Comment ça s'est passé.
Levé à 6 h 30 à l'hôtel Adriatic Palace pour attraper le bus Flik OS qui part de la gare routière centrale de Tirana vers 7 h 15. Trois heures et demie de trajet cahoteuxj'ai compté les virages avant d'arriver à Durrës vers 11 h. Le chauffeur fumait la moitié du voyage, les vitres fermées. Les odeurs de diesel mélangées à la cigarette m'ont donné mal à la tête dès le deuxième tiers de la route. Première impression en débarquant sur la promenade : sable gris, bâtisses de béton blanc des années 1970 côte à côte avec des villas en construction. J'ai loué un studio chez Gina's Rooms (35 euros/nuit), tenu par une femme de 60 ans qui m'a proposé un café turc amer en descendant mes bagages. J'ai dormi directement quatre heures. Réveil brutalisé par une alarme d'ambulance passée dehors. Nourriture et vie localeLe restaurant Mrizi i Detit, à cent mètres de la plage, m'a servi une soupe de poisson (cioppino local) pour 8 euros. Le poisson était frais, la soupe trop salée. Le propriétaire, Fatmir, parlait un français approximatif et m'a expliqué que le marché au poisson change tous les deux jours selon les prises. J'y suis allé un matin vers 6 h : odeur de sel, d'algues et de glace. Les vendeurs criaient les prix en lek (100 lek = 0,85 euro environ). Poulet grillé au restaurant Agimi juste à côté pour 6 euros. Viande sèche, sauce tomate trop sucrée. Le café Kolonja dans la vieille ville était mon repaire. Espresso pur à 1,5 euro, gâteau à la pistache mou et sucré. Les hommes autour parlaient fort, fumaient sans cesse. La chaleur étouffante de 32 degrés conjuguée à la fumée des cigarettes m'a forcé à prendre mes cafés dehors, sous l'auvent. Déplacements et galèreLe bus local 2 coûte 40 lek (0,35 euro) et passe toutes les quinze minutes, en théorie. Trois fois sur cinq, j'ai attendu quarante-cinq minutes. Le chauffeur n'avait pas de monnaie et m'a dit de payer demain. Je l'ai revu quatre jours plus tard, il m'a demandé l'argent en souriant. Paiement informel. J'ai pris un taxi vers la plage de Golem, à une vingtaine de kilomètres au sud. Le compteur n'existait pas. Négociation âpre : le chauffeur demandait 25 euros, j'ai réussi à obtenir 15 euros. Trajet d'une heure et demie sur une route côtière mal entretenue, trous partout. Arrivée à Golem : plage vide, eau tiède, détritus plastique concentrés au bord. Un moment où j'ai regretté ma naïveté. J'aurais dû demander à Gina avant. Elle aurait certainement dit que c'était une fausse bonne idée. Monuments et muséeLe Musée d'Archéologie de Durrës, installé dans un bâtiment des années 1950, fermait à 16 h. J'y suis arrivé à 15 h 45. Entrée 300 lek (2,50 euros). Deux salles avec mosaïques romaines, sarcophages. Un gardien qui dormait sur une chaise à l'entrée. Murs qui s'écaillaient. Vitrines poussiéreuses. Cela dure quarante-cinq minutes maximum. L'amphithéâtre romain au cœur de la ville, visible depuis la route, était en restauration. Périmètre fermé. J'ai pu voir des structures en pierre brute et des panneaux d'explication en albanais uniquement. Déçu. Moments vraisDeux journées à ne rien faire que marcher à l'aube sur la promenade, seul. Poisson qui saute hors de l'eau. Silence cassé par un cargo au loin. Un homme âgé qui vendait des cordes à sauter faites maison, tressées. Nous avons parlé dix minutes, je n'ai rien compris, j'ai acheté une corde pour 3 euros. Elle est chez moi maintenant, je l'ai jamais utilisée. Dîner chez un ami de Gina, à l'étage au-dessus. Viande de mouton rôtie, pains plats chauds, raki maison qui brûlait la gorge. Rires, musique folklorique albanaise sur un téléphone. Sensation d'être intégré, deux heures. Puis retour au studio et fin abrupte de cette parenthèse.
Les bons plans repérés sur place.
Mrizi i Detit : restaurant face à la mer, soupe de poisson locale (8 euros), terrasse basique mais nourriture du jour
Marché au poisson de Durrës : ouvert 5 h–7 h, lek nécessaire (pas d'euros), odeur authentique d'Adriatique
Café Kolonja dans la vieille ville : espresso à 1,5 euro, pâtisseries turques, lieu de vie locale sans touristes
Amphithéâtre romain : visible rue principale, actuellement fermé pour rénovation mais visible de l'extérieur
Bus local ligne 2 vers Golem : 40 lek, départ irrégulier mais économique, 20 km de côte à explorer
Photos — Durrës
Et au final.
Durrës m'a surpris par son côté moins poli, moins touristique que Tirana. Les gens ne cachent pas leurs réalités. C'est dur, direct, sans artifice. Je n'y retournerai pas, mais cette expérience brute m'a marqué. Le manque d'infrastructure touristique pensée pour les voyageurs était frustrant : pas de signalisation claire, pas d'infos fiables en ligne. À vivre une fois.

