Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport El Alto le 15 janvier vers 16h30. Première galère : notre vol Iberia était en retard de 3 heures, et on a cru rater la connexion depuis Madrid. L'aéroport El Alto est à 4 150 m d'altitude, donc dès qu'on descend de l'avion, on sent l'air rarissime et on respire par à-coups. La fatigue du décalage + le soroche (mal d'altitude) sont venus d'un coup. On a pris un micro (minibus blanc) du terminal jusqu'au centre-ville pour 15 bolivianos (environ 2 euros). Le trajet dure 45 minutes sur des routes chaotiques. Les vendeurs de rue criaient depuis les vitrines à chaque arrêt. On a dormi à La Paz deux nuits à l'hôtel Biblioteca, rue Linares, chambre vue sur le Prado. La chambre coûtait 180 bolivianos la nuit (25 euros). Le matin du 16, levé à 5h30 pour explorer les rues en pente avant que la chaleur monte. La Plaza Murillo sent l'encens et l'urine de chien, pas discret. On a déjeuné au café Barista & Buena Vistaà côté de la Cathédrale Metropolitana : café lungo 12 bolivianos, medialunas 8 bolivianos. Un jeune Paceño aux pieds nus vendait de l'ambroisie en poudre sur le trottoir — on a appris après que c'était de la coca mâchée transformée. Marché de la Witchería et le choc du réelLe 17 janvier, on a visité le marché de la Witchería (rue Linares, entre Socabaya et Illampu). C'est le marché des sorcières où on vend tout : os de lama, piment séché, feuilles de coca par sacs entiers, petits fœtus de lama déshydratés pour les rituels. L'odeur mélange le piment brûlé, la terre mouillée et quelque chose d'organique rance. Ça nous a dérangés les premières 5 minutes. On a acheté un sachet de coca légale à 15 bolivianos, c'est amer et léger sur la langue. Une marchande nous a proposé de nous vendre un « vrai » fœtus de lama pour une offrande à la Terre. Mélange de curiosité et de malaise. On a décliné poliment. Le 18 et 19, on a pris un bus depuis la gare de La Paz (Estación Central de Autobuses, rue Mariscal Santa Cruz) à direction du Salar d'Uyuni. Bus Uyuni Tours, départ 19h précises, arrivée le 20 à 6h du matin. Lit pliant, toilettes qui fonctionnaient à peine. Le voyage coûtait 280 bolivianos par personne (38 euros). On a dormi très mal, secoués par les virages. À l'arrivée à Uyuni, ville de 8 000 habitants à 3 656 m, tout était couvert d'une fine poussière blanche. L'air sec craquait sur la peau. On s'est logés à l'hostal de Don Julio (calle Aniceto Arce), 150 bolivianos la nuit, douche chaude inconstante. Trois jours dans le blancOn a réservé un tour de 3 jours avec l'agence Juracan Tours (15 euros de commission locale qu'on aurait pu éviter). Jeep Toyota Land Cruiser branlante, conducteur Oswaldo qui parlait l'aymara, l'espagnol et peu d'anglais. Le premier jour, on a roulé jusqu'aux lagunes roses (Laguna Colorada). La température extérieure était 8°C à midi, malgré le soleil direct. On s'est arrêtés au cimetière de trains à Uyuni : 150 locomotives de 1910 restent rouillées dans le désert, entassées. C'était étrange et triste à la fois. On a mangé à Abaroa (petite ville minière) un plat local : chairo (soupe avec viande de lama, pommes de terre) à 35 bolivianos. Goût salé, fumée de bois de cuisson qui collait aux vêtements. Le deuxième jour, le Salar lui-même. Blanc à perte de vue, 10 800 km² de sel cristallisé. On a visité l'île Incahuasi avec ses cactus géants. Le froid était mordant le matin (moins 3°C estimé), puis la réverbération du sel rendait presque insupportable de fixer l'horizon sans lunettes de soleil. L'équipe a posé l'appareil à terre pour des photos en perspective (typique mais efficace). On a dû arrêter le tour une demi-journée : une autre jeep en panne d'essence à 100 km du Salar nous a retardés. Oswaldo a poussé avec deux autres conducteurs pendant 20 minutes sous le soleil. Une vraie galère, et personne dans le groupe ne souriait. On est revenu à La Paz le 22 janvier en vol de 1 heure avec Aerocon (110 euros). Retour à l'aéroport El Alto à pied depuis l'hôtel : 20 bolivianos en micro, 15 minutes d'agonie respiratoire en montée. Les nuits suivantes, on a exploré les bars de Sopocachi : le bar Mongo's (Calle 20 de Octubre) avec ses pisco sours à 25 bolivianos, ambiance jeune et bruyante. Le 23, dernier jour, visite rapide du musée de l'Or (Avenida Mariscal Santa Cruz). Entrée 30 bolivianos. Les pièces d'or précolombienne sont impressionnantes, mais le musée manque de climatisation — on transpire en pièce exiguë.
Les bons plans repérés sur place.
Marché de la Witchería (rue Linares) : odeur unique, fœtus de lama, expérience brute sans filtre
Salar d'Uyuni avec Juracan Tours : blanc sur blanc, froid mordant à 3 656 m, prévoir 3 jours minimum
Café Barista & Buena Vista près de la Cathédrale (La Paz) : café décent, pastilles locales, vue sur la Plaza
Cimetière de trains d'Uyuni : 150 locomotives rouillées, 10 minutes magiques, accès libre
Photos — La Paz, Uyuni
Et au final.
La Bolivie m'a vraiment marquée par l'altitude (le soroche persiste), l'amabilité des gens et le coût très bas. Mais ce qui m'a frappé aussi, c'est la pauvreté criante à La Paz, les enfants qui vendent des chewing-gums aux feux rouges à 21h du soir. Le Salar est spectaculaire, pas mentir, mais touristique et cher pour le pays. Je recommande si tu as 2-3 semaines et une bonne condition physique.

