Djerba et Sfax : entre plages de rêve et réalité tunisienne
CarnetTunisie202612 jours

Djerba et Sfax : entre plages de rêve et réalité tunisienne

Levé à 5 h 30 pour attraper le vol Tunisair à Lyon, arrivée à Monastir vers 10 h. Pas de galère à l'aéroport, contrairement à ce qu'on craignait. Loueur local « Hertz Monastir » — tarif 35 euros/jour pour une Peugeot…

MA
Publié le · mis à jour le
12 jours4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Levé à 5 h 30 pour attraper le vol Tunisair à Lyon, arrivée à Monastir vers 10 h. Pas de galère à l'aéroport, contrairement à ce qu'on craignait. Loueur local « Hertz Monastir » — tarif 35 euros/jour pour une Peugeot 308 diesel. Route vers Djerba via l'A1, environ 1 h 30, paysage plat, terres ocres, chaleur déjà écrasante à midi (36 °C affiché sur le thermomètre de la voiture). Premier hôtel : le Dar El Bhar à Midoun, côté budget touristique. Chambre propre, petit-déjeuner basique mais honnête (oeufs, pain, miel, café turc épais qui colle au palais). Nous avons demandé la « vraie » Djerba, pas la zone hôtelière d'Aghir où s'entassent les familles allemandes et scandinaves. Les souks et le quotidienMarché de Midoun, samedi matin. Odeur mélangée de poisson fumé, épices (cumin, coriandre écrasée), urine de chameau derrière le marché aux bêtes. Les vendeurs criaient les prix en arabe et en français approximatif. Nous avons acheté des dattes Deglet Noor (3 euros le kilo), des pignons de pin grillés au sel (très cher pour la quantité : 8 euros). Pain galette encore chaud sorti du four, 0,50 euros. Le couscous dans un petit resto sans nom avenue Bourguiba : assiette généreuse, sauce à la tomate, raisins secs, prix 5 euros, portions massives. Mercredi, visite à Sfax en bus longue distance. Gare routuelle chaotique, bus SNTRI numéro 104, départ annoncé à 8 h, départ réel à 8 h 45. Pendant le trajet (1 h 45), passagers qui descendaient en pleine route, vendeurs qui montaient avec des plateaux de bananes et d'eau gazeuse. Température intérieure du bus : 28 °C, climatisation défaillante, mais ambiance chaleureuse, un monsieur nous a offert du thé à la menthe dans un gobelet en plastique. Sfax : la ville sans détourSfax n'est pas un décor touristique. Médina fortifiée, petite, murs crénelés du XIIIe siècle (ou presque), mais les boutiques vendaient surtout des vêtements de sport contrefaits et des pièces auto. Aucun vendeur de souvenirs agressif ici. Nous nous sommes perdu dans les ruelles, demandé trois fois notre chemin, finalement trouvé un café nommé Café El Jadida au hasard. Café très noir, sucre cristallisé, goût ressemblant à du chicorée brûlée. Conversation avec un retraité qui parlait français, nous a raconté que Sfax était « la vraie Tunisie, pas comme la côte ». Peut-être. Restaurant le soir : Au Pêcheur, petite place côté port. Poulpe grillé (6 euros), très frais, goût salé iodé intense. Accompagnement de pommes de terre bouillies sans assaisonnement (moins bon). Vin rouge local « Château Mornag » (9 euros la bouteille, buvable mais tannique). Un moment où un client tunisien a commencé à nous parler politique, sujet qu'on a esquivé poliment. Les plages et l'usure touristiqueRetour à Djerba. Plages du côté d'Ras Rmel, sable fin, eau transparente à 27 °C. Mais aussi des amoncellements de sacs plastiques près de la rive, bétonnage croissant depuis dix ans selon notre hôtelier. Journée à la plage, parasol loué 3 euros, déjeuner au bar de plage : sandwich thon-tomate-mayonnaise 4 euros, eau en bouteille 1,50 euro. Sieste sous le parasol, brûlures mineures malgré la crème solaire SPF 50. Visite à la Mosquée Al-Fadl (gratuit, respect des codes vestimentaires). Intérieur frais, carrelage blanc, silence. L'imam n'a pas soulevé de problème, contrairement à ce qu'on redoutait en tant que touristes chrétiens. Point positif sans équivoque. Petites galères et réalitésJour 8, crevaison de la Peugeot sur la route vers Ajim. Attente une heure pour un mécanicien, réparation de fortune avec chambre à air rustique (10 euros), inquiétude injustifiée : la voiture a tenu jusqu'au retour. Jour 10, tentative de négociation dans une bijouterie (or et pierres noires), vendeur insistant, prix gonflé délibérément, nous avons refusé, ambiance légèrement tendue. Facture réelle probable : 60 % du prix affiché. Eau du robinet de l'hôtel : douteuse, nous avons acheté en bouteille. Dernière nuit à La Residence à Monastir avant vol retour. Chambre rénovée, vue sur la Méditerranée au loin, petit-déjeuner avec pâtisseries tunisiennes (makroudh au miel, trop sucré selon nos critères, bon selon d'autres). Départ à 3 h du matin, route vers aéroport, vol Tunisair décollage à l'heure, sièges étroits, mais arrivée à Lyon prévue.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Marché de Midoun le samedi matin : arriver tôt (7 h 30), odeurs de poisson et épices, authentique sans être folklorique pour touristes

2

Sfax, Médina et rue principale Bourguiba : ville réelle, sans trop de béton blanc hôtelier, cafés locaux authentiques

3

Plages nord de Djerba côté Ras Rmel : eau claire, moins surpeuplées qu'Aghir, parasol + déjeuner simple pour budget serré

4

Bus SNTRI Djerba-Sfax : trajet à 7 euros, expérience locale, pas compter sur la climatisation mais rencontre garantie

5

Restaurant Au Pêcheur, Sfax : poulpe grillé du jour, port vrai, vin rouge local, pas guinguette pour touristes

Conclusion

Et au final.

