Kyiv en temps de résilience : musées cachés et nuits sans électricité
CarnetUkraine202612 jours

Kyiv en temps de résilience : musées cachés et nuits sans électricité

On a décidé de partir à Kyiv en novembre 2023, juste après les bombardements d'octobre. C'était insensé peut-être, mais les gens du coin insistaient : la vie continue. Arrivée à l'aéroport Boryspol à 14h, bus numéro 322…

MA
Publié le
12 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On a décidé de partir à Kyiv en novembre 2023, juste après les bombardements d'octobre. C'était insensé peut-être, mais les gens du coin insistaient : la vie continue. Arrivée à l'aéroport Boryspol à 14h, bus numéro 322 direct vers le centre (130 hryvnia, environ 3,50€). Le chauffeur parlait un anglais approximatif mais avait une musique techno à fond. Odeur de tabac froid dans le bus, fenêtres embuées. Premier hôtel trouvé via une appli locale : Nayada on Maidan, à deux rues de la Maïdan Nezalezhnosti. Chambre 312, 45€ la nuit, petit déj inclus (café trop amer, mais les pamplemousses étaient juteux). La proprio, Olena, nous a expliqué que sans électricité le soir après 18h, il faut s'organiser. Première vraie galère : coupures annoncées. À 19h pétantes, voilà les lumières qui s'éteignent. On s'est retrouvés à naviguer avec les lampes torches des téléphones, comme des touristes débiles. Jours 2-3 : Musées et neige surprise Mercredi matin, levé à 7h pour visiter le Musée national d'art de l'Ukraine (MNAU) avant la foule. Métro station Khreschatyk (ligne rouge), tarif 12 hryvnia. Le bâtiment jaune citron impressionne, mais ce qui m'a vraiment marquée : la salle des icônes du XVIIe siècle. Une Vierge à l'Enfant peinte à la détrempe, les yeux bleu-gris quasi translucides. On sent encore la cire d'époque, ça sent comme les vieilles églises. Déjeuner au restaurant Doma, rue Illienka (à côté du café Funky Elephant). Nous avons pris du bortsch (65 hryvnia) — soupe rouge intense, betterave cuite à fond, avec une crème aigre généreuse. Et des varenyky au fromage blanc (55 hryvnia), petits paquets moelleux, encore chauds, qui brûlaient la langue. Le propriétaire, Maksym, nous a parlé des bombardements de son quartier à Irpin : récit difficile, pas glamour, juste des faits crus. Neige surprise jeudi matin. Flocons épais, température -2°C. On a marché jusqu'à la cathédrale Sainte-Michaël, avec ses dômes bleu cobalt et or qui ressortaient hyper bien sur le ciel gris. Escaliers glacés, pas drôle. Un type a glissé devant nous, on l'a aidé à se relever. Lui aussi avait des histoires de guerre, il nous parlait en russe puis changeait en ukrainien. Malaise linguistique tangible. Jours 4-6 : Marché Bessarabski et arnaque mineure Bessarabski Market : le vendredi, on y est allés tôt (9h30). C'est l'ancien marché du centre, qui sent fort — fromages râpés, saucisses fumées, oignons entreposés pêle-mêle. On a acheté des khachapuri (pain géorgien au fromage) chez une vendeuse qui nous en a donné un gratuit « parce que vous êtes gentils ». Goût richissime, fromage fondu qui coulait, nous avons mangé dans la rue. Galère numéro 2 : taxi Uber. Prix affiché 180 hryvnia, le conducteur prétend que c'est 280 et que l'appli « bug ». On paie, mais on était énervés. Plus tard on apprend que c'est une arnaque semi-classique. Leçon : avoir du cash sur soi, pas que de la carte. Bus numéro 24 vers Podil (quartier ancien), avec ses petites rues pavées. Café Lavka Lavka, on a commandé une salade « de célèbre chef » (ce qui était gentil comme euphémisme). Plutôt bien finalement. Le soir, coupure d'électricité à nouveau à 18h30. On a diné aux chandelles à l'hôtel, c'était presque romantique sans être cucul. Jours 7-9 : Tunnels et Pouchkine On a tenté d'accéder aux tunnels sous Kyiv, ce réseau de galeries de contrebande datant du Moyen Âge. Mais accès restreint à cause de la situation. Visite alternative : Centre Pouchkine (rue Voznesenski), petit musée bizarre consacré au poète russe. Guide passionné qui parlait que du XIXe siècle, ignorant complètement 2023. Surréaliste. Dimanche, gare de Kyiv Pryvokzalna. On a pris un train vers Lviv (train numéro 2, départ 7h55, la gare sent la vapeur diesel et le café instant). Trajet 8h, fenêtres rayées, babouchka voisine qui tricotait une écharpe orange vif sans interruption. Elle nous a offert des pommes de son sac. Lviv en fin d'après-midi : ville plus petite, moins bombardée, plus vivante sur le plan touristique. Jours 10-12 : Lviv et retour Hôtel Leopolis à Lviv, rue Doroshenko. Chambre avec parquet grinçant. Marché Rynok Lvivskyi, plus coloré, plus folklo que celui de Kyiv. On a mangé du zatwartoky (petit pain aux graines) et bu du chocolate chaud très épais (genre pâte chocolat). Place du Marché le soir, restaurants avec guitaristes qui jouaient des standards un peu mous. Nous avons écouté sans enthousiasme débordant. Retour à Kyiv, puis vol Wizz Air (compagnie budget, mais efficace) le jour 12 à 9h du matin. Aéroport Boryspol de nouveau, même odeur de tabac. Tête fatiguée mais changée, si c'est possible d'être « changé » par deux semaines sans électricité le soir et avec la conscience qu'on marche sur un pays meurtri.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Cathédrale Sainte-Michaël avec ses dômes bleu-or : arriver tôt le matin avant les groupes, 20 minutes suffisent.

