Fès et ses labyrinthes : 10 jours entre souks étouffants et riads cachés
CarnetMaroc202610 jours

Fès et ses labyrinthes : 10 jours entre souks étouffants et riads cachés

Levé à 5 h 30 pour rejoindre le Riad Fès à pied depuis notre chambre Dar el Andalous, rue Talaa Kebira. Le silence de la médina avant 7 h est presque irréel. Les voix des muezzins depuis trois mosquées différentes…

MA
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10 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Levé à 5 h 30 pour rejoindre le Riad Fès à pied depuis notre chambre Dar el Andalous, rue Talaa Kebira. Le silence de la médina avant 7 h est presque irréel. Les voix des muezzins depuis trois mosquées différentes résonnent en même temps : c'est étrange, pas désagréable, juste dense. On sent déjà l'odeur du fumier des ânes qui transportent les briques par les rues trop étroites. Les trois premiers jours, on s'est perdus. Pas de « se perdre romantiquement » : on a tourné en rond pendant deux heures le premier jour, arrêtés par un vendeur de babouches en cuir qui refusait qu'on passe sans entrer dans sa boutique. Galère concrète : on a dû négocier pendant 20 minutes pour les 180 dirhams (16 euros) pour une paire au lieu des 350 qu'il demandait d'abord. Ça m'a énervé de devoir marchander juste pour acheter quelque chose à prix normal. Les souks et la médinaLe souk des teinturiers (rue Dyers Street, accès par Bab Boujloud) donne directement sur les tanneries. On y était à 9 h du matin, après un café au Café Andalous (3 dirhams le mint tea, soit 0,30 euro). L'odeur des cuves de teinture est violente : c'est chimique, puissant, ça prend à la gorge. Les gars qui travaillent là nous disent que c'est « normal » mais on respire par la bouche pendant dix minutes. Une fille du groupe a trouvé ça insoutenable et a attendu dehors. On s'est arrêtés au restaurant Palais Mnebhi pour manger. Couscous aux sept légumes (85 dirhams, 7,50 euros), tajine d'agneau aux pruneaux (95 dirhams). C'était bon mais sans plus. On s'attendait à quelque chose de dingue et c'était juste correct, déjà assaisonné pour les touristes. Les monuments et les muséesLa Médersa Attarine mérite vraiment le détour. On a payé 30 dirhams l'entrée. Le patio intérieur avec ses zelliges bleus et blancs, c'est vraiment ce qu'on était venu voir. Les escaliers vers les étages sont minuscules, les plafonds bas. On a buté la tête à plusieurs reprises. C'est l'un des moments où on a vraiment senti qu'on était loin de l'Europe : l'architecture n'est pas faite pour nous. Le Musée des armes (Dar Batha, 30 dirhams) a déçu. Trois salles mal éclairées, pas de traductions en anglais sur les panneaux. On y a resté 20 minutes. La vie hors médinaOn a pris le bus numéro 7 de la gare routière (Gare Routière du Nord, avenue Hassan II) pour aller à Sefrou, un village à 30 km. 15 dirhams par personne. Le bus a un quart d'heure de retard, naturellement. Une femme à côté de nous avait une poule vivante sur les genoux dans un sac. Pas loin de nous sentir bêtes avec nos sacs à dos de touristes. À Sefrou, on a mangé dans un petit restaurant sans nom, rue principale. Harira (soupe) et briouat aux amandes (9 dirhams la portion). C'était le meilleur truc qu'on ait mangé au Maroc. La cuillère était froide, le bouillon fumant, l'amande croquante. Le goût sucré-salé était exactement ce qu'on ne savait pas qu'on voulait. Retour le soir, on a dormi à Riad Laaroussa, près de Bab Boujloud. Chambre froide, lit confortable mais douche d'eau tiède. Le propriétaire nous a offert un thé sans qu'on le demande, assis sur des coussins face au patio. Une vraie hospitalité, pas du spectacle touristique. Les derniers joursOn a loué des vélos auprès de la gare Sncf (oui, il y a une gare de trains à Fès) pour aller voir les tanneries de l'extérieur, depuis la montagne. C'était plus intéressant que d'être dedans. Les vats de couleur d'en haut ressemblent à une palette de peintre. Une heure de vélo à travers des petites routes avec des nids-de-poule. Dernier jour : marché de fruits et légumes (Marché Jnan Sbil, en bas de la médina). On y a acheté des grenades, des amandes fraîches encore dans la coque. On s'est assis sur un muret pour manger. C'était simple et c'était bien.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Médersa Attarine : le patio en zellige bleu et blanc, entrez tôt (8 h 30) avant les groupes

2

Sefrou, village de montagne à 30 km : briouat aux amandes et harira chez le restaurant sans nom rue principale

3

Souk des teinturiers et tanneries : allez-y avec quelqu'un qui parle arabe ou français, ne cherchez pas à négocier le prix de la visite

4

Riad Laaroussa pour dormir : petit, calme, propriétaire sans pression commerciale, douche c'est son seul défaut

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Marché Jban Sbil le matin vers 8 h : grenades et amandes fraîches, moins de monde qu'au souk

Album · 6 photos

Photos — Fès

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Conclusion

Et au final.

