Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport international de Muscat un jeudi soir à 22 h 30, après un vol direct avec Oman Air depuis Paris. Franchement, on s'attendait à la chaleur, mais pas à cette bouffée d'air qui te rentre dans les poumons comme du coton mouillé. Même à cette heure, le thermomètre affichait 38 °C. Le taxi depuis l'aéroport jusqu'à notre hôtel (le Barr Al Jissah Resort, à 35 km au nord-est) nous a coûté 18 OMR (environ 43 euros), trajet de 45 minutes sur la route côtière. Le premier matin, levée à 5 h pour attraper le lever du soleil depuis la plage privée de l'hôtel. C'était notre moment marquant : l'eau de la baie était étale, le ciel passant du violet presque noir au rose pâle en trois minutes, et on sentait cette odeur de sel mélangée à celle du jasmin qui pousse partout dans les jardins de l'établissement. Petit déjeuner buffet à 12 OMR (28 euros) : dates fraiches, fromage blanc, pains faits maison. Pas de reproche. Deuxième jour direction Muscat city center en minibus local (3 OMR, soit 7 euros, bus n°7 depuis la station centrale). On a visité le Souk Al Athary, le marché traditionnel qui sent l'encens, l'ambre gris et les épices brûlées. Ça m'a pris à la gorge les premières minutes. Les vendeurs de khohl (noir pour les yeux) nous ont harcelés, évidemment, mais sans agressivité. On a acheté du frankincense omanais (15 OMR les 100 grammes, soit 35 euros). Lunch à proximité au restaurant Al Angham : un plat de shuwa (viande d'agneau marinée cuite au feu, spécialité locale) pour 8 OMR (19 euros), avec du khubz (pain plat). C'était salé, riche, mais bon. Visite du Palais Al Alam le mercredi matin à 9 h 30 (4 OMR d'entrée). C'est un édifice blanc immense, résidence du Sultan, et on peut voir que la façade depuis la rue. Les photos de la famille royale et le protocole strict rappellent que c'est un pays monarchique sans blague. Les gardes en uniforme rouge bordeaux nous ont demandé de nous éloigner rapidement. Pas idéal pour les clichés Instagram, mais ça m'a fait réaliser qu'Oman n'est pas une destination de masse tourisme. Le jour 4, excursion d'une journée dans le Wadi Shab, un canyon avec des piscines naturelles. On a loué un 4x4 avec un guide local (Ahmed) via notre hôtel pour 45 OMR (105 euros) pour deux. Trajet de 1 h 30 vers le sud-est. La route monte, descend, les paysages deviennent rocailleux, ocre, presque lunaires. On a marché 45 minutes dans le wadi, pieds nus, dans l'eau jusqu'aux genoux, avec cette sensation de fraîcheur qu'on attendait depuis le début du séjour. La grotte à l'intérieur était spectaculaire, humide, avec cette acoustique bizarre où chaque bruit résonne. Ahmed a crié « Oman ! » et son cri a rebondi au moins cinq fois. Une baignade glacée dans la piscine souterraine, moment magique mais honnêtement un peu glauque avec les stalactites au-dessus. Mais là, galère : au retour, le 4x4 a calé deux fois en montée. Ahmed a dû appeler un mécanicien (45 minutes d'attente dans le wadi à cuire sous le soleil). On a finalement quitté les lieux vers 17 h au lieu de 15 h prévues. Pas un désastre, juste énervant, et ça montre que même les services touristiques en Oman ne sont pas hyper fiables. Les deux derniers jours, on s'est concentrés sur Muscat même : le Musée d'Oman (6 OMR, 14 euros), plutôt bien fait avec des explications sur le commerce maritime historique et les routes de l'encens. Dîner au restaurant français Le Petit Parisian (oui, curieux pour Oman) : escalope milanaise 12 OMR (28 euros), assez correct mais sans plus. On a compris que la cuisine locale meilleure s'encontrait à bas prix, pas en version « occidentalisée ». Dernière visite : la Corniche de Muscat en fin d'après-midi, vers 17 h quand la chaleur baisse enfin. Promenade de 2 km le long de la baie, marchands de jus de fruits frais sur les bancs (jus d'orange et grenade pour 1,5 OMR, 3,5 euros, délicieux et frais). Le soleil qui descend, c'est beau. On a vu trois femmes en niqab noir complet, des familles en habits traditionnels, des touristes russes en short qui se prenaient des regards désapprobateurs. C'est un mélange intéressant, pas homogène.
Les bons plans repérés sur place.
Wadi Shab avec Ahmed comme guide local : piscine souterraine glacée et grotte étouffante, trajet 4x4 depuis Muscat 1 h 30
Souk Al Athary tôt le matin (avant 9 h) : odeur d'encens intense, vendeurs moins agressifs, frankincense vrai à 15 OMR
Plage privée du Barr Al Jissah à l'aube (5 h-6 h) : lever de soleil silencieux, eau calme, café chaud inclus
Restaurant Al Angham pour le shuwa local (8 OMR) : meilleure bouffe omanaise, petite rue du vieux Muscat
Corniche de Muscat en fin d'après-midi (16 h-18 h) : jus de fruits frais, mélange de cultures visibles, moins touristique qu'on pense
Photos — Muscat
Et au final.
Oman m'a surprise. Ce n'est pas la destination touristique hyper packagée, il faut accepter un peu de désordre logistique et de déceptions mineures. Mais la beauté brute des wadis, la gentillesse des gens, et cette atmosphère décalée loin du tourisme de masse, ça vaut le coup. Ce qu'on a moins aimé : les rues principales de Muscat sont moches, très construites récemment, bétonnées. Pas le contraste historique qu'on espérait.








