Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Monastir le 14 mars en fin d'après-midi sur un vol Tunisair. Pas de grosse file d'attente à la douane, mais le contrôleur a quand même voulu vérifier nos trois fois nos passeports. Loué une Renault Clio chez Hertz pour 45 euros par jour, sans assurance supplémentaire — erreur qu'on a regrettée plus tard. Direction Djerba directement, route RN1 puis pont de Gantès, environ deux heures de route sur des axes décents mais bien usés. Arrivée à Djerba vers 19h. Installés à l'Hôtel Vincci Nozha Beach, trois étoiles côté lagon, chambre 312 avec vue sur la mer. Le patron de la réception nous a proposé un verre de thé à la menthe sucré — fort, presque trop sucré, mais on a apprécié le geste. Le premier soir, marché de Houmt Souk fermé, donc diner au restaurant de l'hôtel : brik à l'œuf et fruits de mer, 32 dinars, c'était correct. La brise venait du large, une odeur iodée mélangée aux fumes du barbecue, assez agréable au final. Jours 2-3 : Djerba, plages et galères motoriséesNous nous sommes levés tôt le lendemain pour tenter une baignade. L'eau était froide — mars en Méditerranée, pas le moment idéal. Nous avons nagé une vingtaine de minutes avant de rentrer trembler. Petit-déjeuner à l'hôtel, sucré et copieux : pain traditionnel, miel, fromage, olives. Puis direction la plage d'El Kantara, plus calme. C'est là que la Clio a commencé à faire un bruit inquiétant au freinage. Nous avons appelé Hertz — 45 minutes d'attente au téléphone, transfert chez un garage local à Midoun. Deux heures perdues pour juste une révision des plaquettes, gratuite heureusement, mais l'après-midi était gâché. Jour 3, nous avons visité la mosquée El Ghriba à Erriadh, la plus ancienne de Tunisie selon les habitants. Chaussures enlevées à l'entrée, le sol était froid et lisse. Les calligraphies en bleu et turquoise étaient belles, pas besoin de superlatifs, c'était juste là. Déjeuner chez Chez Zarkouni, petit restaurant de pêcheurs avec trois tables, 18 dinars pour un plat de crevettes avec riz. Le propriétaire nous a parlé de ses fils, l'un en France, l'autre à Tunis, il voulait absolument nous vendre des souvenirs après le repas — nous avons poliment refusé. Jours 4-5 : Tozeur et le grand tournantNous avons pris la route vers Tozeur mercredi matin, direction le sud-ouest. Route PN10 puis déviations sur des pistes, environ cinq heures. Paysage changeait progressivement : oasis de palmiers dattiers, puis vrai désert. Arrêt à Kébili pour l'essence et des galettes salées au marché — deux dinars la galette, mangées dans la voiture avec du jus de grenade tiède acheté au même endroit. Odeur de poussière et de carburant qui collait à la peau. Nous n'étions pas habitués à la sécheresse de l'air. Arrivée à Tozeur vers 17h30. Chambre à la Dar Cherait, ancienne maison traditionnelle rénovée en guesthouse, 65 euros la nuit. Décoration en zellige bleu, cour intérieure, puits souterrain — c'était un vrai changement d'ambiance. Diner au restaurant Dar Sabra dans la médina : tagine de poisson avec pruneaux, 24 dinars. Nous avons mangé en regardant le coucher de soleil depuis la terrasse, la lumière qui rougissait et peignait les briques ocres. Moment où on s'est dit qu'on ne devrait pas se plaindre pour la Clio. Jour 6 : Chott El Djerid et déception relativeLevés à 5h30 pour partir au Chott El Djerid au lever du soleil. Guide local nous attendait à 6h devant l'hôtel, 80 dinars pour quatre heures. Nous avons roulé sur le sel blanc du lac asséché pendant une heure. C'était vaste, blanc, vide — mais aussi brûlant sous les pieds et un peu décevant pour celui qui s'attendait à des teintes roses et mauves du cinéma. Le guide nous a montré les mirages — eau qui n'existe pas — et j'ai senti mon cœur s'accélérer d'un mélange de peur et d'émerveillement. Le désert était bien là, impassible et sec, indifférent à notre enthousiasme. Retour vers 11h, douche pour enlever le sel, puis visite de la Médina de Tozeur. Petites rues étroites, brickwork traditionnel en briques colorées. Nous avons acheté des dattes — deux euros le kilogramme chez Deglet Noor, les meilleures vendues à Tozeur — et du smen, beurre clarifié traditionnel. Dernier repas à Tozeur chez Café du Sud, pâtes « Tozeur style » pour 15 dinars et un café turc épais et amer qui n'était pas mauvais. Jour 7-10 : retour à Djerba et refluxNous avons repris la route vers Djerba vendredi, retour un peu laborieux. Une crevaison à 40 km de Kébili — pneu arrière droit. Changement avec l'aide d'un routier algérien qui avait une pompe manuelle. Une heure perdue. Nous avons regagné Djerba le soir, épuisés. Les trois derniers jours ont été plus farnients : plage, café au lait tiède aux terrasses du port, shopping sans enthousiasme particulier au souk. Nous avons pris notre dernier repas à l'hôtel, puis vol de retour dimanche matin sur Tunisair, 6h25 de départ — réveil à 4h45.
Les bons plans repérés sur place.
Mosquée El Ghriba d'Erriadh (Djerba) : carreaux bleus turquoise, calligraphies intactes, accueil gratuit sans harcèlement
Chott El Djerid au lever du soleil : sel blanc à perte de vue, paysage vaste et un peu vide
Marché de Houmt Souk (Djerba) : fruits frais, olives en vrac, vendeurs de tapis (à négocier fermement)
Dar Cherait (Tozeur) : guesthouse en maison traditionnelle avec cour intérieure et terrasse sud-ouest
Plage d'El Kantara (Djerba) : moins touristique, eau calme, pêcheurs le matin
Et au final.
La Tunisie nous a donné ce qu'on cherchait sans trop nous surcharger : des paysages variés, une nourriture savoureuse, une accueil bienveillant même si parfois commercial. Mais honnêtement, dix jours c'était peut-être un jour de trop, et le désert, malgré son importance, ne nous a pas transcendés comme prévu.