Moroni et Grande Comore : entre chaos urbain et plages oubliées
CarnetComores202612 jours

Moroni et Grande Comore : entre chaos urbain et plages oubliées

Arrivée à Moroni le 14 février en fin d'après-midi sur Air Austral (vol direct de La Réunion, 45 min). L'aéroport Hahaya est minuscule, contrôle des bagages sans scanner, agent douanier qui demande pourquoi je venais…

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Publié le · mis à jour le
12 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Arrivée à Moroni le 14 février en fin d'après-midi sur Air Austral (vol direct de La Réunion, 45 min). L'aéroport Hahaya est minuscule, contrôle des bagages sans scanner, agent douanier qui demande pourquoi je venais aux Comores : réponse légitime, mais ambiance tendue. Taxi jusqu'à l'hôtel Karthala Palace (rue du 28 novembre, le long du port) : trajet 20 min dans les rues défoncées, odeur de diesel mélangée à celle du poisson séché entreposé sur les trottoirs. Chambre basique, climatisation cassée, prix : 65 euros la nuit. Pas grave, on s'attend au pire aux Comores. Les deux premiers jours, j'ai exploré le centre de Moroni à pied. Le vendredi matin, levé à 6 h pour l'appel à la prière : son grave des haut-parleurs des mosquées dans toute la ville, moment étrange et beau. Marché Volo Volo : crush de gens, fruits exotiques empilés (mangues à 0,50 euro, bananes très jaunes), femmes avec des foulards colorés. J'ai acheté un jus de coco frais à un gamin, il l'a ouvert à la machette devant moi, prix : 0,30 euro. J'ai rempli mes poches de pulpe de coco. Galère le jour 3 : prévu de prendre un bus pour Anjouan (l'île voisine). Promesse d'une traversée en ferry à 10 h. Arrivé à 9 h 45 au port, bateau pas encore là. Attente 3 heures assis sur un banc en béton, le soleil tapait fort, température ressentie 38°C. Le ferry est arrivé à 13 h, cassé de partout, traversée 2 heures avec 150 passagers entassés. Nausée. Plus jamais. J'ai opté pour rester sur Grande Comore après ça. Jours 4-6 : plages de la côte est. J'ai loué un petit bungalow à Itsandra, village côtier à 30 km de Moroni (13 euros/nuit, propriétaire comorien nommé Mohamed, très sympa). Plage de sable blanc mais parsemée de détritus de plastique. L'eau était tiède, 27°C, pas de vagues. J'ai nagé seul certains matins avant 7 h. Restaurant du coin (chez Mama Amina) : plat de poisson grillé avec riz pilaf, 4 euros. Bon. Les trois hommes assis à côté de moi regardaient ma montre sans arrêt. Pas menaçant, juste les regards insistants des endroits pauvres. Jour 5, excursion au volcan Karthala (2360 m). J'ai pris un guide local (Hassan, retrouvé via Mohamed) : 40 euros les deux jours. Montée le matin à 4 h 30 depuis le village de Mtsapéré. Chemin raide, végétation tropicale qui se clairsème. À 1500 m, odeur de soufre qui commence, prise de tête légère. Au sommet, le cratère : fumées jaunes, paysage lunaire. Hassan a dit que la dernière éruption était en 2005. On a dormi une nuit dans une cabane humide construite en tôle. Température la nuit : 12°C en altitude, j'ai grelotté avec ma veste de rando. Descente le jour 6, genoux à vif. Jour 7-8 : retour à Moroni. Café au lait et pain à la boulangerie Saada (rue de la Paix) : 1,20 euro. Bien. Après-midi visite musée du Palais du Sultan Said Ali à Moroni : 5 euros, petit bâtiment blanc, expo de photos anciennes et de vêtements traditionnels, peu entretenu mais pas sans intérêt. Gardien m'a parlé de l'histoire islamique de l'île, en français correct. J'ai rien compris à moitié mais j'ai écouté. Jour 9 : journée ratée. Monnaie locale (franc comorien) introuvable dans les banques de Moroni. Échange euros à l'hôtel à taux pourri. ATM à côté de la pharmacie Khamis : machine en panne. Frustration. Jour 10-11 : plage nord à Mitsamiouli, petit village très calme, promenade sans but. Repas chez habitant arrangé par Mohamed : couscous comorien avec sauce tomate, goût riche et salé, famille sympa qui m'a montré comment on roule le couscous à la main. Repas gratuit, j'ai laissé 15 euros. Jour 12 : vol retour. Aéroport Hahaya à 14 h. Les Comores, c'est pas un endroit où on se sent à l'aise tout le temps. Infrastructure faible, transport chaotique, pauvreté visible. Mais les gens sont honnêtes, pas agressifs, la nourriture est simple et bonne quand on la trouve. Les paysages sont réels, pas construits pour touristes.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Volcan Karthala avec guide local Hassan : lever à 4 h 30, sommet avec fumées jaunes et cratère visible, nuit en cabane glaciale à 2300 m

2

Marché Volo Volo de Moroni le vendredi : jus de coco ouvert à la machette, fruits au sol, atmosphère dense sans être piégée

3

Ferry Moroni-Anjouan : 3 h d'attente, traversée 2 h en bateau cassé avec 150 passagers (à éviter ou prévoir stoïcisme)

4

Plage d'Itsandra en fin de journée après 17 h : eau tiède, soleil orange, aucun touriste, détritus plastique en bordure

5

Restaurant Mama Amina à Itsandra : poisson grillé entier avec riz, 4 euros, patron comorien qui propose du thé gratuitement

Album · 10 photos

Photos — Moroni

Moroni et Grande Comore : entre chaos urbain et plages oubliées
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Conclusion

Et au final.

