Comment ça s'est passé.
Levée à 5h30 à l'hôtel Sunway Putra à Chow Kit pour attraper le bus express 2D vers les Petronas Twin Towers. L'air était déjà chaud, humide, étouffant même. Les tours se dressaient là, illuminées encore faiblement. J'ai montré ma réservation (RM85, environ 17 euros) au guichet. Ascenseur en 41 secondes jusqu'au 86e étage. Vue spectaculaire sur la ville qui s'éveillait, mais j'ai aussi réalisé à quel point Kuala Lumpur s'étend sans fin, bétonnée, peu organique. Premier moment marquant : la passerelle de la Skybridge qui relie les deux tours. Franchir ce pont suspendu à 170 mètres, c'est étrange. On sent le vide sous ses pieds, le léger balancement. Un moment de vraie vulnérabilité, pas une photo Instagram. Descente par le LRT (Light Rail Transit) ligne Kelana Jaya jusqu'à Bukit Bintang pour déjeuner. Le marché de Jalan Alor puait la graisse de friture, les nouilles, l'essence évaporée. J'ai commandé du laksa Penang chez un vendeur sans enseigne (RM9, presque rien) : intense, épicé, avec du tamarinde qui vous vrille la bouche. Assis sur un tabouret en plastique rose, à côté d'ouvriers. Authentique sans le mot « authentique ». Galère numéro un : la station de bus vers PenangJ'avais réservé un ticket Ekspres Maharani pour le voyage de 5 heures vers Penang (RM45). Le bus était prévu à 14h30 à la Pudu Sentral Bus Station. À 14h28, un gars des terminaux m'a dit que le départ était repoussé à 15h45 sans explication. Aucun annonce officielle. Rien. J'ai dû attendre sur un banc usé en béton, transpirante, en regardant des routiers manger des beignets. Arrivée à 20h40 au lieu de 19h30. La route était bien, mais cette gestion du retard m'a énervée. Pas de compensation proposée. Penang a changé ma perception du voyage. Georgetown, le vieux quartier, sent l'encens, l'humidité et les murs qui pourrissent lentement. Hôtel Cititel à Batu Ferringhi, chambre vue sur la mer. Plage à 200 mètres, sable gris, eau à 31°C, elle vous enveloppe. J'ai nager à 6h le matin avec trois pêcheurs locaux qui m'ont complètement ignorée. Moment zen que je n'attendais pas. Tourisme revisité : marché de Chulia Street et temple Kek Lok SiChulia Street est bondée, vivante, sale aussi. Vendeurs de souvenirs agressifs, mais honnêtement ? C'est juste du commerce. J'ai acheté des sandales en cuir (RM35) chez un mec qui m'a raconté l'histoire de sa fille étudiante en ingénierie. Le temple Kek Lok Si perché sur la colline : bus 1E depuis le centre (RM2.70). Sept étages, pagode Burmah Thai, statues de bouddha, touristes chinois partout. J'ai grimpé jusqu'au dernier niveau où il y a presque personne. La chaleur était écrasante. Respirez lourdement, la transpiration coule sur les tempes. C'est là que vous savez que vous êtes vraiment sous les tropiques, pas dans un hôtel climatisé. Penang Street Art dans Little India : peintures murales colorées, cerise sur le gâteau touristique, mais bon, on va pas se mentir, c'est devenu une attraction. J'ai mangé du Nasi Kuning chez Hameediyah (RM7) le soir, riz jaune avec poulet, sauce riche. Restaurant tiny, murs jaune pisseux, ventilateur bringuebalant depuis 1985, probablement. Journée libre : défaite par la logistiqueVoulais visiter l'île de Penang Langkawi. Tour opérator (RM280 tout compris) vendeur de rêve. Ferry d'1h30, speedboat au final. Arrivé sur l'île, plage sympa, eau cristalline vraiment. Mais restaurant « local » fermé pour raison religieuse qu'on m'a pas expliquée. J'ai mangé un sandwich au poulet tiède chez 7-Eleven RM12. Retour décalé de 2 heures. Je me suis dit que parfois les plans les plus simples marchent mieux que les gros arrangements. Volée de retour de Kuala Lumpur (Air Asia, RM320 aller-retour avec les taxes) depuis l'aéroport Penang. Pas glamour. Sandwich sec, vol de 1h15. Mais c'est comme ça qu'on rentre.
Les bons plans repérés sur place.
Skybridge des Petronas Twin Towers à l'aube (vue 360° réelle sur KL, RM85)
Laksa de rue à Jalan Alor, chez le vendeur sans enseigne (RM9, épice authentique)
Baignade seule à 6h du matin à Batu Ferringhi, eau à 31°C (décalage horaire brisé)
Escalade du temple Kek Lok Si à Penang (7 étages, chaleur tropicale de fou, silence au sommet)
Marché de Chulia Street le soir (vendeurs honnêtes, histoires de vie vraies, sandales en cuir RM35)
Photos — Kuala Lumpur et Penang
Et au final.
La Malaisie m'a surprise plus qu'elle m'a enchantée. Kuala Lumpur c'est une grande ville moderne avec des coins intéressants mais sans âme particulière. Penang a plus de caractère, de texture, d'histoire dans les murs. J'aurais aimé plus de temps rural, loin du tourisme organisé. Quant aux prix, on est vraiment pas chers pour les touristes occidentaux, c'est presque gênant.
