Moroni et l'archipel des Comores : entre volcan endormi et chaos administratif
CarnetComores202610 jours

Moroni et l'archipel des Comores : entre volcan endormi et chaos administratif

On a atterri à l'aéroport international de Moroni un mardi vers 14 h 30, après un vol Air Austral depuis La Réunion. Le contrôle des passeports a pris deux heures. Deux heures. Une employée en uniforme blanc cassé me…

SO
Publié le · mis à jour le
10 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On a atterri à l'aéroport international de Moroni un mardi vers 14 h 30, après un vol Air Austral depuis La Réunion. Le contrôle des passeports a pris deux heures. Deux heures. Une employée en uniforme blanc cassé me demandait sans arrêt si mon visa était « vraiment valide », alors qu'il l'était. C'était notre première galère, mais on ne savait pas que ça en était une — ça semblait juste être comment fonctionnaient les choses ici. On s'est installé à l'hôtel Galawa Beach Club, une construction de deux étages peinte en bleu délavé, face à l'océan Indien. La chambre donnait sur la plage, mais pas vraiment une vraie plage : plutôt un cordon de sable gris clair où des gamins jouaient au foot avec une balle dégonflée. Le gérant, Hassan, nous a dit que la vraie plage était à Itsandra, à vingt minutes en taxi. Il avait raison. Les premiers jours : Moroni en vraiOn a passé nos journées à marcher dans les rues étroites du centre-ville. La Grande Mosquée, avec sa façade blanche et son minaret octogonal, dominait la place du Marché Central. Vers midi, l'odeur du charbon de bois des petits restaurants de rue montait du bitume surchauffé — une odeur métallique, presque insoutenable. On a mangé au Café du Coin, un petit établissement sans vraie devanture, juste des tables en plastique. Le patron, un homme d'une soixantaine d'années avec un sourire édenté, nous a proposé du riz aux crevettes accompagné de bananes plantain frites. C'était bon. Vraiment bon. Moins de 3 euros le repas. Le marché central puait le poisson. Littéralement. Les crevettes étaient étalées sur des blocs de glace qui fondaient depuis le matin, et la plupart des vendeurs ne portaient pas de masque. Un vendeur de noix de coco râpées, un sac blanc de 10 kg, demandait 500 francs comoriens (un peu plus d'un euro). Vu que c'était notre première fois, on ne savait pas si c'était cher ou pas. On a acheté. Ç'a gâché notre journée de repérage. Karthala : la montée qui tueLe quatrième jour, on a décidé de monter le volcan Karthala. 2 361 mètres d'altitude. On s'est levés à 4 h 45 du matin pour un départ à 5 h 30 avec un guide qui s'appelait Brahim et qu'Hassan nous avait recommandé. Brahim avait trente-cinq ans, portait des Crocs, et ne parlait que le comorien et le français très approximatif. On a roulé en Renault Espace jusqu'à Moroni-Bandar, puis on a marché. Les quatre premières heures, c'était de la forêt dense, humide, avec des odeurs de terre mouillée et de feuillage pourrissant. La température était acceptable, genre 20 degrés. Ensuite, ça devient de la roche volcanique noire. Du basalte. Les derniers 800 mètres, c'est du pur effort physique sans beauté paysagère. On croise des randonneurs qui descendent, complètement crevés. À 11 h 15, on arrive au sommet. Il y a un cratère béant, des fumerolles qui montaient, et un froid sec qu'on n'attendait pas. On pouvait voir l'île Grande Comore dans son entier, puis l'océan jusqu'à l'horizon. On s'est assis sur des rochers. Brahim a sorti une bouteille de coca à température ambiante (horrible). On a mangé des biscuits. Et là, franchement, j'ai eu un moment où j'ai pensé : « Pourquoi on est venus ici ? » Pas d'émotion transcendante. Juste de la fatigue et des jambes qui brûlaient. On a redescendu en quatre heures, les genoux en compote. Brahim a demandé 50 euros. On en a donné 60 parce qu'il faisait chaud et qu'il nous portait presque. Anjouan et ses petits bonheursOn a pris le bateau de la compagnie Mwali Ferry pour Anjouan (aussi appelée Nzwani). Une traversée d'une heure, un bateau bleu et blanc qui tenait à peu près debout. Une autre heure d'attente avant le départ. Un vendeur à bord proposait du thé à la gingembre dans des petits verres en plastique pour 500 francs — c'était le meilleur thé qu'on a bu du voyage, chaud et avec un goût réel de gingembre frais. On a débarqué à Mutsamudu, le port principal. La ville s'étale sur une colline, colorée mais complètement surpeuplée. On s'est perdu en cherchant notre guesthouse, et un motard nous a arnaqués sur le prix de la course — il en demandait le double du tarif normal. Mais bon, on l'a compris seulement en parlant avec d'autres touristes après. Le gâchis est fait. Notre guesthouse était au-dessus d'un petit restaurant servant des plats locaux. Urojo, matoke, riz à la noix de coco. On y a mangé tous les soirs. La proprio, Amina, cuisinait devant nous sur un réchaud à gaz. Elle parlait français, et on a passé trois heures à discuter de ses enfants, de la vie aux Comores, de la corruption locale. C'est les moments comme ça qui méritent d'être gardés en mémoire. Retour et bilanOn a repris le ferry. On a passé nos derniers jours à Moroni à traîner au Galawa, à relire nos notes, à discuter de ce qu'on avait vu. Les Comores, c'est compliqué d'accès, pas toujours facile, avec une infrastructure touristique quasi inexistante. Mais c'est un endroit où tu parles vraiment aux gens, où tu manges ce qu'ils mangent, où tu sens qu'aucun algorithme Instagram ne t'a vendu une image préconfigurée.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Volcan Karthala depuis le sommet : vue sur tout l'archipel, petit matin glacé, effort surhumain mais souvenir intact

2

Marché Central de Moroni : odeur intense du poisson, vendeurs de fruits tropicaux, dédales de petites rues marchandes

3

Mutsamudu (Anjouan) : petite table à côté du port chez Amina où manger l'urojo frais et discuter trois heures avec la proprio

4

Itsandra Beach Club : plage tranquille avec sable blanc, à 20 minutes en taxi du centre, bar qui sert du vin blanc réfrigéré

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Café du Coin à Moroni : riz aux crevettes à moins de 3 euros, cadre sans prétention, meilleure bouffe locale du séjour

Album · 9 photos

Photos — Moroni

Moroni et l'archipel des Comores : entre volcan endormi et chaos administratif
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Conclusion

Et au final.

