Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Málaga un dimanche matin à 6h30, après un vol Ryanair depuis Toulouse. Le bus n° 3 de la gare routière de Málaga nous a menés jusqu'à Grenade en deux heures pour 12 euros. C'est là que nos dix jours andalous ont vraiment commencé. Notre hôtel, le Carmen Aben Humeya en casco antiguo, nous a offert une petite terrasse avec vue sur la Sierra Nevada à distance. La chambre sentait l'humidité des murs en pierre ancien, presque agréable. Nous nous sommes levés à 5h30 le premier matin pour monter à l'Alhambra sans foule : ticket acheté en ligne, 15 euros. Les patios intérieurs du Patio de los Leones gardaient encore une fraîcheur stupéfiante même à 7h du matin, et l'odeur d'eau stagnante des fontaines m'a rappelé des endroits que je fréquentais enfant. Les murs ocre et bleu glazurite ne ressemblent à rien d'autre. Le moment marquant de Grenade a eu lieu au Mercado de San Agustín, mercredi après-midi. Nous avons grappillé des jamones et des espinacas con garbanzos à plusieurs petits bars à l'intérieur du marché. Une espinaca con garbanza coûtait 4 euros, servis chaud dans une petite terrine. L'intensité du goût de noix sur les épinards m'a surpris. Un type à ma gauche, probablement local, discutait avec le serveur en andalou pur. C'était vivant, sans apprêt. Mais le trajet Grenade-Séville nous a causé du souci. Le bus de 10h30 (compagnie Alsa) a eu une crevaison aux alentours de Osuna. Arrêt d'une heure et demie sans explication claire. Nous avons mâché du chewing-gum en regardant des champs de tournesols jaunes pâles. Nous ne sommes arrivés à Séville qu'en fin d'après-midi. Séville, c'est autre chose. Plus étouffante, plus bruyante. Notre guesthouse était près de la Plaza de Armas (la gare principale). Nous avons dîné la première soirée au Eslava, rue Betis, en bord de Guadalquivir. Croquettes de jambon ibérique (8 euros la portion), poulpe grillé au citron (12 euros). Le restaurant était bondé, les serveurs parlaient vite, nous avons dû répéter notre commande trois fois. Le Guadalquivir à la tombée du jour sent la vase chaude et les restaurants. Jeudi matin, nous avons visité la Cathédrale et la Giralda. Entrée 5 euros (tarif réduit). Les azulejos bleus et blancs des cloîtres sont intacts depuis le XVIe siècle. Nos pieds nous tuaient après les escaliers internes de la Giralda. Nous avons pris un café au bar du coin, un cortado pour 1,80 euro. Réalité : j'ai trouvé le Barrio Santa Cruz touristique, trop prévu d'avance, trop de restaurants avec des menus en dix langues. Vendredi, excursion à Ronda. Train de 8h54 depuis la Estación de Santa Justa (compagnie Renfe). Paysage blanc et beige des serranías, petit village blanc accroché aux falaises du Tagus. Le restaurant Casa María sur la Plaza Duomo nous a servi une ronde de espetos (poissons grillés, 6 euros chacun) et un verre de manzanilla locale. La température a monté à 34°C en début d'après-midi. Ronde est belle, oui, mais très orchestrée. Nous avons croisé au moins quatre groupes de touristes organisés en deux heures. Samedi, nous avons quitté le circuit principal pour Olmedo de la Sierra, un village blanc vrai à 40 km de Séville. Minibus local parti de la Plaza de Armas à 9h (7 euros). Trois touristes à bord, le reste des fermiers et des femmes. Nous avons mangé une gazpacho chez une femme qui la vendait dans sa cuisine (3 euros le bol), assis contre le mur blanc de sa maison. Pas de menu touristique, zéro anglais parlé. C'est là que j'ai compris la différence.
Les bons plans repérés sur place.
Patio de los Leones à l'Alhambra, arrivée avant 7h (tickets en ligne, 15 euros)
Mercado de San Agustín à Grenade, espinacas con garbanzas chez un petit barman local (4 euros)
Ronda depuis Renfe Santa Justa, train 8h54, et les espetos chez Casa María (6 euros)
Route à Olmedo de la Sierra en minibus (7 euros), gazpacho maison chez l'habitante
Terrasse du Carmen Aben Humeya le matin avant 7h, calme total et vue sur la Sierra
Et au final.
L'Andalousie nous a donné ce mélange de vrai et de trop-visité. Grenade moins étouffante que Séville. Les villages blancs, oui, il faut les trouver hors des routes principales. La gastro régionale vaut le coup si on sort des restaurants à terrasse. Un bémol : fin mars, c'est encore frais le matin et très chaud l'après-midi sans transition.