Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international de El Alto le 15 octobre, à 4 150 mètres d'altitude. Les poumons brûlaient déjà. Le trajet en taxi jusqu'à La Paz a duré 45 minutes sur la route sinueuse, avec des vue sur les bidonvilles accrochés aux flancs de montagne, peints en rose, bleu, jaune criard. L'air était sec, presque piquant, avec une odeur de gaz d'échappement qu'on sent vraiment à cette altitude. Nous avons logé à l'Hostel Republica dans le quartier de San Miguel, à 130 bolivianos la nuit (environ 18 euros). La chambre était petite mais propre, avec vue sur les toits rouges de la ville. Le premier matin, levés à 5 h 30 pour explorer le marché Rodríguez, nous avons senti immédiatement le contraste : épices, fruits frais empilés, vendeurs qui criaient les prix. J'ai mangé des salteñas (petits pâtés chauds) pour 1,5 bolivianos pièce. C'était bon, sucré-salé, avec une croûte feuilletée qui s'émiettait partout. Le téléphérique et le chaos urbainOn nous avait conseillé de prendre le teleférico rojo (téléphérique rouge), ligne qui traverse La Paz d'est en ouest. Ticket : 3 bolivianos. Nous sommes montés un mercredi midi et c'était blindé de travailleurs, écoliers, femmes en polleras (ces jupes pleissées traditionnelles) imposantes. Le bruit était étouffant. J'ai raté ma station parce que les noms ne s'affichaient pas clairement, et il a fallu descendre et prendre le bus pour revenir. C'est vrai que c'est énervant quand on n'a pas l'habitude. Les transports à La Paz, c'est un défi. Les minibus (petits bus blanc et bleu) s'arrêtent partout, nulle part. Il faut crier ton arrêt au chauffeur ou tu le rates. Un jour, nous avons dû faire 30 minutes pour un trajet de 2 km parce que le chauffeur du minibus 16 prenait des détours pour prendre davantage de clients. Coût : 2 bolivianos. Cuisine et restaurant localLe restaurant Café Republica (au rez-de-chaussée du hostel) servait des vrais petits-déj boliviens : api (bouillie de maïs épaisse et sucrée), pain grillé, fromage blanc. Pour 15 bolivianos (2 euros), on ne peut pas se plaindre. Nous avons aussi testé un restaurant plus chic, le Mono Azul, dans le centre touristique. Nous avons commandé de la trucha (truite locale) avec des papas chaufa (riz frit à la bolivienne) pour 65 bolivianos. C'était excellent, mais trois fois plus cher que la street food. Le Salar d'Uyuni : trois jours qui valent le coupNous avons pris un bus de nuit avec la compagnie Andes Mar de La Paz à Uyuni. Départ 19 h, arrivée 9 h du matin. Le bus avait des sièges semi-allongés mais pas confortables. Pendant 14 heures, on sent chaque nid-de-poule de la route, on ne dort pas vraiment. Ticket : 80 bolivianos. À Uyuni même, nous avons réservé un tour de 3 jours avec l'agence Sud Lipez Tours. Le premier jour, nous avons roulé 5 heures pour atteindre le salar blanc. C'est à 3 900 mètres, et franchement, le blanc infini donne une sensation bizarre, angoissante presque. Pas la sensation poétique qu'on vend sur les photos. C'est vide, c'est froid (7°C le matin), vent glacial qui te rentre par les vêtements. Nous avons mangé un déjeuner chaud préparé sur un petit réchaud : migas (sorte de friture de pain et oeufs) avec quinoa et une soupe d'oignon. Goût de sel partout, bouche sèche malgré l'eau. Le deuxième jour, route vers les lacs colorés du sud-ouest. Le Laguna Roja et la Laguna Verde. L'eau était effectivement rouge et verte, mais c'était une eau de fond, chimiquement chargée. Pas accueillante. Pendant ce trajet, le 4x4 a eu un problème de moteur en altitude. Le chauffeur a dû s'arrêter 20 minutes pour laisser refroidir. Nous avons attendu dehors, gelés, sans aucun abri. Moment frustrant, moment où tu réalises qu'on est au milieu de nulle part. Le dernier jour, levés à 4 h 30 pour voir le geyser Sol de Mañana. Les fumerolles sortaient de terre, odeur de soufre intense et piquante, presque insupportable. Les geysers crachaient de l'eau bouillante à 2 mètres de nous. Guide nous a dit de pas s'approcher trop : il y a eu deux touristes brûlés l'année d'avant. Sensation de danger réelle, respect immédiat de la distance. Retour et bilansNous avons repris le bus Andes Mar en sens inverse. À l'arrivée à La Paz, j'ai vomi une fois (l'altitude et la fatigue). Trois jours après, ça allait mieux, le corps s'était adapté.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Rodríguez à La Paz : vendeurs de fruits, épices, salteñas fraîches à 1,5 bolivianos
Téléphérique rojo : 3 bolivianos, vue sur toute la ville, test de tes nerfs urbains
Restaurant Mono Azul : trucha locale à 65 bolivianos, bien situé dans le centre
Salar d'Uyuni : 3 jours avec Sud Lipez Tours, blanc infini et froid extrême
Geyser Sol de Mañana : odeur de soufre, eau bouillante, 4 h 30 du matin, moment intense
Photos — La Paz + Uyuni
Et au final.
La Bolivie, ce n'est pas la destination facile. Entre l'altitude qui t'épuise, les transports imprévisibles et les toilettes pas toujours propres, ça demande du mental. Mais les gens qu'on a croisés étaient bienveillants, curieux. Le salar vaut vraiment le détour, même si c'est moins magique qu'on l'imagine. L'argent reste peu cher pour le budget. On recommande, mais pas pour ceux qui cherchent du confort.