Les Comores, c'est pas un coup de cœur immédiat. C'est un endroit qu'on respecte parce qu'il te force à arrêter d'être un touriste et à juste exister. Cela dit, les retards, les petites arnaches, et l'instabilité politique qu'on a vaguement sentie ne facilitent pas le voyage. À recommander à ceux qui cherchent du vrai, pas à ceux qui veulent juste une plage agréable.

En résumé

Avis Moroni : carnet de voyage de 10 jours par sophierameur

Destination
Moroni →
Pays
Comores →
Durée
10 jours
Période
septembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@sophierameur →
L'essentiel

Moroni en bref

Pourquoi choisir Moroni

  • Authentique et préservé du tourisme de masse et des images Instagram préconfigurées
  • Volcan Karthala accessible : sommet à 2361 mètres avec cratère actif et fumerolles
  • Archipel multiculturel avec îles distinctes comme Anjouan à explorer en ferry
  • Gastronomie locale exceptionnelle à bas coût dans les petits restaurants
  • Rencontres humaines profondes loin des circuits touristiques conventionnels

Pour qui ?

  • Voyageurs en quête d'authenticité et d'expérience brute
  • Randonneurs et amateurs de volcans actifs
  • Couples cherchant à fuir le tourisme de masse
  • Voyageurs expérimentés tolérant l'improvisation et les imperfections
  • Personnes intéressées par l'Afrique de l'Est non conventionnelle

À éviter si…

  • Vous recherchez un confort touristique standard ou une infrastructure hôtelière développée
  • Vous êtes impatient face aux délais administratifs et bureaucratiques prolongés
  • Vous souhaitez éviter les petites arnaques sur les prix des transports informels
  • Vous avez besoin d'une stabilité politique et économique sans équivoque
À découvrir aussi
Aéroport international de MoroniGrande Mosquée de MoroniMarché Central de MoroniVolcan KarthalaÎle Grande ComoreÎle Anjouan (Nzwani)MutsamuduItsandraMoroni-BandarOcéan IndienLa RéunionGalawa Beach Club

Photos communautaires : Moroni

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Moroni Medina
Moroni Medina
© D-Stanley
Moroni, Grand Comore
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© Woodlouse
Moroni
Moroni
© TheLizardQueen
Musee des Comores
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© D-Stanley
Comorian Woman
Comorian Woman
© D-Stanley
French Baguettes
French Baguettes
© D-Stanley
Old Market
Old Market
© D-Stanley
Moroni harbour, Grand Comore
Moroni harbour, Grand Comore
© Woodlouse
Questions fréquentes

FAQ — Moroni

Combien de temps faut-il pour monter le volcan Karthala ?

L'ascension du Karthala (2361 mètres) prend environ 6 heures aller. Les quatre premières heures traversent une forêt dense et humide, puis la roche volcanique devient progressivement basaltique. La descente prend environ 4 heures. Il est conseillé de partir très tôt le matin (5h30) avec un guide local expérimenté comme Brahim.

Quel est le meilleur moyen de transport entre les îles de l'archipel ?

Le ferry Mwali Ferry relie Moroni à Anjouan (Nzwani) en une heure de traversée. Le bateau est basique mais fonctionnel. Prévoir une à deux heures d'attente avant le départ. Le trajet coûte environ 500-1000 francs comoriens par personne.

Combien coûte un repas dans les restaurants locaux de Moroni ?

Les petits restaurants de rue comme le Café du Coin proposent des repas complets (riz aux crevettes, bananes plantain frites) pour moins de 3 euros. Les guesthouses touristiques avec cuisine maison pratiquent des tarifs similaires, permettant une nourriture authentique à très bas coût.

Quels sont les délais aux contrôles de douane à Moroni ?

Le contrôle des passeports à l'aéroport international peut être très long : environ 2 heures n'est pas exceptionnel. Les procédures sont rigoureuses et parfois pointilleuses. Il est conseillé de prévoir du temps et d'avoir tous les documents de visa parfaitement en ordre.

Où dormir à Moroni avec vue sur l'océan ?

L'hôtel Galawa Beach Club offre des chambres avec vue sur l'océan Indien dans un bâtiment de deux étages peint en bleu. La plage attenante n'est pas idéale, mais le gérant Hassan peut recommander d'autres plages comme celle d'Itsandra, à 20 minutes en taxi.

Y a-t-il une vie nocturne à Moroni ?

Le récit ne mentionne pas de vie nocturne active. Moroni semble être une destination plutôt tranquille où l'accent est mis sur les explorations diurnes, la cuisine de rue et les rencontres humaines plutôt que sur les divertissements après la tombée du jour.

Faut-il un guide pour randonnées aux Comores ?

Un guide local est fortement recommandé, notamment pour l'ascension du Karthala. Brahim, un guide francophone (environ 60 euros pour la journée), connaît bien les chemins et peut aider en cas de problème. Les guides maîtrisent souvent le comorien et un français approximatif.