Douze jours aux Comores m'ont confronté au voyage brut, sans filet. Pas de musées rutilants, pas de routes propres, mais une île qui existe vraiment. Moins sympa que les Seychelles voisines (plus cher, plus éloigné, plus compliqué), mais plus honnête. Je reviendrais, probablement.

En résumé

Avis Moroni : carnet de voyage de 12 jours par sebastienvoyageur42

Destination
Moroni
Pays
Comores
Durée
12 jours
Période
février · Hiver
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@sebastienvoyageur42
L'essentiel

Moroni en bref

Pourquoi choisir Moroni

  • Destination brute et authentique sans infrastructure touristique standardisée
  • Ascension du volcan Karthala actif offrant cratère unique et paysage lunaire
  • Plages de sable blanc isolées avec eaux chaudes et peu de touristes
  • Budget extrêmement réduit : moins de 100 euros/jour pour logement, nourriture et activités
  • Rencontres humaines directes avec population locale accueillante et honnête

Pour qui ?

  • Voyageurs aventuriers cherchant l'authenticité sans confort
  • Randonneurs intéressés par volcans et milieux montagneux tropicaux
  • Budgetaires voyageant en Afrique de l'Est ou Océan Indien
  • Chercheurs de solitude loin des circuits touristiques balisés
  • Passionnés d'histoire islamique et architecture suahoulie

À éviter si…

  • Vous requérez un confort hôtelier minimum et climatisation fiable
  • Vous demandez des infrastructures de transport modernes et ponctualité
  • Vous cherchez musées mondialement reconnus ou patrimoine UNESCO
  • Vous êtes intolérant à la pauvreté visible et à la désorganisation urbaine
À découvrir aussi
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Photos communautaires : Moroni

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Moroni Medina
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© D-Stanley
Moroni
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© TheLizardQueen
Musee des Comores
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Comorian Woman
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French Baguettes
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Collecting Water
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Local Life
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Ancienne Mosquee du Vendredi
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Questions fréquentes

FAQ — Moroni

Quel est le coût moyen d'un séjour à Moroni ?

Le budget reste très abordable : chambre d'hôtel basique 65 euros/nuit, bungalow côtier 13 euros/nuit, repas local 4 euros, jus de coco 0,30 euro. L'auteur a voyagé 12 jours sans dépense excessive. Les tarifs de change euros/franc comorien sont peu favorables aux hôtels.

Comment se rendre à Moroni depuis La Réunion ?

Vol direct Air Austral depuis La Réunion en 45 minutes jusqu'à l'aéroport Hahaya. L'arrivée est minimaliste : pas de scanner aux bagages, ambiance administrative tendue. C'est le point d'entrée principal pour Grande Comore.

Est-il possible de monter au volcan Karthala ?

Oui, l'ascension depuis Mtsapéré demande 2 jours. Le guide local Hassan coûte 40 euros pour deux jours. Sommet à 2360 m avec cratère actif émettant des fumées jaunes. Dernière éruption en 2005. Nuit en altitude très froide (12°C), prévoir vêtements chauds.

Quelle est la situation de sécurité à Moroni ?

Les gens sont honnêtes et non agressifs selon le récit. Observations de regards insistants dans les zones pauvres mais sans menace réelle. L'ambiance générale reste calme malgré les infrastructures précaires et la pauvreté visible.

Vaut-il mieux prendre le ferry entre îles ou rester sur Grande Comore ?

Le ferry pour Anjouan est déconseillé : 3 heures d'attente, bateau en mauvais état, 150 passagers entassés, traversée 2 heures avec risque de nausée. L'auteur recommande de rester sur Grande Comore qui offre plages et volcan.

Où manger et que trouver au marché Volo Volo ?

Marché central chaotique avec fruits tropicaux bon marché (mangues 0,50 euro, bananes jaunes). Restaurants locaux : chez Mama Amina pour poisson grillé (4 euros), boulangerie Saada pour café et pain (1,20 euro). Couscous comorien savoureux dans les familles d'accueil.

Quels sont les problèmes de change et bancaires à Moroni ?

Le franc comorien est peu accessible : introuvable en banque, taux de change préférentiel inexistant aux hôtels. ATM souvent en panne (pharmacie Khamis). Apporter des euros et anticiper les difficultés de change.

Comment se déplacer à Moroni et louer un bungalow côtier ?

Taxi depuis l'aéroport Hahaya (20 min, rues dégradées). Villages côtiers comme Itsandra à 30 km proposent bungalows rustiques (13 euros/nuit). Se connecter avec propriétaires locaux (Mohamed type intermédiaire) pour trouver logement et guide.