Comment ça s'est passé.
Levé à 5 h 30 pour attraper le vol Tunisair à Lyon, arrivée à Monastir vers 10 h. Pas de galère à l'aéroport, contrairement à ce qu'on craignait. Loueur local « Hertz Monastir » — tarif 35 euros/jour pour une Peugeot 308 diesel. Route vers Djerba via l'A1, environ 1 h 30, paysage plat, terres ocres, chaleur déjà écrasante à midi (36 °C affiché sur le thermomètre de la voiture). Premier hôtel : le Dar El Bhar à Midoun, côté budget touristique. Chambre propre, petit-déjeuner basique mais honnête (oeufs, pain, miel, café turc épais qui colle au palais). Nous avons demandé la « vraie » Djerba, pas la zone hôtelière d'Aghir où s'entassent les familles allemandes et scandinaves. Les souks et le quotidienMarché de Midoun, samedi matin. Odeur mélangée de poisson fumé, épices (cumin, coriandre écrasée), urine de chameau derrière le marché aux bêtes. Les vendeurs criaient les prix en arabe et en français approximatif. Nous avons acheté des dattes Deglet Noor (3 euros le kilo), des pignons de pin grillés au sel (très cher pour la quantité : 8 euros). Pain galette encore chaud sorti du four, 0,50 euros. Le couscous dans un petit resto sans nom avenue Bourguiba : assiette généreuse, sauce à la tomate, raisins secs, prix 5 euros, portions massives. Mercredi, visite à Sfax en bus longue distance. Gare routuelle chaotique, bus SNTRI numéro 104, départ annoncé à 8 h, départ réel à 8 h 45. Pendant le trajet (1 h 45), passagers qui descendaient en pleine route, vendeurs qui montaient avec des plateaux de bananes et d'eau gazeuse. Température intérieure du bus : 28 °C, climatisation défaillante, mais ambiance chaleureuse, un monsieur nous a offert du thé à la menthe dans un gobelet en plastique. Sfax : la ville sans détourSfax n'est pas un décor touristique. Médina fortifiée, petite, murs crénelés du XIIIe siècle (ou presque), mais les boutiques vendaient surtout des vêtements de sport contrefaits et des pièces auto. Aucun vendeur de souvenirs agressif ici. Nous nous sommes perdu dans les ruelles, demandé trois fois notre chemin, finalement trouvé un café nommé Café El Jadida au hasard. Café très noir, sucre cristallisé, goût ressemblant à du chicorée brûlée. Conversation avec un retraité qui parlait français, nous a raconté que Sfax était « la vraie Tunisie, pas comme la côte ». Peut-être. Restaurant le soir : Au Pêcheur, petite place côté port. Poulpe grillé (6 euros), très frais, goût salé iodé intense. Accompagnement de pommes de terre bouillies sans assaisonnement (moins bon). Vin rouge local « Château Mornag » (9 euros la bouteille, buvable mais tannique). Un moment où un client tunisien a commencé à nous parler politique, sujet qu'on a esquivé poliment. Les plages et l'usure touristiqueRetour à Djerba. Plages du côté d'Ras Rmel, sable fin, eau transparente à 27 °C. Mais aussi des amoncellements de sacs plastiques près de la rive, bétonnage croissant depuis dix ans selon notre hôtelier. Journée à la plage, parasol loué 3 euros, déjeuner au bar de plage : sandwich thon-tomate-mayonnaise 4 euros, eau en bouteille 1,50 euro. Sieste sous le parasol, brûlures mineures malgré la crème solaire SPF 50. Visite à la Mosquée Al-Fadl (gratuit, respect des codes vestimentaires). Intérieur frais, carrelage blanc, silence. L'imam n'a pas soulevé de problème, contrairement à ce qu'on redoutait en tant que touristes chrétiens. Point positif sans équivoque. Petites galères et réalitésJour 8, crevaison de la Peugeot sur la route vers Ajim. Attente une heure pour un mécanicien, réparation de fortune avec chambre à air rustique (10 euros), inquiétude injustifiée : la voiture a tenu jusqu'au retour. Jour 10, tentative de négociation dans une bijouterie (or et pierres noires), vendeur insistant, prix gonflé délibérément, nous avons refusé, ambiance légèrement tendue. Facture réelle probable : 60 % du prix affiché. Eau du robinet de l'hôtel : douteuse, nous avons acheté en bouteille. Dernière nuit à La Residence à Monastir avant vol retour. Chambre rénovée, vue sur la Méditerranée au loin, petit-déjeuner avec pâtisseries tunisiennes (makroudh au miel, trop sucré selon nos critères, bon selon d'autres). Départ à 3 h du matin, route vers aéroport, vol Tunisair décollage à l'heure, sièges étroits, mais arrivée à Lyon prévue.
Les bons plans repérés sur place.
Marché de Midoun le samedi matin : arriver tôt (7 h 30), odeurs de poisson et épices, authentique sans être folklorique pour touristes
Sfax, Médina et rue principale Bourguiba : ville réelle, sans trop de béton blanc hôtelier, cafés locaux authentiques
Plages nord de Djerba côté Ras Rmel : eau claire, moins surpeuplées qu'Aghir, parasol + déjeuner simple pour budget serré
Bus SNTRI Djerba-Sfax : trajet à 7 euros, expérience locale, pas compter sur la climatisation mais rencontre garantie
Restaurant Au Pêcheur, Sfax : poulpe grillé du jour, port vrai, vin rouge local, pas guinguette pour touristes
Et au final.
Djerba et Sfax offrent deux faces de la Tunisie : le tourisme balnéaire établi et un quotidien moins éclairé. Coût global très raisonnable, accueil nuancé (entre chaleur et arnaque légère), et paysage qui n'a rien d'exceptionnel mais une certaine honnêteté dans ce qu'il propose. À refaire, peut-être en prolongeant vers les ksours du sud, moins visités.