Djerba et Sfax offrent deux faces de la Tunisie : le tourisme balnéaire établi et un quotidien moins éclairé. Coût global très raisonnable, accueil nuancé (entre chaleur et arnaque légère), et paysage qui n'a rien d'exceptionnel mais une certaine honnêteté dans ce qu'il propose. À refaire, peut-être en prolongeant vers les ksours du sud, moins visités.

En résumé

Avis Djerba : carnet de voyage de 12 jours par marclyon42

Destination
Djerba
Pays
Tunisie
Durée
12 jours
Période
novembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marclyon42
L'essentiel

Djerba en bref

Pourquoi choisir Djerba

  • Coûts ultra-abordables : restauration 4-8 euros, hôtels 40-60 euros, activités presque gratuites
  • Contraste authentique entre tourisme balnéaire et vie locale non-artificielle
  • Plages de sable fin et eau transparente (27°C) accessibles et peu encombrées
  • Gastronomie côtière excellente : fruits de mer très frais et bon marché
  • Facilité logistique depuis la France : vols directs Tunisair, pas de complications aéroport

Pour qui ?

  • Routards cherchant l'authenticité hors sentiers balisés
  • Couples voulant combiner détente plage et immersion culturelle
  • Voyageurs à petit budget tolérant l'inconfort mineur
  • Amateurs de gastronomie méditerranéenne et locale
  • Personnes intéressées par l'urbanisme et l'industrie réelle (Sfax)

À éviter si…

  • Vous exigez une eau potable garantie du robinet et une infrastructure sanitaire impeccable
  • Vous cherchez des plages vierges de pollution plastique
  • Vous refusez les négociations commerciales agressives en bijouterie et souks
  • Vous avez besoin de confort hôtelier élevé et de services luxe
À découvrir aussi
MonastirAéroport de MonastirSfaxMédina de SfaxDjerbaMidounRas RmelAjimAghirMosquée Al-FadlPort de SfaxÎles Kerkennah

Photos communautaires : Djerba

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2013-01-22 08.46.57
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© alexandredecostier
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© Phil_Heck
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P1010902
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Port de Houmt Souk Djerba Tunisie
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© phileole
Port de Houmt Souk Djerba Tunisie
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© phileole
Port de Houmt Souk Djerba Tunisie
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© phileole
Questions fréquentes

FAQ — Djerba

Quel est le coût moyen d'un séjour à Djerba ?

Selon ce voyage de 12 jours, la location de voiture coûte 35 euros/jour, l'hôtel budget 40-60 euros/nuit, les repas 4-8 euros en local, et les activités plage 3-4 euros. Budget total très raisonnable, environ 30-50 euros/jour hors vols.

Comment se rendre de l'aéroport de Monastir à Djerba ?

La route via l'A1 prend environ 1h30. Location de voiture recommandée (35 euros/jour auprès de Hertz Monastir). Alternative : bus longue distance SNTRI, ponctualité aléatoire mais ambiance locale authentique.

Que visiter à Sfax en tant que touriste ?

La médina fortifiée du XIIIe siècle est l'attraction principale, avec ruelles labyrinthiques authentiques. Peu de commerces touristiques, davantage de boutiques locales. Le port et les restaurants de fruits de mer (poulpe grillé 6 euros) offrent une expérience culinaire côtière sans agressivité commerciale.

Les plages de Djerba sont-elles polluées ?

Le sable fin et l'eau transparente (27°C) sont agréables, mais des amoncellements de sacs plastiques sont visibles près des rives. Le bétonnage touristique augmente depuis dix ans selon les hôteliers locaux. Plages accessibles mais avec impacts environnementaux croissants.

Peut-on négocier les prix à Djerba et Sfax ?

Oui, notamment en bijouterie où les prix affichés sont souvent gonflés délibérément (facteur 60% au minimum). Les marchés (Midoun) ont des tarifs fixes ou légèrement négociables. Sfax moins agressif commercialement que les zones touristiques côtières.

Faut-il respecter un code vestimentaire en visitant les mosquées ?

Oui, la Mosquée Al-Fadl de Djerba requiert le respect des codes vestimentaires. L'accès est gratuit et l'intérieur frais et accueillant. Les imams sont généralement ouverts aux touristes non-musulmans respectueux.

L'eau du robinet de l'hôtel est-elle potable ?

Non, l'eau du robinet est douteuse. Il est recommandé d'acheter de l'eau en bouteille (1,50 euro le litre environ). Précaution valable dans les hôtels budget comme le Dar El Bhar à Midoun.

Comment se déplacer entre Djerba et Sfax ?

Bus SNTRI longue distance : trajet 1h45, départ généralement en retard (30-45 min), tarif très abordable, ambiance locale chaleureuse avec vendeurs ambulants. Voiture de location préférable pour plus de flexibilité.