Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport international de Yangon un lundi matin, après un vol Air Asia de 11 heures depuis Bangkok. Douane expéditive, mais à la sortie : mur de chaleur et d'humidité. On respirait du béton chauffé et de la poussière. Premier taxi jusqu'à l'hôtel Panda, près de Bogyoke Aung San Road. Le proprio du taxi nous a gonflés de 5 000 kyats (2,50 euros) en nous expliquant que « c'était la normale ». Les trois premiers jours, on s'est perdus volontairement dans Yangon. On a mangé du mohinga (soupe de nouilles avec bouillon de poisson) au marché Scott pour 1 500 kyats le bol. L'odeur était prenante – mixture d'œuf, d'ail frit et de sauce de poisson fermentée. Pas appétissant sur le papier, mais le goût était rond, réconfortant. On a visité la pagode Shwedagon en fin d'après-midi vers 16 h 30. C'est vrai que le dôme doré était impressionnant, mais le bruit était infernal : 300 touristes avec leurs guides hurlant des explications en mandarin, des vendeurs de fleurs qui vous agrippaient le bras, la chaleur qui montait encore. Mon mari a eu un coup de chaleur. On a dû s'asseoir 45 minutes dans une salle climatisée en sous-sol. Mercredi, on a pris un bus Aung Thukha vers Bagan. 8 heures de trajet, départ à 6 h du matin depuis la gare routière d'Ahlone. Le bus était rempli, les climatiseurs bringuebalaient, on avait les fesses écrasées. Mais les paysages entre Mandalay et Bagan valaient le coup : rizières plates et infinies, villages avec des maisons en bois sur pilotis. On s'est arrêtés dans un relais routier miteux où on a bu du café shan (café avec lait concentré). Arrivée à Bagan vers 14 h, complètement lessivés. On a loué des vélos électriques auprès d'une petite agence sur la Main Road. C'était une arnaque douce : 25 dollars par jour pour deux vélos, alors que le proprio nous en avait dit 15 au téléphone. On n'a pas trop protester, mais ça nous a gonflés. On a exploré les temples pendant quatre jours. Levé à 4 h 45 pour voir le lever du soleil depuis la terrasse du Shwesandaw Temple. L'air était froid, humide, on voyait à peine les doigts de sa main. À 5 h 30, le soleil a explosé d'un coup entre les milliers de stupas. Là, c'était vraiment quelque chose. Aucune foule à cette heure. Juste des moines qui chantaient quelque part, des corbeaux qui criaient. Moment qu'on va garder. On a mangé au restaurant The Moon pour dîner le soir : curry de poisson à 8 dollars, riz gluant pour 1,50 euro. Le curry était copieux, avec des arêtes (faut faire attention), et les portions généreuses. On a commandé aussi des samousas locales. Le soir, on s'est assis devant notre guesthouse, le Bagan Dream Palace, sur la terrasse en bois. Les bruits nocturnes étaient étranges : chiens qui se battaient, musique lointaine de temple, l'air qui sentait l'herbe mouillée et le fumier. Samedi dernier à Bagan, on a visité le temple Ananda, le plus grand. Intérieur frais, plafond très haut, quatre statues de bouddha massives. On était presque seuls. Un moine nous a parlé en anglais cassé pendant 20 minutes sur la signification des mudras. Après, il nous a demandé de l'argent. On a donné 10 dollars, on s'est sentis un peu manipulés. Mais bon, c'était un don. Retour à Yangon dimanche pour les trois derniers jours. On a choisi l'avion Air KBZ (petite compagnie locale, prix : 80 dollars par personne, vol d'une heure). Au sol, on a exploré Chinatown, mangé du bao à 500 kyats dans une petite échoppe sans nom. Les rues étaient étroites, noires de suie, les bruits d'enfer. On est allés au Kandawgyi Lake Park, plutôt décevant, lac sale, beaucoup de touristes chinois. On a dîné au Golden Eagle, restaurant de poisson bien recommandé. Curry de crabe à 6 euros, bière Mandalay 0,75 euro. Nourriture impeccable. Dernière nuit à l'hôtel Panda, on s'est endormis au bruit des motos qui passaient sous la fenêtre.
Les bons plans repérés sur place.
Lever du soleil depuis le Shwesandaw Temple à 5 h 30, stupas qui émergent de la brume
Mohinga au marché Scott, soupe de nouilles locale à 1 500 kyats, goût intense
Temple Ananda, le plus grand de Bagan, intérieur impressionnant et calme en fin d'après-midi
Pagode Shwedagon à Yangon en fin de journée (éviter le midi), dôme doré visible de loin
Bus Aung Thukha de 8 heures entre Yangon et Bagan, trajet fatiguant mais paysages de rizières
Photos — Bagan et Yangon
Et au final.
La Birmanie, c'est un pays où tu te sens vraiment étranger, pas juste touriste. Les gens sont discrets, souriants, mais pas serviables par défaut. Les arnaques existent, surtout sur les prix des transports. Bagan c'est clairement le point fort. Yangon, c'est plus du passage obligatoire. On reviendrait, mais avec une meilleure préparation logistique.
