vers le port pour manger un petit-déjeuner au Karak House (café traditionnel omanais, théier rouge vif d'épices, pain plat, œufs — 3 rials par personne). Le goût du cardamome et de la cannelle dans chaque tasse : ça reste. Le problème : le bus local pour Wadi Bani Khalid, qu'on avait prévu de prendre le jour 4, n'existait pas à l'horaire affiché. On a appris bien tard qu'il n'y a pas de transport public fiable pour les wadis. Arnaque légère avec un taxi blanc qui prétendait nous y emmener (prix de départ : 80 rials) ; on a négocié à 50 rials après 15 minutes de discussion. Le gars roulait comme un fou, musique arabesque à tue-tête. Moment désagréable : on se demandait si on n'allait pas finir au mauvais endroit. Mais Wadi Bani Khalid, une fois arrivés, ça valait chaque centime d'anxiété. L'eau émeraude du bassin central, c'était réel. On a loué une petite barque avec un local, Hassan, qui nous a menés jusqu'à la grotte souterraine — 15 rials. Dans la cavité, l'air était froid, humide, les parois calcaires brillaient sous la lampe torche. Sous l'eau transparent, on voyait des petits poissons. L'odeur de pierre mouillée et d'humidité de grotte, typique, grisant. J'y ai passé 45 minutes à regarder l'eau clapotis contre la roche. Le temps de retour, on a dîné à Qurayyat, petit village côtier au sud de Muscat. Restaurant sans nom apparent, juste des tables sur la plage. Poisson grillé (queenfish local), riz au jasmin, salade de tomate-concombre : 8 rials. Coucher de soleil orange-gris, l'océan Indien clapotant doucement. On aurait pu y rester. Jour 7 : marché de Mutrah. Labyrinthes d'allées étroites, vendeurs qui interpellaient, odeurs mélangées d'encens, de safran, d'épices brûlées. On a acheté un peu d'oud (bois précieux) chez un marchant près de la Mosquée du Sultan Qaboos, section des parfumeurs. Prix : 25 rials pour un petit flacon. Le vendeur, Mohammed, s'est moqué gentiment de notre accent français en anglais. On s'est demandé si on s'était fait arnaquer, mais on s'en foutait : le parfum était bon. Jour 8, randonnée à Jebel Akhdar (montagne verte), région centrale. Montée progressive, air qui refroidissait à chaque 500 mètres d'altitude. À 2 000 m, enfin du soulagement vis-à-vis de la chaleur. En bas, 38 °C ; en haut, 22 °C. Demi-journée de marche, environ 5 km aller-retour. Paysage rocheux, peu d'arbres, vues sur la plaine désertique en contrebas. Auberge locale : The Balcony, petit hôtel simple, prix : 35 rials par nuit (dortoir). On a mangé des brocochettes de viande locale (kebab), du pain lavash, sauce cacahuète-yaourt. Moment marquant négatif : on a raté l'eau chaude au deuxième étage. Douche froide à 19 h quand on avait envie de se détendre. Pas grave, mais ça casse le rythme. Retour à Muscat jour 9. Bus direkt, numéro 32, gare centrale d'Al Muttrah. Temps : 4 h 15. Pas de climatisation digne de ce nom, entassés avec 40 autres passagers. Un enfant a vomi à l'arrière. On en a ri après coup, mais sur le moment… Jour 10 : repos à la plage de Shatti Al Qurm, juste au nord de Muscat. Eau tranquille, peu de monde, sable gris-blanc. On a commandé du jus de mangue frais à un petit café de plage (2 rials), assis sur une chaise en plastique décoloré, les pieds dans le sable encore chaud à 17 h 30. Simple, peu spectaculaire, mais honnête.
Les bons plans repérés sur place.
Fort de Jalali au lever du soleil (5 h 30) : vues sur le port de Muscat, accès libre, parking gratuit à la base du fort
Wadi Bani Khalid (bassin et grotte) : louer une barque avec un local, compter 50-60 rials de taxi depuis Muscat, eau transparente et froide
Marché de Mutrah : le quartier des parfumeurs près de la Mosquée du Sultan Qaboos, oud authentique à 20-30 rials, meilleur après 16 h quand la chaleur baisse
Jebel Akhdar (montagne verte) : auberge The Balcony, randonnée facile de 5 km, relief et fraîcheur à 2 000 m, bus n° 32 depuis Muscat (4 h 15)
Karak House (café traditionnel) : théière rouge d'épices, pain plat, petit-déjeuner à 3 rials, ouvert dès 6 h 30 près du port de Muscat
Photos — Muscat
Et au final.
Oman m'a plu globalement : pas de foule, du calme, de vraies rencontres. La chaleur extrême et l'absence de transport structuré pour les sites majeurs, c'est une galère à gérer. Mais les paysages désertiques et l'eau des wadis compensent largement. Je reviendrais.
