Comment ça s'est passé.
On a atterri à Yangon le 14 mars vers 16 h 30, juste à temps pour rater le dernier bus direct pour Bagan. L'aéroport sent le béton chaud et les fruits pourris provenant des petits étals de maquillage touristique à l'entrée. Trois quarts d'heure de taxi jusqu'à la gare routière de Aung San, 8 000 kyats (3,50 euros). Là, on s'est fait refourguer des tickets pour le bus de 22 h à 13 000 kyats au lieu de 9 000 — première arnaque, pas grave mais ça laisse un goût amer. Le bus était crasseux, climatisation excessive, voisin qui ronfle à 2 h du matin. On arrive à Bagan vers 10 h 30 avec des courbatures. L'hôtel Thripai boutique, réservé à 35 dollars, était fermé. Accueil frigide au téléphone, puis on nous a relogés au Bagan Lodge pour la même nuit : moins cher mais sans fenêtre. Le 16 mars, levé à 5 h pour attraper le lever du soleil depuis la pagode Shwesandaw. Guide embauché la veille : U Soe, 55 ans, parle un anglais cassé mais précis. Il nous conduit à pied dans l'obscurité entre les ruines. C'est froid, l'humidité qui sort du sol sent la moisissure et la terre cuite. Arrivés au sommet vers 5 h 45, on attend. Puis le ciel passe d'un gris-bleu à l'orange intense — franchement pas spectaculaire ce jour-là, brume épaisse sur la vallée. Mais en bas, à 6 h 30, les premiers moines bouddhistes en robe safran commencent à circuler entre les temples. C'est là qu'on réalise qu'on n'est pas dans un parc à thème mais dans un lieu de culte qui fonctionne depuis 900 ans. Petit-déj au café Nylon : thé au lait birmane (laphet yay), pancakes à la banane avec miel local pour 3 000 kyats (1,30 euro). Bon, pas cheap mais servi par une femme qui, on voit bien, cuisait sur un réchaud à gaz dans l'arrière-cour trois minutes avant. On a passé quatre jours à Bagan. La pagode Ananda, imposante, senteur d'encens épais à donner envie de vomir. On a escaladé la Dhammayangyi, celle aux briques rouges qui font mal aux genoux. Notre galère majeure : le 17, on voulait louer deux vélos électriques pour explorer le site. Le loueur a dit que les batteries « très bon, très bon ». Pas bon du tout. Batterie morte après 8 km, on l'a poussé à pied sous 32 degrés pendant 6 km avant de trouver un pick-up taxi qui nous a demandé 25 000 kyats (11 euros) pour revenir. Arnaque bis, mais cette fois on était furax. Mandalay, on y arrive le 20 mars par un van de 10 places, 15 000 kyats par personne. La ville sent l'huile chaude et les gaz d'échappement. On dort au Mya Yeik, guesthouse simple rue 80, petit loft avec clim bruyante. Le jour d'après, visite à pied du marché Zegyo avec U Soe qui a suivi — c'est fouillis, chaotique, des allées d'un mètre de large où on se frôle à chaque pas. On goûte les beignets d'oignons verts (onion bhajias), 500 kyats la barquette. Goût sucré, moins bon qu'en Inde. La pagode Kuthodaw, colossale, plafonée de dorure. On y traîne trois heures. Puis Mandalay Hill pour le coucher de soleil vers 18 h — escalade de 1 700 marches, mollets en feu, mais la vue sur la ville orange et bleue compense. Le musée du palais royal : fermé le lundi (on n'avait pas lu). On l'a découvert en arrivant à 14 h 30. Un gamin qui vendait des cartes postales nous a indiqué un café caché à côté, le Shan Tea House, où on a bu le meilleur thé vert de notre vie : gingembre frais, sucre non raffiné. 1 500 kyats (0,65 euro). Moment marquant, le 22 : on croise une famille qui sort de la pagode Shweyinmyar. Le grand-père porte un thanaka — cette pâte blanchâtre sur les joues. Il nous invite à boire le thé avec lui, sa fille traduit. On a passé deux heures à discuter de la vie, à regarder des photos de ses petits-enfants sur un vieux téléphone. Pas un « moment magique » de carte postale, juste... réel, un peu maladroit, très humain. Les prix hôtels en 3 étoiles tournent autour de 40-60 dollars. Nourriture locale bon marché : 2 000-4 000 kyats le repas simple. Transport interne : globalement correct mais imprévisible — les bus annoncent parfois des départs qui ne se font que trois heures après.
Les bons plans repérés sur place.
Pagode Shwesandaw (Bagan) : grimper avant l'aube, 5 h 45, pour voir les moines commencer leur tournée — même si le lever n'est pas dingue
Marché Zegyo (Mandalay) : se perdre entre les étals d'épices et fruits, goûter les onion bhajias à la barquette
Gare routière Aung San (Yangon) : point de départ pour tous les bus longue distance, chaotique, ne pas se faire arnaquer sur les prix
Thé vert au Shan Tea House (Mandalay, rue près de Shweyinmyar) : gingembre frais, sucre roux, 1 500 kyats, meilleur thé du voyage
Escalade Mandalay Hill (1 700 marches) : coucher de soleil sur la ville vers 18 h, mollets douloureux mais vue réelle
Photos — Bagan, Mandalay
Et au final.
La Birmanie, c'est moins facile d'accès qu'on l'imagine. Infrastructure hésitante, quelques arnaqueurs à faible niveau, mais les gens sont curieux et ouverts. Les temples valent le coup si on prend le temps. Ce qu'on a moins aimé : la saleté des guesthouses de base et la chaleur sèche qui épuise sans rien de spécial.





