Comment ça s'est passé.
Nous avons décollé de Paris-Orly à 6 h 45 avec Air Tunisie (vol TU 303), arrivés à Tunis-Carthage vers 10 h 30 après un trajet sans histoires. L'aéroport était étouffant, 28 °C dès le matin, climatisation défaillante. Depuis Tunis, nous avons pris un louage (taxi collectif) jusqu'à Djerba, 4 heures de route à travers des paysages de steppe. Le chauffeur, Habib, nous a déposés au Dar Zarkouna Hotel sur l'avenue Habib Bourguiba à Midoun vers 15 h 30. Djerba, c'est d'abord cette odeur de sel marin mélangée à l'essence bas de gamme. Les plages côté nord sont larges, le sable ocre-orange, mais bondées de vendeurs à la criée. Les premiers jours, on a testé le restaurant Chez Slah près du port de pêche : une assiette de couscous aux pois chiches (6 dinars tunisiens, soit environ 1,80 €) et un café noir (1 dinar). Correct mais gras, servi à 13 h pile. Les serveurs pressaient les touristes, on s'était sentis un peu bousculés. La vraie galère : le marché central de DjerbaMercredi matin, nous avons voulu explorer le souk. Mauvaise décision. Le vendeur de tapis au coin de la rue de la Mosquée Jerbaïenne nous a parlé pendant 45 minutes, insistant pour nous vendre une couverture berbère à 120 dinars (36 €). Nous avons refusé gentiment, il a fait une tête. Pire encore, un autre homme a prétexté être un « ami » du vendeur pour nous proposer des « vraies » pièces de musée en or. C'était du toc, bien sûr. Nous avons dû nous enfuir presque en courant. Aucune arnaque grave, mais l'ambiance du marché était étouffante au sens propre : 40 °C, 800 personnes dans 200 mètres carrés, odeur de menthe écrasée et de transpiration. Heureusement, nous avons trouvé refuge au café Oasis à côté de la Grande Mosquée, où un propriétaire nommé Mohamed nous a servi un thé à la menthe frais (2 dinars) sans nous presser. Il nous a parlé de sa vie, de sa famille qui était partie à Marseille. Des vrais échanges. Gabès et ses contrasteJeudi, nous avons loué une voiture via Europcar (à l'hôtel, 45 € pour la journée, essence incluse). Route vers Gabès, 75 km au sud-ouest, 1 h 30 de route sur la RN1. Gabès est une ville industrielle, pas touristique. On s'y sentait comme des intrus. Le belvédère de la Cité Antique offre une vue sur les oasis, mais le site était fermé pour « rénovations » (panneau depuis deux ans, apparemment). Déjeuner au restaurant populaire Chez Fatima, rue Mohamed Ali : skewer de brochettes de mouton grillé (8 dinars, 2,40 €), excellent, des saveurs poivrées qui piquaient les lèvres. Le type à côté de nous lisait un journal en arabe datant de 1998, accroché au mur. Lundi, retour plage à Djerba. Nous avons loué deux chaises longues à la plage d'Ezzahra (10 dinars chacune la journée) et resté là de 10 h à 17 h. L'eau était tiède, légèrement salée, agréable. Un moment rare de paix vraie, loin des vendeurs. Seul bémol : une tempête de sable fine s'est levée vers 15 h, nos vêtements étaient recouverts de poussière rouille. Les derniers jours, repas à l'hôtel ou petites échoppes. Nous avons goûté la chakchouka à l'œuf (œuf poché dans une sauce tomate épicée, 4 dinars) au café du coin, excellent. La pastilla, feuilletage fourré à la viande hachée et amande, était trop sucrée pour nos goûts. Avant le départ, samedi matin à 5 h, nous avons vu le lever du soleil depuis la plage sud de Djerba, avec les chalutiers qui rentraient. C'était calme, l'air sentait bon l'iode et la pêche du jour.
Les bons plans repérés sur place.
Et au final.
Djerba offre des plages vraies et des rencontres humaines quand on prend le temps. Gabès nous a déçus, c'est surtout une halte fonctionnelle. Le tourisme de masse à Djerba peut être usant, les arnaqueurs harcèlent. Néanmoins, ceux qui restent en dehors des sentiers battus trouvent une Tunisie à échelle humaine.







