Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international de Kuala Lumpur (KLIA) un jeudi soir vers 21 h. Dès la sortie, la chaleur nous a frappés — 32 degrés et 85 % d'humidité. Les taxis refusaient le compteur, on a pris l'Express Rail Link jusqu'à Sentral Station pour 55 MYR par personne. C'était la bonne décision. Les trois premiers jours à KL ont été chaotiques. Nous avons descendu à l'hôtel Tune Hotel près de Chinatown, une boîte no-frills à 35 euros la nuit. L'air conditionné marchait à peine, et le bruit de la rue montait jusqu'à 2 h du matin. Mais une fois dehors, Chinatown valait le coup. Le marché nocturne Petaling Street sentait la sauce soja fermentée et les vapeurs d'huile de friture. On a mangé des char kuey teow (nouilles sautées) chez un vendeur sans enseigne pour 4 MYR. Elles étaient graisseuses, parfaites. Les tours Petronas et le resteOn a fait les Petronas Twin Towers le deuxième matin — levées à 5 h 30 pour éviter la queue. Les billets coûtaient 86 MYR (18 euros), et franchement, la vue était vertigineuse. À 400 mètres d'altitude, on voyait la ville s'étendre grise et verte. Moins spectaculaire qu'espéré, mais les genoux tremblaient quand même. Le problème : la climatisation extrême du bâtiment. On est sortie transi de froid après deux heures à l'intérieur. Nous avons trainé au Pavilion Mall shopping center, un temple du luxe sans grand charme. Un moment plus sympa : le Musée National de Malaisie, gratuit d'entrée, où une vieille femme malaise a expliqué les rituels du Sarawak en anglais chantant. Les sculptures en bois des guerriers Dayak avaient une aura singulière. Direction Penang : le vrai chaosLe bus express vers Penang (Kuala Lumpur Sentral, compagnie Transnasional, 35 MYR) a eu deux heures de retard. On a attendu sur les chaises plastique en buvant du teh tarik tiède acheté à une petite vendeuse. Une femme a vomi dans le bus après 2 h de route, et personne n'a dit quoi que ce soit. Bienvenue en Malaisie. Georgetown, le cœur historique de Penang, nous a choquées. Les rues sont vraiment étroites, surpeuplées, les taxis jaunes n'ont pas de compteur (arnaque classique), et on s'est fait demander quatre fois le prix initial pour une course de 3 km. On a fini par prendre un Grab (l'Uber local) à 7 MYR. Bien plus transparent. Les vraies saveursPenang, c'est là qu'on a mangé juste. Chulia Street regorge de petits restaurants familiaux. On a trouvé le Nasi Kandar Line Clear : riz avec curry de poulet et œuf, 5 MYR (1 euro), mangé accoudée à une table en plastique sous un ventilateur qui brassait l'air tropical. À côté, des ouvriers Bangladais comblaient l'assiette de riz supplémentaire. Le goût était salin, épicé, sucré — tout en même temps. Nous avons aussi tenté le durian au marché central. L'odeur était terrifiante, entre oignon pourri et moisissure. J'en ai goûté un morceau et j'ai compris pourquoi les gens passionnés adorent ça : texture crémeuse, goût sucré et fermé. Mais pas pour moi. Jamais. Randonnée au Penang HillLa station basse du funiculaire Penang Hill Rail (Tram Kabel) se trouve à 9 h d'ouverture. On a pris le train à crémaillère datant de 1923. Aller-retour : 15 MYR. Au sommet, à 821 mètres, la vue sur l'île était brouillée par la mousson, mais on a croisé des singes gris qui volaient les sacs à dos. Un mec s'est fait chiper sa barre protéinée entière. C'était drôle et irritant à la fois. On a passé la dernière soirée au Fort Cornwallis, une forteresse britannique de 1786 en brique rouge. Les gradins à l'intérieur sont usés par les chaussures de deux siècles. L'entrée coûtait 30 MYR. On s'est assis à regarder le détroit de Malacca changer de couleur. Un pêcheur en barque passait avec ses filets. Pas d'emblée spectaculaire, mais vraiment calme.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Petaling Street à minuit, char kuey teow chaude à 4 MYR chez le vendeur sans enseigne
Skybridge des Petronas Towers, 400 m d'altitude, 86 MYR, lever à 5 h 30 en vaut la peine
Nasi Kandar Line Clear à Chulia Street (Georgetown), 5 MYR, l'essence du goût malais
Funiculaire Penang Hill Rail (1923), 15 MYR, singes et vue sur le détroit
Musée National, gratuit, explications poétiques sur les rituels Dayak du Sarawak
Photos — Kuala Lumpur et Penang
Et au final.
La Malaisie m'a plu, avec ses contrastes entre ultra-moderne et débrouillardise, ses saveurs acides et épicées, ses gens souvent souriants. Mais la chaleur collante constante fatigue, et les petites arnaques aux taxis finissent par énerver. À refaire, oui, mais en dormant mieux.