Fès n'est pas confortable. Les rues sont un dédale qu'on ne maîtrise jamais vraiment, la pollution dans certaines zones de la médina est réelle, le tourisme a changé les interactions. Mais passer 10 jours dedans, loin des coins de carte postale, c'est assez pour sentir que ce n'est pas juste un décor. On reviendrait, mais avec plus de patience.

En résumé

Avis Fès : carnet de voyage de 10 jours par marcbordeaux42

Destination
Fès
Pays
Maroc
Durée
10 jours
Période
septembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marcbordeaux42
L'essentiel

Fès en bref

Pourquoi choisir Fès

  • Architecture labyrinthique authentique préservée loin des zones touristiques standardisées
  • Immersion culturelle intense dans une vie locale non muséifiée, avec hospitalité réelle
  • Budget extrêmement abordable comparé aux destinations méditerranéennes européennes
  • Paysages visuels uniques : tanneries, zelliges, souks vivants sans reconstruction
  • Villages accessibles comme Sefrou offrent gastronomie meilleure que la médina

Pour qui ?

  • Voyageurs indépendants tolérant l'imprévu et l'inconfort
  • Passionnés d'architecture islamale et d'artisanat traditionnel
  • Couples en quête d'authenticité loin des circuits touristiques
  • Photographes cherchant des contrastes visuels bruts et non retouchés
  • Personnes avec 7-10 jours disponibles pour immersioin lente

À éviter si…

  • Vous êtes sensible aux odeurs fortes ou pollution urbaine concentrée
  • Vous recherchez confort moderne, chambres chauffées, douches eau chaude fiable
  • Vous avez peu de temps : moins de 5 jours ne suffisent pas pour dépasser la frustration des labyrinthes
  • Vous refusez de négocier : la culture du marchandage est systématique et inévitable
À découvrir aussi
Médina de FèsBab BoujloudSouk des teinturiersTanneries de FèsMédersa AttarineDar BathaSefrouMarché Jnan SbilGare Routière du NordGare SNCF de FèsRiad FèsCafé Andalous

Photos communautaires : Fès

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© bachmont
Questions fréquentes

FAQ — Fès

Combien de temps faut-il pour ne pas se perdre dans la médina de Fès ?

Le carnet montre que même après 3 jours, les touristes se perdaient régulièrement. La médina n'est pas maîtrisée rapidement : c'est un dédale volontaire. Prévoir 5-7 jours minimum pour une bonne orientation et cesser de considérer les détours comme une galère.

Les odeurs des tanneries et souks sont-elles vraiment insupportables ?

Oui, l'odeur chimique des cuves de teinture est violente et peut être insoutenable pour certains (l'une des voyageurs a dû attendre dehors). Le souk des teinturiers, accès par Bab Boujloud, combine l'odeur des cuves et du fumier des ânes. Respiration par la bouche recommandée pendant la première visite.

Faut-il vraiment marchander pour tout acheter à Fès ?

Oui, la négociation est systématique. L'auteur a dû négocier 20 minutes pour une paire de babouches, passant de 350 à 180 dirhams. C'est fatigant mais incontournable dans les souks. Prévoir du temps et de la patience mentale.

Quel est le meilleur endroit pour manger à Fès ou dans la région ?

Le village de Sefrou (30 km, accessible en bus numéro 7 pour 15 dirhams) offre une meilleure gastronomie authentique que la médina. L'harira et les briouat aux amandes y étaient excellents et bon marché. La médina propose surtout une cuisine touristique assaisonnée d'avance.

Les riads offrent-ils un confort acceptable ?

Confort inégal : lits confortables mais douches d'eau tiède, chambres froides. L'hospitalité authentique (thé offert, patios magnifiques) compense les manques. Riad Laaroussa (près de Bab Boujloud) illustre ce contraste.

Y a-t-il des transports publics efficaces depuis Fès ?

Le bus numéro 7 depuis la Gare Routière du Nord fonctionne mais avec retards. Fès dispose d'une gare SNCF pour les trains. Les vélos peuvent être loués près de la gare pour explorer les alentours et voir les tanneries depuis les hauteurs.

La Médersa Attarine vaut-elle le détour ?

Oui, c'est le monument recommandé du carnet. Les zelliges bleus et blancs du patio intérieur sont remarquables. Entrée 30 dirhams. Attention : architecture traditionnelle avec escaliers minuscules et plafonds bas, risque de se cogner la tête.

Combien coûte réellement un séjour à Fès par jour ?

Budget très modéré : menthe à 3 dirhams (0,30 euro), couscous 85 dirhams (7,50 euros), tajine 95 dirhams, entrées musées 30 dirhams. Les marchandises sont à négocier. Compter 300-500 dirhams par jour (27-45 euros) pour vivre confortablement.