Comment ça s'est passé.
Arrivé à El Alto le 14 novembre en fin d'après-midi via un vol LATAM depuis Lima, j'ai tout de suite senti l'altitude frapper : 4 150 mètres. La descente en minibus vers La Paz a pris 45 minutes. Les rues zigzaguent entre des façades peintes en rose bonbon, bleu électrique. Le chauffeur écoutait de la musique folklorique à volume maximal. J'ai logé trois nuits à la Residencial Fuerte (Calle Ayacucho, quartier San Pedro) : 45 bolivianos la nuit, petit dej inclus. La proprio, Doña Eloísa, faisait du café trop sucré avec du lait de chèvre. Les matelas pliaient sous le poids, mais le toit offrait une vue sur la cathédrale Metropolitana. Jour 2 – le marché des sorcières. Levé à 7h, j'ai marché jusqu'à Calle Linares. Le Mercado de las Brujas sent la poussière d'os, les herbes séchées. Des vendeurs proposent des fœtus de lamas séchés « para la suerte » à 20 bolivianos l'unité. J'ai pris une photo discrètement ; une femme m'a demandé 10 bolivianos. Petit-déjeuner au Café París : pan de queso et api morada (maïs sucré violet) pour 8 bolivianos. Réel. L'après-midi, arnaque classique : un taxi prétendait ne pas connaître l'adresse du Musée National de Arqueología. Tarif gonflé de 30 bolivianos au lieu de 15. J'ai payé et je suis resté muet. Le musée ferme à 17h30 précise, j'ai dû accélérer la visite. Jour 3 – Tiwanaku. Excursion organisée via l'hôtel. Départ 6h du matin. Bus Transportes Ingavi. Ruines à 80 km à l'ouest, soit trois heures de route sur une piste désagrégée. Température 8 degrés à l'arrivée. Le Templete Semisubterráneo m'a moins impressionné que prévu : les pierres sont petites, nombreux vandalismes modernes. Le guide parlait en espagnol rapide, j'ai compris la moitié. Déjeuner à Tiwanaku village : truite grillée, 25 bolivianos. Retour 18h, éreinté. Jour 6 – vers le Salar. Décision rapide : trois jours de tour de salar. Agence « Andean Roots » (Calle Sagárnaga). Guide Carlos, anglophone limité. Groupe de 10 personnes. Tarif 1 200 bolivianos tout compris (voiture Toyota, nuits en refuge, repas). Partis 8h du matin vers Oruro, route pavée jusqu'à Salinas de Garci Mendoza (5 heures). Première nuit au refuge Flamingo (Uyuni) : bâtiment de briques crues, chauffage par poêle central. Douche eau tiède 30 secondes maximum. Souper : pâtes, riz, viande de lama dur. Goût de bois, mais on avait faim. La température chute à -12 degrés la nuit. Couette insuffisante, j'ai dormi en tee-shirt et polaire. Jour 7 – le blanc. Levé 5h15 pour le lever du soleil sur le salar. Paysage blanc à perte de vue, horizon vide. Déjà du soleil à 5h45, froid intense. Le minibus s'enfonce sur la croûte de sel. Carlos explique qu'on roule sur de l'eau gelée et du sel cristallisé, 5 à 30 mètres d'épaisseur selon les endroits. Près de l'Isla Incahuasi, rochers noirs et cactus. Pause photo. Je sentais le sel dans les narines, goût métallique. Déjeuner midi sur l'île : riz blanc, œuf frit, banane. Après-midi : lagon Colorada. Eau rose vif à cause des algues et du minéral. Froids. Pas de « magique » : juste des géométries étranges et du silence étouffant. Température remontée à 2 degrés vers 16h. Seconde nuit refuge « Deserto Blanco » (Uyuni), similaire au premier. Indigestion légère, toilettes à 300 mètres en pleine nuit. Expérience concrète et moins attrayante que le carnet de voyage IG ne le suggère. Jour 8. Dernier matin au salar. Volcan Licancabur à l'horizon. Photos de perspective ridicules (moi tenant une jeep entre le pouce et l'index). Midis en route vers Uyuni-ville. Arrivée 16h. Hôtel ordinaire, eau chaude enfin. Les trois derniers jours se sont écoulés tranquillement : balade en bus à Potosí (ville minière, moins intéressante qu'attendu, mines dangereuses requièrent vrai courage et préparation), retour La Paz. Dernier repas à l'Andean Moon : 65 bolivianos pour un bon steak con papas.
Les bons plans repérés sur place.
Mercado de las Brujas, Calle Linares, La Paz — vendeurs de fœtus de lamas et herbes séchées, goût très local
Refuge Deserto Blanco, Salar d'Uyuni — nuits à -12 degrés, décor blanc infini, couettes insuffisantes
Café París, San Pedro, La Paz — api morada violet et pain de fromage, 8 bolivianos, authenticité sans détour
Ruines de Tiwanaku, 80 km ouest La Paz — templete semisubterráneo, départ 6h, route piste trois heures
Lagon Colorada, sud du Salar — eau rose vif, arrêt midi obligatoire, froid jusqu'à -5 degrés
Et au final.
La Bolivie m'a plu mais pas renversé. La Paz donne le tournis, le Salar est hypnotique sans être transformateur. Les gens sont plutôt ouverts, la nourriture basique, les routes moyennes. Aurais aimé plus de profondeur culturelle et moins d'escroqueries de taxi. Irai-je ailleurs en Amérique du Sud plutôt que d'y retourner.