Comment ça s'est passé.
Arrivé à Mandalay le 14 février en fin d'après-midi via Thai Airways (vol Bangkok-Mandalay, 1h30), j'ai tout de suite senti l'humidité collante de la Birmanie. L'hôtel Yadanarbon, rue 26ème, était correct mais bruyant : klaxons toute la nuit, climatisation qui faisait un bruit de perceuse. Prix : 28 euros la nuit, petit déj inclus mais café imbuvable. Le premier matin, levé à 5h30 pour grimper à la Pagode Kuthodaw avec un guide loué 15 dollars pour la journée. Les 729 petits stupas blancs brillaient sous le soleil naissant, mais l'odeur de charbon et de moteurs diésel des triporteurs stationnés à l'entrée gâchait un peu l'ambiance. J'ai mangé des shan noodles au marché de Zegyo pour 1,50 euro : nouilles de riz, sauce cacahuète épaisse, goût prononcé d'oignon frit qui m'a rempli la bouche pendant deux heures. Le 16 février, bus local vers Bagan (3h30, environ 8 euros). Cauchemar administratif : le chauffeur de la compagnie Shwe Thantabin a fait arrêter le car à un checkpoint de police trois fois pour vérifier des papiers. Deuxième arrêt, agent qui me demande d'ouvrir mes bagages sans raison — galère classique selon les autres voyageurs. Arrivée à Bagan à 14h, je transpirais à travers mes vêtements. Température ressentie : 38-40°C avec une humidité étouffante. Logé au River View, une petite guesthouse rue Lanmadaw. Patron birman parlant un anglais basique, chambre avec ventilateur (pas clim), 12 euros la nuit. Du toit on voyait l'Irrawaddy. Je louais un vélo électrique (5 euros/jour) pour explorer les 2000 temples. Premier coucher de soleil depuis la Pagode Shwesandaw à 18h45 : vraiment dense, pas de vue dégagée comme promis — trop de touristes, trop de brume de saison sèche, mais le ciel virait à l'orange-rose intensément. Visite quotidienne des temples : Ananda, Htilominlo, Thatbyinnyu. Chaque matin, le son des cloches des monastères à 6h, les bonzes qui font la quête de nourriture à pieds, leurs robes oranges brillantes. Le 18, repas au restaurant Nathalie : curry de poulet avec riz gluant, brinjal frite (aubergine), café condensé brûlant. Plat correct, 4 euros. Propriétaire française qui expliquait les pièges touristiques locaux : certains guides vous emmènent forcer dans des ateliers de laque pour des commissions. Moment marquant : le 19 février au monastère de Shwegyin. Assis avec trois moines qui me parlaient d'English en fumant (ils fument beaucoup en Birmanie, même en robe marron). L'un d'eux, Tun Tun, m'a montré les salles d'études, m'a offert du thé fermenté amer — goût très minéral, presque métallique, que je n'avais jamais eu. Échange simple mais honnête, pas performatif, pas de demande de donation agressive. Pépins : le vélo électrique a rendu l'âme le 19 matin (batterie morte après trois jours). Propriétaire disparu. J'ai dû prendre des taxis à 3-4 euros la course, bien plus cher. Deuxième souci : tentative discrète de surfacturage au restaurant touristique du bazar de Nyang U — facture gonflée de 40%, découvert seulement en convertissant en euros. Ai négocié le remboursement, mais amer. Dernier jour à Mandalay le 23 février. Visite du Palais Royal (entrée 5 euros, photo interdite à l'intérieur), puis marche à Inwa en longeant les voies ferrées abandonnées. Train British-era évidemment immobilisé, rouille épaisse. Dîner final au 99 Shan Noodles, petite échoppe sans chaise, mangé debout : nouilles fines, cumin intense, goût sale-sucré équilibré, 1,50 euro. Sac à dos bien rempli, pieds gonflés.
Les bons plans repérés sur place.
Pagode Shwedagon à Yangon au lever du soleil (5h30) — plus calme qu'à midi
Marché de Zegyo à Mandalay : les shan noodles du petit vendeur en rouge rue centrale, 1,50 euro
Monastère de Shwegyin à Bagan : thé avec les moines entre 8h-9h, pas de tarif fixe, offrande respectueuse
Bus local compagnie Shwe Thantabin (Mandalay-Bagan) : expérience birmane authentique, retards inclus
Coucher de soleil depuis Thatbynnyu Temple à Bagan vers 18h15-18h45 (saison sèche = meilleure fenêtre)
Photos — Mandalay, Bagan
Et au final.
Dix jours denses, temples incroyables et gens bienveillants, mais Birmanie pas aussi relax qu'annoncé : bureaucratie pénible, poussière partout, arnaqueurs-touristes omniprésents. À refaire, oui, mais avec un planning moins ambitieux et plus de patience.