2

Restaurant Doma (rue Illienka) : bortsch authentique à 65 hryvnia, c'est LE plat à faire, goût de terre et betterave.

3

Musée national d'art (MNAU) : les icônes du XVIIe siècle en salle 3, odeur de cire et détails peints à la main.

4

Bessarabski Market : fruits, fromages, pains géorgiens, aller avant 11h pour avoir le choix, compter 150-200 hryvnia pour un déjeuner.

5

Train Kyiv-Lviv ligne 2 : réserver la veille, trajets lents mais paysages vrais, contact direct avec habitants locaux.

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Photos — Kyiv

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Conclusion

Et au final.

Kyiv nous a secoués. Ce n'était pas une destination « cool » à cocher, plutôt un moment d'humanité brute. Coupures d'électricité, conditions précaires par endroits, rien de spectaculaire. Mais les gens, la nourriture, les musées, une certaine densité de vie malgré tout. Ce qu'on a moins aimé : la fatigue qu'on sentait partout, les silences lourds quand on parlait de la guerre. Et la culpabilité touristique, évidemment.

En résumé

Avis Kyiv : carnet de voyage de 12 jours par marievoyage42

Destination
Kyiv
Pays
Ukraine
Durée
12 jours
Période
octobre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marievoyage42

Photos communautaires : Kyiv

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Questions fréquentes

FAQ — Kyiv

Quand partir à Kyiv ?

Ce voyageur est parti en octobre (automne). Consultez la fiche climat de Kyiv (Ukraine) et les autres carnets de la communauté pour comparer selon la saison souhaitée.

Quel budget prévoir pour 12 jours à Kyiv ?

Le budget dépend du standing (camping / hôtel / location), de la saison et du voyagiste. Lisez le récit complet ci-dessus pour les détails dépensés par ce voyageur, puis comparez avec les autres carnets de Kyiv.

Que faire à Kyiv ?

Découvrez les visites, activités et bonnes adresses partagées dans ce carnet. La page « Kyiv » regroupe l'ensemble des carnets, hôtels et avis de la communauté Vacanceo sur cette destination.

Combien de jours pour visiter Kyiv ?

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Comment se rendre à Kyiv ?

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