Comment ça s'est passé.
Levé à 6 h 30 à l'hôtel Adriatik Palace à Durrës pour attraper le bus 301 qui longe la côte vers le nord. L'odeur salée du détroit de l'Adriatique se mêle à celle des cuisines des petits restaurants de front de mer. Nous avons payé 150 lekë (environ 1,25 euro) pour ce trajet de 40 minutes, assis à côté d'une femme qui vendait des brochettes de viande (mish plleskavice) emballées dans du journal. Le bus était surpeuplé, aucune climatisation, et nous avons patienté 15 minutes de retard avant le départ. Durrës nous a surpris. Pas la carte postale qu'on attendait. La plage de galets gris s'étend sur plusieurs kilomètres, bordée d'hôtels pas terminés et de cafés avec des chaises en plastique bleu. Nous avons loué deux chambres à 35 euros la nuit à l'hôtel Adriatik Palace—petit, propre, pas de surprises. Le patron, Gjon, nous a conseillé le restaurant Fénix pour le poisson. Nous y avons mangé une trout grillée accompagnée de frites pour 12 euros. Correct, le poisson était frais, mais nous avons attendu 50 minutes entre la commande et la livraison. La galère du premier jour En arrivant à la gare routière de Durrës (gare vraiment basique, un parking avec des minibus disparates), nous avons eu un problème avec un chauffeur de taxi. Il nous a fait payer 500 lekë (4,50 euros) pour 2 km, ce qui était le double du tarif réel. Nous avons compris le piège trop tard. À Tirana, après, un serveur au café Lira nous a expliqué qu'on se faisait avoir en arrivant. Leçon apprise : vérifier le compteur ou négocier le prix avant de monter. Le trajet vers Tirana en minibus (compagnie Fron, environ 200 lekë) nous a pris une heure. Nous étions entassés à huit dans un véhicule pour quatre, avec un conducteur qui écoutait de la musique turque à volume maximal. La route passe par des montagnes sèches, des villages aux maisons inachevées, des poteaux électriques fragiles. Tirana : couleurs et contrastes La capitale nous a choqué agréablement au premier abord. Les façades peintes en rose bonbon, jaune et bleu lime du boulevard Dëshmorët e Kombit contrastent violemment avec les rues adjacentes qui tombent en ruine. Nous avons loué un appartement deux chambres en Airbnb pour 50 euros la nuit près de la place Skanderbeg. Le propriétaire s'appelait Artur et n'a pas répondu à nos messages pendant trois jours, ce qui a créé une tension. Finalement, il a confirmé notre accès, mais sans clé. Il nous a dit de passer par la fenêtre du rez-de-chaussée. Pas idéal comme accueil. Nous avons passé deux jours à explorer le marché de Zog I (marché central) tôt le matin. Vers 7 h 30, le marché exhale une odeur intense de fruits écrasés, de légumes moisis et de viande fraîche. Les vendeurs crient les prix : tomates à 200 lekë le kg, raisin blanc à 300 lekë. Nous y avons acheté des olives locales délicieuses pour 2 euros le pot de 500 grammes. C'était une vraie vie de quartier, sans touristes. Le musée d'Histoire nationale (entrée 500 lekë, 4,25 euros) nous a pris deux heures. Les collections sont désorganisées, l'éclairage faible, mais il y a des objets rares du Moyen Âge. Le gardien, un homme âgé, nous a expliqué en français cassé des détails sur les mosaïques byzantines. C'était touchant et fatigant à la fois. Nourriture et petits plaisirs Nous avons mangé chez Oda, un restaurant traditionnel près de la mosquée de Tirana. La byrek (pâte farcie à la viande et fromage) sortait du four, croustillante, un vrai moment. Coût total pour deux : 16 euros. Le café au restaurant Lira (espresso serré, 1 euro) était excellent, servi dans une petite tasse chaude. Nous avons pris l'habitude de nous y arrêter chaque matin vers 9 h. Excursion à Krujë (à 30 km au nord) en minibus. Le château domine le village. Entrée 300 lekë. Nous avons grimpé en sueur sous 28 degrés, sans ombre. Visite du château de Elbasan, 45 minutes plus loin. Plus impressionnant que Krujë, moins touristique. Route en mauvais état, poussière partout. Soirée au bar Piramida dans le quartier de Blloku. Bière locale (Prizren) à 2 euros. Musique live de mauvaise qualité, mais ambiance décontractée. La dernière nuit à Tirana, nous avons attendu deux heures à la gare routière Durres-Tirane avant le départ du minibus. Pas de climatisation, pas de toilettes propres. Une femme avec trois enfants ronflait à côté de nous. Ce moment résume un peu l'Albanie : entre attente, inconfort et acceptation tranquille des imprévistos.
Les bons plans repérés sur place.
Marché de Zog I à Tirana, 7 h 30 le matin, avant l'afflux de touristes
Restaurant Fénix à Durrës pour la trout grillée (commander tôt, service lent)
Boulevard Dëshmorët e Kombit à Tirana, avec ses façades peintes en couleurs vives, gratuit et à pied
Château de Krujë, 30 km au nord de Tirana, en minibus Fron, 45 minutes d'accès
Café Lira près de la place Skanderbeg à Tirana pour l'espresso et observer la vie locale
Photos — Durrës / Tirana
Et au final.
L'Albanie n'est pas un pays poli ou parfait, mais il nous a marqués par son désordre vivant et ses petits moments authentiques. Les gens nous ont traité correctement (malgré quelques arnaques). Ce qui nous a le moins plu : l'infrastructure routière décevante et les hôtels souvent inachevés. À recommander pour ceux qui cherchent une destination moins léchée que la Grèce ou la Croatie.
