Moroni et Grande Comore : entre épices, chaos routier et couchers de soleil sur l'océan Indien
CarnetComores202610 jours

Moroni et Grande Comore : entre épices, chaos routier et couchers de soleil sur l'océan Indien

Nous avons atterri à l'aéroport international de Moroni en fin d'après-midi, avec un retard de quatre heures sur Air Austral. La piste était craquelée, les bâtiments colonial délabrés. L'air était chaud, humide, saturé…

SA
Publié le · mis à jour le
10 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons atterri à l'aéroport international de Moroni en fin d'après-midi, avec un retard de quatre heures sur Air Austral. La piste était craquelée, les bâtiments colonial délabrés. L'air était chaud, humide, saturé d'une odeur de sel et de feu de bois que je n'oublierai pas. À la douane, un agent nous a demandé si nous avions des « cadeaux » pour lui — moment gênant où mon mari n'a pas compris d'abord qu'il nous demandait carrément un pot-de-vin. On a continué. Le taxi (une vieille Peugeot 505 jaune, immatriculée KM-2847) nous a menés jusqu'à l'hôtel Moroni Beach, situé sur le front de mer, rue du Général Abdoulhamid. L'établissement affichait « 3 étoiles » mais ressemblait plus à du 2. Le climatiseur faisait un bruit infernal. On a dîné ce soir-là au restaurant de l'hôtel : un riz aux calamars banal à 15 euros, accompagné d'une Coelacanth (bière locale) à 2,5 euros. Le serveur avait oublié notre commande pendant 40 minutes. Les marchés et les saveursLe lendemain, nous avons pris un taxi-brousse numéro 7 (minibus bleu délavé, très chaud, très bondé) pour rejoindre le grand marché de Moroni, le Souk du Lundi, ouvert tous les jours. Les odeurs nous ont submergés : épices de clou de girofle, crevettes séchées, bananes trop mûres. Une femme vendait des petits pains frits appelés « mandra » pour 20 francs comoriens (0,04 euros). Nous en avons mangé trois, c'était sucré, gras, délicieux. Un moment mémorable : une enfant m'a souri en me voyant goûter et ne pas faire la grimace. J'ai acheté une petite fiole de vanille de Comores chez un commerçant appelé Hassani (pas de devanture, juste une chaise sous un parasol). Il m'a assuré qu'elle venait de sa propre plantation. Vraiment meilleure que celle qu'on trouve en métropole, plus riche, plus noire. Elle m'a coûté 12 euros. Une arnaque ou une vraie bonne affaire, je n'en suis toujours pas certaine. Plage de Nioumachoua et premières galèresNous avons loué une voiture pour deux jours avec une petite agence locale, « Iles Bleues Car Rental ». Le contrat était presque illisible, écrit au stylo à bille sur un papier jauni. La voiture, une Toyota Corolla 2008, sentait la cigarette très forte et l'un des essuie-glaces ne fonctionnait pas. Nous nous sommes dirigés vers la plage de Nioumachoua, à 25 kilomètres au sud de Moroni. La route était semée d'ornières, nous avons croisé deux troupeaux de zébus au milieu de la chaussée. La plage elle-même était recouverte de débris : bouteilles en plastique, filets de pêche, quelques pneus. Pas l'image de la brochure touristique. Nous y avons passé malgré tout trois heures. Le sable était gris, assez fin. L'eau à 29 degrés, un peu grasse à cause des algues. Aucun autre touriste. Un pêcheur nous a vendu des mangues fraîchement cueillies pour 1,5 euros le kilo. Elles avaient un goût explosif, sucré, légèrement musqué. Moroni la ville et ses façades fissuréesNous avons passé deux jours à explorer le centre-ville de Moroni à pied. La Grande Mosquée (construite en 1427) nous a fascinés, avec ses carreaux bleus et ses murs épais. Impossible d'y entrer en tant que non-musulmans, mais nous avons pu l'observer de l'extérieur. Le Palais du Gouverneur était fermé. Les rues du quartier historique de Badjanani sentaient fortement l'urine, les murs étaient couverts de graffitis, les bâtiments en pierre dataient du 18e siècle mais s'effondraient lentement. Nous avons mangé du riz aux fruits de mer au restaurant « Le Lagon Bleu » (rue de l'Indépendance). C'était bon, préparé devant nous, à 18 euros le plat. Le patron, Ahmed, nous a parlé pendant une heure du tourisme d'avant 1995, de quand les hôtels étaient pleins. Aujourd'hui, les Comores reçoivent à peine 20 000 touristes par an. Retour et bilan mitigéAu moment du départ, la route de l'aéroport était inondée suite à une pluie d'une heure. Notre taxi nous a pris un détour chaotique, et nous avons manqué de peu notre vol. Cet incident a gâché l'agréabilité de nos dernières heures sur l'île.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Souk du Lundi à Moroni : arriver tôt (6 h 30), goûter les mandra frits et négocier la vanille locale chez les commerçants autour des piliers centraux

2

Plage de Nioumachoua : à 25 km sud, peu fréquentée, mangues fraîches vendues par les pêcheurs (1,5 € le kilo)

3

Grande Mosquée de Moroni (quartier Badjanani) : architecture du 15e siècle, carreaux bleus, accès extérieur

4

Taxi-brousse ligne 7 du marché : expérience locale authentique, minibus bondé, 1,2 euros la place

5

Restaurant Le Lagon Bleu rue de l'Indépendance : riz aux fruits de mer frais, 18 euros, patron Ahmed raconte l'histoire de l'île

Album · 7 photos

Photos — Moroni, Grande Comore

Moroni et Grande Comore : entre épices, chaos routier et couchers de soleil sur l'océan Indien
Moroni, Grande Comore — 2
Moroni, Grande Comore — 3
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Moroni, Grande Comore — 7
Conclusion

Et au final.

