Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport international de Moroni à 16 h 30 via Air Austral. La chaleur m'a frappé d'abord, 28 °C malgré l'heure tardive, puis l'odeur très prenante du port : sel, poisson fumé, diesel. Les douaniers ont contrôlé mon passeport sans vraiment me regarder. Taksi noir et blanc jusqu'à l'Hôtel Moroni Palace (Rue du Docteur Badache), 80 euros la nuit. La chambre sentait la moisissure et la clim crachotait. J'ai décidé de ne pas traîner. Jour 2, j'ai pris un petit-déjeuner au café du marché central de Moroni vers 7 h 30. Deux œufs, du pain beurre-miel et un jus de papaye frais : 5 euros. L'endroit grouillait de monde, étalages de poisson frais, tomates, fruits de la passion. Un vendeur m'a proposé une « visite exclusive » à 200 euros — c'était clairement du bluff, j'ai refusé. Première galère : le guichet du port pour les ferries vers Anjouan n'était ouvert que le matin, j'ai perdu 2 h 30 à attendre une réponse. Traversée vers AnjouanLe ferry « Lalatanya Express » part à 10 h précises le mardi et le vendredi. 30 euros l'aller. L'embarquement ressemblait à un match de rugby : malles empilées, enfants, poules dans des caisses. La traversée a duré 3 h 45. Le goût du sel dans mes lèvres, le bruit des moteurs diesel assourdissant. Arrivée à Mutsamudu, le port d'Anjouan, avec cette odeur très différente : noix de coco, bois mouillé, absence de pollution. Plus petit, plus respirant que Moroni. J'ai dormi deux nuits à l'Auberge Voa Voa (en montée du port), tenue par une femme comorienne nommée Fatima. 65 euros avec petit-déjeuner. Elle m'a conseillé de ne pas traîner seul après 19 h en ville — des sacs à main volés parfois, mais « rien de grave » selon elle. Son sourire m'a rassuré, son honnêteté aussi. Plages et difficultés réellesPlage de Haoma à 20 km au sud : sable noir volcanique, eau à 27 °C, presque vide. Y aller en minibus de ligne (numéro 7, départ 8 h de la gare routière de Mutsamudu) : 4 euros. Le chauffeur a pris quatre autres passagers en chemin, sans vraiment de destination fixe. Durée du trajet : 1 h 20 avec arrêts. J'ai eu peur une seconde quand la route a flanché sur le bord d'une falaise — le minibus a continué sans que personne ne s'inquiète. Baignade de 2 h. L'eau était calme, bleuâtre, presque tropicale malgré les coraux qui éraflaient les pieds. Jour 4, j'ai visité la réserve de Nioumachoua. Bivouac de tortues marines en juin-juillet. Décembre, pas de tortues, juste des rochers volcaniques et des falaises vertigineuses. Guide nommé Hassan (50 euros pour 3 h) : c'était son travail, il parlait peu, pointait du doigt. Une scène difficile : des débris de plastique partout dans l'eau, bouteilles, filets. Le silence sur ce sujet était lourd. Hassan a haussé les épaules. Nourriture et vie quotidienneRepas typique au restaurant du port de Mutsamudu : riz, poisson grillé à la vanille, sauce coco. 8 euros, excellent. L'eau du robinet n'est pas sûre, je n'ai bu que de l'eau minérale. Pain d'épices comorien acheté au marché de Mutsamudu (1 euro), sucré et beurré, vendu par une vieille femme à l'étage du marché couvert. Les jus de fruits frais : papaye, mangue, goyave, tous entre 1,5 et 2 euros. Goût trop bon, je ne peux même pas m'expliquer. Internet est lent partout. Orange Comores (carte SIM 10 euros) : connexion 3G aléatoire. J'ai perdu un jour de travail à cause de ça. Les gens parlent français, comorien, un peu d'arabe. Les habitants sont réservés au premier abord, puis très ouverts si on montre du respect. Pas de « bobo » touristique ici. Retour difficileJour 10, le ferry de retour vers Moroni a eu 3 h de retard. Raison : il pleuvait, la mer était trop agitée. J'ai attendu au port dans un petit café, rhum-coke à 3 euros, en regardant des enfants jouaient avec un vieux pneumatique. Le moment marquant : une femme m'a demandé d'où je venais, lui ai dit la France. Elle m'a parlé de son fils à Lyon, parti depuis sept ans, elle avait sa photo sur son téléphone. Pas d'internet, juste des SMS une fois par mois. Elle souriait en parlant, mais les yeux tristes. Quatre minutes de conversation, elle m'a donné une banane. Retour à Moroni. Dernier repas à l'Hôtel Moroni Palace : fruits de mer, huître, crevettes grillées. 16 euros. Décollage à 22 h via Air Austral. Les Comores, c'est loud, c'est lent, c'est désorganisé, mais on sent une vie qui coule à son rythme. Pas de machine de tourisme.
Les bons plans repérés sur place.
Marché central de Moroni le matin (7 h-9 h) : fruits frais, ambiance chaotique, jus de papaye à 2 euros
Ferry Lalatanya Express vers Anjouan (30 euros, 3 h 45) : prendre un siège avant, vitré, sinon éclaboussures
Plage de Haoma (minibus ligne 7, 4 euros, 1 h 20) : sable noir, eau à 27 °C, coraux tranchants sous les pieds
Réserve de Nioumachoua avec Hassan (50 euros, 3 h) : falaises vertigineuses, mauvais état écologique, peu de touristes
Restaurant du port de Mutsamudu : riz-poisson grillé-sauce coco (8 euros), ouvert jusqu'à 20 h, pas de menu écrit
Photos — Moroni, Anjouan
Et au final.
J'ai aimé l'authenticité des gens, la nourriture, les plages désertes. Les difficultés logistiques (ferries imprévisibles, internet défaillant, petites escrocs au port) m'ont frustré. Je reviendrais, mais plus court, avec moins d'attentes.

