Comment ça s'est passé.
Arrivée à Moroni le 14 mars à 16 h 30 après un vol Air Austral depuis La Réunion. L'aéroport Hahaya est minuscule, pas de climatisation. Première odeur en franchissant la porte : mélange de sel marin et de diesel des générateurs. Les toilettes à l'arrivée ne fonctionnaient pas. Nous avons pris un taxi collectif (300 KMF, environ 0,65 euro) jusqu'à notre guesthouse, l'Hôtel Coelacanth rue Abdou Djohar. Le conducteur a changé de route trois fois sans explication. La ville ressemble à Moroni n'existe pas vraiment comme centre urbain : il y a le port, quelques rues avec des épiceries, puis des maisons dispersées. Le bruit des motos Yamaha usagées envahit chaque minute du jour. Premiers jours : marché et déception côtièreLe 15 matin, nous avons visité le marché de Moroni (9 h 30 - 13 h, fermé samedi). Vrai marché chaotique, pas de folklore : tomates, bananes plantains, sachets de vanille séchée empilés sans ordre. Un vendeur nous a arrêté cinq fois pour nous revendre la même vanille à prix différents. Nous avons acheté une tige de vanille pour 2 500 KMF (5,50 euros), ce qui semble exorbitant ensuite. Plage de Moroni : mauvaise surprise. Le littoral près du port est jonché de plastique. Les Comoriens se baignent ailleurs, nous le comprenons vite. Eau tiède (29 °C en mars), mais cristalline une fois les 50 premiers mètres passés. Nous avons vu un pêcheur ramener une prise pathétique : trois petits poissons, deux heures de travail. Restaurant le Lagon Bleu (rue de la Corniche) : brochettes de requête à 2 000 KMF chacune, salade de tomates molles, pain sec. Le propriétaire avait oublié notre commande pendant 45 minutes, puis a servi la salade sans vinaigrette. Goût fade, mais la bière Comores était froide. Anjouan : le ferry cauchemarLe 17 mars, départ pour Anjouan via le ferry public. Traversée programmée à 8 h. Arrivée à 7 h 30 au port de Moroni. Le ferry, un vieux bateau bleu « Comores Star », n'était toujours pas là. À 10 h 15, il est apparu au loin. Attente supplémentaire : problème moteur mineur. Embarquement chaotique, pas de numéros de siège. Nous nous sommes assis sur des bancs métalliques, 250 personnes sur un bateau construit pour 180. Traversée 4 heures annoncées, 6 heures réelles. Mer agitée, odeur de vomi et de gasoil mélangée dans les entrailles du navire. Un homme à côté vomissait depuis le départ, nul ne bougea. Arrivée à Mutsamudu (capitale d'Anjouan) à 18 h 45. Anjouan : vanille et randonnéeHôtel Dar Salaam à Mutsamudu : petite maison convertie, 40 euros la nuit avec petit déj inclus. La cuisinière Fatima cuisinait un riz à la vanille sucré chaque matin (7 h 30 service). Goût sucré bizarre au premier repas, puis on s'y fait. Eau chaude 20 minutes par jour, entre 6 h et 6 h 20. Visite plantation Ijumaa vanille (12 km de Mutsamudu, accessible en taxi payant 1 500 KMF l'aller). Guide local Saïd nous a montré les plants en spirale, expliqué la récolte manuelle (6 mois de séchage). Senteur de vanille naturelle si forte que ma nez s'est saturé après deux heures. Le responsable nous a proposé d'acheter 100g pour 8 euros. Arnaque probable. Randonnée au Pic de la Grille (1 100 m) le 20 mars. Levés à 5 h 15 depuis Dar Salaam. Piste boueuse, végétation dense. À mi-parcours, guide a disparu 30 minutes (pause, refus de payer plus). Brume totale au sommet, impossible de voir les autres îles. Descente en deux heures, douleurs aux genoux. Derniers jours à MoroniRetour ferry le 22, cette fois à l'heure (17 h). Plage d'Itsandra au nord de Moroni les 23-24 mars : eau plus claire, sable blanc sec (33 °C, trop chaud pour marcher pieds nus). Petit restaurant « Chez Mama Zakia » sert un curry de poisson (pulpe locale) à 1 800 KMF, bien relevé, riz blanc collant. Dernière nuit à l'Hôtel Coelacanth, départ 16 h 30 pour l'aéroport. Retard de bus collectif 1 h 15. Avion Air Austral parti à l'heure malgré notre arrivée à 16 h 20.
Les bons plans repérés sur place.
Plantation Ijumaa vanille à Anjouan : senteur de vanille vrai, pas de faux-semblant, guide Saïd compétent
Marché de Moroni (rue du Port) : arriver avant 11 h, négocier sur les sachets de clous de girofle
Plage d'Itsandra (30 km nord de Moroni) : eau claire sans plastique, petit bar locale qui sert du Rhum Bacardi tiède
Ferry Comores Star Mutsamudu-Moroni : réserver la veille en personne au port, départ imprévisible mais passagers sympathiques
Hôtel Dar Salaam Mutsamudu : petit déj riz-vanille à 7 h 30, douche eau chaude limitée, conversation avec Fatima valent le détour
Photos — Moroni (Grande Comore)
Et au final.
Les Comores, c'est pas des Maldives. C'est un endroit oublié où le tourisme n'a pas gâché l'impévu quotidien. Les gens sont gentils quand tu respires lentement et souris idiot, mais l'infrastructure est fragile. Inflation des prix pour étrangers énervante. Je reviendrais pour Anjouan plutôt que Moroni, c'est plus tranquille.








