Moroni, Anjouan et les grandes comores : entre épices, chaos routier et sourires bienveillants
CarnetComores202612 jours

Moroni, Anjouan et les grandes comores : entre épices, chaos routier et sourires bienveillants

Nous avons atterri à l'aéroport international de Moroni un mardi matin vers 8 h 30, après un vol Air Austral depuis La Réunion. L'air était déjà chaud et saturé d'humidité. Le terminal – un bâtiment blanc modeste –…

SA
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12 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons atterri à l'aéroport international de Moroni un mardi matin vers 8 h 30, après un vol Air Austral depuis La Réunion. L'air était déjà chaud et saturé d'humidité. Le terminal – un bâtiment blanc modeste – sentait l'eau de Javel et les gaz d'échappement des navettes de taxi qui tournaient au ralenti dehors. Premier choc : le visa à l'arrivée a pris deux heures. Files non balisées, tampons à trouver auprès de trois fonctionnaires différents, une dame qui fumait au guichet. L'hôtel Samara dans la capitale (chambre vue mer à 85 euros la nuit) s'est avéré être un petit établissement charmant mais très bruyant après 23 h, quand les groupes de jeunes rassemblés sur la plage adjacente mettaient la musique à fond. Nous avons découvert le comorien, le français et l'arabe parlés en même temps dans les rues. Sur le port de pêche de Moroni, nous avons mangé du sandwich au poisson fumé vendu par une femme sans enseigne pour 3 euros – délicieux, bien que nous ne sachions jamais vraiment quel type de poisson c'était. Les vraies galères : transports et horaires fantômesLe bus minibus local (pas de numéro officiel, juste « celui qui va à Mitsamiouli ») censément partir vers 7 h du matin de la gare informelle près du marché Moroni n'a finalement quitté la ville que vers 10 h 15. Les chauffeurs attendent que le minibus soit complètement rempli – 16 personnes assises sur des sièges prévus pour 12. Nous étions collés à une odeur de transpiration mélangée aux épices que vendait un passager (clous de girofle et vanille en petits sachets plastiques). La route vers le sud de l'île était chaotique : nids-de-poule profonds, deux arrêts inattendus pour laisser descendre des gens hors du trajet prévu, une panne de 45 minutes où le chauffeur a dû régler le carburateur. À Mitsamiouli, nous avons loué une petite maison d'hôtes appelée Mwali Bungalows (40 euros par nuit, eau tiède seulement). La propriétaire, Fatima, parlait français avec un accent swahili très marqué. Elle nous a préparé un pilaf aux crevettes pour le dîner – gouteux, riche en ail, avec un vrai goût de sel de mer. Un moment marquant : en fin d'après-midi, en marchant seuls sur la plage de sable noir près des rochers de lave, nous avons croisé un vieil homme qui pêchait à la ligne. Il ne parlait pas français mais nous a souri, montré ses deux poissons du jour, puis offert une noix de coco fraîche qu'il venait d'ouvrir avec une machette. Nous l'avons bue directement au fruit, le lait était sucré et frais. Aucun échange monétaire, juste de la bienveillance sans attente. Anjouan : l'île au charme fragileLa traversée de 90 minutes en bateau-taxi depuis Moroni vers Anjouan nous a coûté 22 euros par personne. Le navire était un ancien ferry blanc, plutôt brinquebalant, avec des bancs en plastique sans dossier. Plusieurs touristes ont dévomi. L'arrivée à Mutsamudu, la capitale insulaire, vers 15 h 30 a révélé un port très calme, presque abandonné. Les bâtiments coloniaux, jaunes et roses délavés, dataient clairement des années 1950-60. Pas de rénovation apparente. Au restaurant Les Délices du Lagon (tables en bois grossier, vue directe sur la baie), nous avons mangé un cari de poisson blanc avec riz blanc et légumes pour 12 euros. Le cuisinier – un homme âgé nommé Hassan – avait utilisé du lait de coco frais, du turmeric et du citron vert. Très simple, très efficace. Mais le restaurant n'a pas vraiment d'horaires fixes. Nous y sommes allés vers 18 h 30 un soir, c'était fermé. Le lendemain à 19 h, c'était ouvert. Le marché de Moroni et les épices qui piquent les yeuxLe marché central de Moroni, une structure couverte en tôle ondulée, était écrasant de chaleur et d'odeurs mélangées. Nous avons acheté des épices : vanille de Comores en gousses noires et brillantes (25 euros les 10 gousses), clous de girofle, muscade râpée. L'homme qui vendait ces produits – Abdou, un commerçant cinquantenaire – a insisté pour nous faire sentir chaque produit. L'odeur acre du clou de girofle nous a presque étouffés. À côté, des femmes vendaient du poisson séché au sel, des tomates un peu molles, des courges. Pas de prix marqués : tout se négocie. Nous avons probablement surpayé de 20 %, mais cela restait très bon marché. Une dernière nuit à Moroni, au café Banana Split (climatisation bruyante, ventilateur qui tremblait), nous avons pris un café crème et une pâtisserie française (réminiscence coloniale oblige) – le tout pour 4 euros. Le serveur, très jeune, nous a apporté le café froid alors qu'il était censé être chaud. Il a dit « pas de problème » avec un sourire gêné quand nous l'avons mentionné. Nous l'avons bu quand même.

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Les bons plans repérés sur place.