Les Comores m'ont surprise, mais pas toujours positivement. Le charme des petits marchés et la gentillesse des gens compensation un peu l'état des routes, la pauvreté visible et les infrastructures fragiles. Je ne reviendrais pas, mais je ne regrette pas d'être allée.

En résumé

Avis Moroni, Grande Comore : carnet de voyage de 10 jours par sarahvoyageest

Destination
Moroni, Grande Comore
Pays
Comores
Durée
10 jours
Période
août · Été
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@sarahvoyageest
L'essentiel

Moroni, Grande Comore en bref

Pourquoi choisir Moroni, Grande Comore

  • Marchés authentiques saturés d'épices et spécialités culinaires locales rares
  • Destination peu touristique conservant une réelle authenticité et vie locale
  • Plages sauvages et peu fréquentées avec eau chaude toute l'année
  • Monuments historiques du 15e-18e siècle accessibles librement en centre-ville
  • Vanille et fruits de Comores réputés d'excellente qualité et afordables

Pour qui ?

  • Voyageurs cherchant authenticité loin des circuits touristiques classiques
  • Amateurs de gastronomie locale et de marchés exotiques authentiques
  • Couples tolérants aux infrastructures basiques et conditions rustiques
  • Photographes intéressés par l'architecture coloniale décadente et vie quotidienne
  • Explorateurs appréciant les destinations peu fréquentées et difficiles d'accès

À éviter si…

  • Vous exigez confort hôtelier, climatisation fonctionnelle et service impeccable
  • Vous ne tolérez pas routes dégradées, transports chaotiques et aléas météorologiques
  • Vous recherchez plages immaculées sans pollution plastique
  • Vous attendez tourisme organisé, infrastructure établie et sécurité garantie
À découvrir aussi
Aéroport international de MoroniHôtel Moroni BeachSouk du LundiPlage de NioumachouaGrande Mosquée de MoroniPalais du Gouverneur de MoroniQuartier historique BadjananiRestaurant Le Lagon BleuIle de Grande ComoreIles Bleues Car RentalOcéan IndienMont Karthala

Photos communautaires : Moroni, Grande Comore

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Moroni Medina
Moroni Medina
© D-Stanley
French Baguettes
French Baguettes
© D-Stanley
Comorian Woman
Comorian Woman
© D-Stanley
Collecting Water
Collecting Water
© D-Stanley
Local Life
Local Life
© D-Stanley
Moroni
Moroni
© TheLizardQueen
Old Market
Old Market
© D-Stanley
Ancienne Mosquee du Vendredi
Ancienne Mosquee du Vendredi
© D-Stanley
Questions fréquentes

FAQ — Moroni, Grande Comore

Quels sont les principaux marchés à visiter à Moroni ?

Le Souk du Lundi est le grand marché de Moroni, ouvert tous les jours malgré son nom. Vous y trouverez des épices (clou de girofle), crevettes séchées, fruits frais et spécialités locales comme les mandra (petits pains frits). Le vendeur Hassani y propose aussi de la vanille de Comores réputée supérieure à celle de métropole.

Quel est l'état des routes à Moroni et Grande Comore ?

Les routes sont très dégradées avec ornières importantes, encombrement d'animaux (zébus) et aléas météorologiques. La route de l'aéroport peut être inondée après une pluie. La location de voiture est possible auprès d'agences locales comme Iles Bleues Car Rental, mais les véhicules sont parfois usagés et contrats peu formels.

Quelles plages recommandez-vous à Moroni ?

La plage de Nioumachoua, à 25 km au sud de Moroni, offre du sable gris fin et une eau à 29 degrés. Elle est peu fréquentée touristiquement mais pollue par des débris plastiques et filets de pêche. Pêcheurs locaux y vendent des mangues fraîches de excellent qualité.

Quel budget prévoir pour manger à Moroni ?

Compter 15-18 euros pour un plat au restaurant (riz aux calamars ou fruits de mer), bière locale à 2,50 euros. Mandra (pain frit) à 0,04 euros l'unité au marché. Mangues fraîches chez les pêcheurs à 1,50 euros le kilo. Vanille locale entre 10-12 euros la fiole chez les vendeurs du marché.

Quels monuments historiques voir à Moroni ?

La Grande Mosquée, construite en 1427, est remarquable avec ses carreaux bleus et murs épais, bien qu'inaccessible aux non-musulmans. Le Palais du Gouverneur et le quartier historique de Badjanani offrent architecture du 18e siècle, mais les bâtiments sont en mauvais état. Les rues sentent fortement l'urine.

Quel est le flux touristique aux Comores ?

Les Comores reçoivent à peine 20 000 touristes par an. Moroni était bien plus touristique avant 1995 selon les restaurateurs locaux. C'est une destination très peu fréquentée, offrant une expérience d'authenticité mais avec infrastructures touristiques limitées.

Comment se déplacer à Moroni ?

Les taxis-brousse (minibus de couleur vive, très bondés et chauds) desservent les principaux axes. Louez une voiture auprès d'agences locales pour plus de liberté, mais préparez-vous aux conditions routières difficiles et contrats peu formels.

Que ramener de Moroni comme souvenirs ?

La vanille de Comores réputée d'excellente qualité et plus riche qu'en métropole, négociable auprès des commerçants du marché. Les épices locales (clou de girofle notamment) sont aussi typiques et abordables.