Comment ça s'est passé.
On a pris le vol Lufthansa 9h45 depuis Lyon, arrivée à Lviv vers 14h30. Premier truc qui nous a frappés en sortant de l'aéroport : l'odeur de fumée de cigarette mélangée à celle des lilas en fleurs. Partout. Les taxi ont essayé de nous arnaquer avant même qu'on demande – 400 hryvnia au lieu des 150 affichés. On a refusé, pris un bus numéro 6 jusqu'au centre pour 8 hryvnia (0,25 euro). Quarante minutes de trajet, assis à côté d'une dame avec trois sacs de courses qui nous a donné un sourire complice quand le chauffeur a freiné d'un coup sec. L'hôtel Leopolis, rue Stavropihiyska, était correct. Pas de frais cachés comme redouté, chambre 205 avec vue sur une cour intérieure un peu grise. Le staff parlait anglais, c'était déjà ça. 45 euros la nuit. On a posé les affaires et on est allés directement à la Rynok (la grande place). Là, vraiment, le ciel a viré orange et rose. Les façades des maisons de la Renaissance polonaise reflétaient la lumière du coucher. On s'est assis à la terrasse du café de la Mairie (Kaviarnya pid Mishchoyu), commandé du bortsch avec crème fraîche (28 hryvnia, excellent) et une bière Lvivske (32 hryvnia). Le bortsch était tiède, presque froid. On a plaint le serveur qui devait relancer la cuisine. Mais le goût – betterave, viande, un je-ne-sais-quoi d'épices – ça nous a mis d'accord sur le fait qu'on était quelque part d'authentique. Les jours suivants : galères et découvertesMercredi, visite de la Cathédrale latine (pl. Stavropihiyska). Entrée gratuite, mais un groupe de touristes allemands nous a bloqués à l'intérieur pendant 20 minutes. L'hymne qu'ils chantaient au fond de la nef raisonnait fort – on a dû attendre que ça passe avant de voir les stucs du plafond. C'était un peu chiant, honnêtement. Jeudi matin, on s'est levés à 5h30 pour grimper à la Chapelle-Belvedere sur la colline Stavropihiyska. L'air était frais, presque froid (8°C), la ville était complètement silencieuse. Vue sur tous les clochers et les toits rouges qui se perdaient dans la brume. Une femme âgée promenait son chien, très lentement. On a discuté cinq minutes en mauvais russe. Elle nous a recommandé le marché de Zaliznychny (la gare) pour les fruits. Le marché en question, on l'a trouvé un peu décevant. Beaucoup de stands fermés le jeudi. On a acheté des cerises (32 hryvnia le kilo) et des fromages blanc locaux. Un vendeur nous a parlé de la situation en Donetsk, très clairement. Ça nous a mis mal à l'aise. On n'a pas su quoi dire. On a juste acheté et on est partis. Vendredi, visite du Musée des idées (vulytsya Stavropihiyska 24). Petit musée étrange, dédié aux objets soviétiques et aux symboles. Entrée 50 hryvnia. Le gardien était passionné, nous a expliqué pendant 45 minutes comment l'URSS avait laissé ses traces. On a vu des affiches de propagande, des jouets cassés, des vieilles radios. L'odeur à l'intérieur était particulière – poussière, humidité, peut-être du naphtaline. Assez oppressant finalement. Samedi, repas dans une maison privée grâce à une plateforme d'airbnb culinaire : la mère de notre hôte nous a préparé du varenyky (sortes de raviolis remplis de chou et de champignons), 120 hryvnia par personne. C'était chaud, gras, délicieux. Elle nous a montré comment les faire. Ses mains bougeaient si vite. On s'est sentis un peu importuns, mais elle a insisté pour qu'on en reprenne. Elle nous a parlé de son fils en Allemagne. Derniers jours et retourDimanche on est allés à Lviv Opera House (pl. Stavropihiyska). Prix des billets : 100 hryvnia pour un concert classique. La salle était belle, mais quasi vide. L'acoustique était chaude, les violons résonnaient vraiment. On n'a rien compris au programme en ukrainien, mais ça n'avait pas d'importance. Lundi matin, train pour Kyiv (gare de Lviv, quai 4) à 7h15. Durée 8h30, wagon de 2e classe. Un vieux train un peu délabré mais fonctionnel. On a mangé des sandwiches qu'on avait achetés à la gare centrale. À côté de nous, une jeune fille avec son petit frère, qui nous a posé un million de questions en anglais sur la France. Elle voulait aller à Grenoble pour étudier.
Les bons plans repérés sur place.
Cathédrale latine sur la Rynok – entrez tôt le matin avant les groupes
Café Masonic Lodge (rue Virmenska 4) – leurs cafés sont servis à 8h45 tapantes, en petites tasses
Marché Zaliznychny le mardi ou le mercredi matin pour les produits frais
Vue depuis la Chapelle-Belvedere à l'aube – apportez une veste, il fait frais
Varenyky maison chez les habitantes locales – plus sincère que les restaurants touristiques
Photos — Lviv (Lvov)
Et au final.
Lviv nous a touchés plus qu'on le pensait, malgré les moments de malaise ou les arnaques à la petite semaine. C'est une ville vivante, pas figée, avec des gens qui ont des histoires. Moins touristique que prévu, ce qui était bien. Seul bémol : l'inflation a grimpé vite, les prix annoncés n'étaient pas toujours les prix payés, et on aurait aimé avoir plus de temps pour les villages autour.