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Plage de sable noir de Mitsamiouli : marchez vers le nord dès 17 h pour voir le coucher de soleil sur les rochers de lave

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Marché central de Moroni : allez tôt (vers 7 h), les épices y sont au meilleur prix et les vendeurs moins agressifs

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Minibus local Grande Comore : expérience authentique mais prévoyez 4-5 heures pour un trajet de 50 km

5

Port de pêche de Moroni : achetez du sandwich au poisson fumé frais à une vendeuse sans nom, vers 11 h du matin

Album · 10 photos

Photos — Moroni (Grande Comore)

Moroni, Anjouan et les grandes comores : entre épices, chaos routier et sourires bienveillants
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Conclusion

Et au final.

Comores n'est pas une destination de carte postale. Les transports sont imprévisibles, les services touristiques peu structurés, et il faut accepter une certaine forme de chaos quotidien. Mais la générosité des habitants, la qualité des épices et les plages vides et noires de l'île compensent ces frustrations. Nous repartions avec des gousses de vanille, des souvenirs de vraies rencontres et l'impression d'avoir vu un endroit où le tourisme de masse n'a pas encore gâché les choses.

En résumé

Avis Moroni (Grande Comore) : carnet de voyage de 12 jours par sarahdansmonde

Destination
Moroni (Grande Comore)
Pays
Comores
Durée
12 jours
Période
juillet · Été
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@sarahdansmonde
L'essentiel

Moroni (Grande Comore) en bref

Pourquoi choisir Moroni (Grande Comore)

  • Épices de qualité exceptionnelle : vanille, clous de girofle, muscade authentiques
  • Plages de sable noir vierges de tourisme de masse sans infrastructure envahissante
  • Générosité authentique des habitants : offrandes sans attente, vrais échanges humains
  • Prix extrêmement accessibles : hébergement, nourriture et épices très bon marché
  • Expérience brute et non aseptisée : chaos urbain mais authenticité garantie

Pour qui ?

  • Voyageurs en quête d'authenticité acceptant l'imprévisibilité
  • Amateurs d'épices et de gastronomie insulaire traditionnelle
  • Couples cherchant solitude et plages peu touristiques
  • Voyageurs avec budget limité privilégiant l'expérience à la comfort
  • Explorateurs tolérants vis-à-vis des défaillances d'infrastructure

À éviter si…

  • Vous exigez des transports ponctuels et organisés : bus sans horaires, minibus surpeuplés
  • Vous recherchez confort et services touristiques structurés : hôtels basiques, restaurants sans horaires fixes
  • Vous avez des problèmes respiratoires : marchés très enfumés et odeurs piquantes intenses
  • Vous voyagez avec budget inflexible : négociation constante, pas de prix affichés, imprévisibilité
À découvrir aussi
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Photos communautaires : Moroni (Grande Comore)

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Moroni Medina
Moroni Medina
© D-Stanley
French Baguettes
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© D-Stanley
Comorian Woman
Comorian Woman
© D-Stanley
Local Life
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© D-Stanley
Collecting Water
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© D-Stanley
Old Market
Old Market
© D-Stanley
Moroni
Moroni
© TheLizardQueen
Place de France
Place de France
© D-Stanley
Questions fréquentes

FAQ — Moroni (Grande Comore)

Combien de temps faut-il pour obtenir un visa à Moroni ?

Le visa à l'arrivée peut prendre deux heures ou plus. L'aéroport international de Moroni n'a pas de files balisées et requiert des tampons auprès de trois fonctionnaires différents. Prévoyez du temps à votre arrivée et restez patient face à l'administration locale.

Quel est le meilleur moyen de se déplacer entre les îles de Comores ?

Les bateau-taxis relient Moroni à Anjouan en 90 minutes pour environ 22 euros par personne. Les ferries sont basiques mais fonctionnels. Pour explorer la Grande Comore, les minibus locaux (sans numéros officiels) desservent les petits villages, mais les départs sont imprévisibles et les véhicules souvent surpeuplés.

Où trouver les meilleures épices à Moroni ?

Le marché central de Moroni, une structure couverte en tôle ondulée, propose vanille de Comores noire en gousses (25 euros les 10 gousses), clous de girofle et muscade. Les prix ne sont pas affichés et se négocient. L'odeur des épices y est très intense. Pas de prix fixes mais très bon marché globalement.

Quels hébergements recommandez-vous à Moroni et Mitsamiouli ?

L'hôtel Samara en centre-ville offre des chambres vue mer à 85 euros/nuit mais peut être bruyant tard le soir. À Mitsamiouli, les Mwali Bungalows proposent logement et repas à 40 euros/nuit avec eau tiède seulement. Les deux établissements sont charmants mais basiques.

Quel type de nourriture proposent les restaurants locaux ?

Les restaurants comme Les Délices du Lagon à Mutsamudu servent cari de poisson blanc avec riz et légumes (12 euros), pilaf aux crevettes riche en ail. Les plats utilisent lait de coco frais, turmeric et citron vert. Les horaires sont irréguliers et non affichés.

Est-il sûr de voyager seul à Moroni et Anjouan ?

Le carnet mentionne des marchés à proximité, des plages accessibles à pied et des rencontres bienveillantes avec les habitants locaux. Cependant, les transports imprévisibles et le manque de services touristiques structurés demandent flexibilité et prudence. Les habitants sont généreux mais l'infrastructure reste basique.

Quel est le coût global d'un voyage de 12 jours aux Comores ?

Budget estimé : hébergement 40-85 euros/nuit, repas restaurant 4-12 euros, transports locaux peu onéreux. Les épices et souvenirs sont très bon marché (vanille 25 euros les 10 gousses). Vol depuis La Réunion avec Air Austral complète le budget. Les frais sont globalement très accessibles pour les voyageurs.