Comment ça s'est passé.
Arrivée à Tirana, première déceptionVol Wizz Air Lyon-Tirana à 6 h 45. L'aéroport international Mère-Térésa est petit, presque vide à notre arrivée. Taxi sans compteur jusqu'à l'hôtel Boutique Tirana Central (rue Kavajës, chambre 304) : 2 500 lek, soit environ 21 euros. Le chauffeur parlait anglais cassé, m'a fauché 500 lek de plus en prétendant que le prix avait changé. Première galère. Arrivée à 10 h 30, check-in à midi autorisé moyennant 10 euros. Tirana m'a surpris négativement au premier coup d'œil. Blocs soviétiques roses, jaunes et turquoise côte à côte. Boulevard Deshmoret e Kombit avec ses bâtiments colorés peints par Edi Rama dans les années 2000 : c'est bruyant, dense, presque chaotique. Rien du calme méditerranéen attendu. Les rues sentaient l'essence, la nourriture frite et la poussière urbaine épaisse. J'ai marché 45 minutes pour atteindre le centre. Découverte progressivePetit-déjeuner au café Tlegit (place Skanderbeg) : café turc à 80 lek (0,65 euro), très fort, presque amer, et une part de burek aux épinards (120 lek). Le burek était chaud, feuilleté, réussi. La place Skanderbeg elle-même dominée par la mosquée Et'hem Bey restaurée, puis je monte à 13 h 30 à la forteresse Rozafa pour la vue. Escalade de 15 minutes. Là-haut, le souffle revient : Tirana en entier sous les yeux, les montagnes en arrière-plan gris-bleu. Deux euros d'entrée, aucun panneau informatif en français. Le jour 3, j'ai pris le bus régional blanc Fani (ligne Tirana-Durrës) pour 50 lek. 30 minutes de route côtière, fenêtre ouverte, odeur salée et moteur diesel. Durrës, station balnéaire ex-yougoslave décatie mais vivante. J'ai déjeuné au restaurant Pepe's (front de mer, quai principal) : grillades de poisson frais, fries maison, bière Korça locale (250 lek le repas complet). Le garçon était jeune, chaleureux, zéro pression pour ajouter des trucs. Moment marquant : la randonnée vers ThethJour 5, j'ai loué une voiture via Hertz (agence rue Durrës, Tirana) pour 35 euros/jour. Route vers le nord, direction les Alpes albanaises et le village de Theth. Cinq heures de route. Paysages de montagne abrupte, villages suspendus, routes en lacets sans marquage au sol. Arrêt à Bajram Curri à 18 h, village poussiéreux avec une seule guesthouse, Guesthouse Rrufe (8 euros la nuit, eau chaude intermittente). Le proprio, Drita, 68 ans, m'a servi un dîner fait maison : viande grillée à la plancha, salade de tomate-concombre-oignon cru, pain blanc maison. Pas de prétention. Elle m'a parlé du blocus des années 1990, comment la région s'était reprise difficilement. Jour 6, randonnée solo vers les cascades de Theth. Levé à 5 h 30 pour le départ à 6 h 45. Sentier boueux, trois heures aller. L'air était froid le matin (6-8 °C ressentis), puis s'est réchauffé. Les cascades Gropë e Thethit, une double chute d'eau claire dans un cirque rocheux gris et vert. Assis une heure sans parler. Moment d'arrêt rare. Retour à Tirana, derniers joursJour 8, musée historique national (entrée rue Deshmoret e Kombit). 300 lek d'entrée. Collections chaotiques mais certaines vitres remarquables sur la période ottomane. Pas d'ambiance muséale conviviale, juste des salles froides avec cartel en albanais. Jour 9, marché Zana (ruelle près place Shkënderbej) : fruits, légumes, viande. Tohu-bohu, vendeurs qui crient, odeur de chou et menthe. Acheté des abricots pour 200 lek le kilo. Saveur concentrée, juteux. Dernier soir au restaurant Vëllezërit Fetiu (Tirana, vieille ville) : pâtes faites maison, sauce tomate simple, vin rouge local Kosovar à 12 euros. Proprio chaleureux, pas cher du tout.
Les bons plans repérés sur place.
Forteresse Rozafa (Tirana) : vue depuis les remparts à 450 m au-dessus de la ville, coucher de soleil entre 19 h 30 et 20 h en octobre
Restaurant Pepe's (Durrës, front de mer) : grillades de daurade, patron sans esbroufe, 250 lek le plat
Guesthouse Rrufe (Bajram Curri) : propriétaire Drita, repas maison, 8 euros la nuit, point de départ randos nord
Cascades Gropë e Thethit : trois heures à pied depuis Theth, eau glacée, amphithéâtre rocheux intact
Café Tlegit (place Skanderbeg, Tirana) : café turc à 80 lek, burek chaud, vue sur la mosquée restaurée
Photos — Tirana et région côtière
Et au final.
L'Albanie n'est pas un coup de foudre, c'est une relation qui se construit. Tirana reste bruyante et imprévisible, le tourisme reste embryonnaire, ce qui crée des galères (prix qui varient, peu de signalétique, langue barrière). Mais les gens sont directs, généreux, et les montagnes du nord justifient le voyage. Je reviendrai, pas par nostalgie romantique, juste par curiosité non exhaustée.
