Dix jours en Albanie : de Tirana aux plages de Sarandë, entre chaos routier et hospitalité sincère
CarnetAlbanie202610 jours

Dix jours en Albanie : de Tirana aux plages de Sarandë, entre chaos routier et hospitalité sincère

On a atterri à Tirana le 15 mars à 14h30 sur le vol Wizz Air W6 521 depuis Lyon. L'aéroport Nënë Tereza est petit, presque soporifique, et on a attendu 45 minutes à la douane pour une raison jamais expliquée. Première…

MA
Publié le · mis à jour le
10 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On a atterri à Tirana le 15 mars à 14h30 sur le vol Wizz Air W6 521 depuis Lyon. L'aéroport Nënë Tereza est petit, presque soporifique, et on a attendu 45 minutes à la douane pour une raison jamais expliquée. Première galère : pas de distributeur de leke en bon état. On s'est retrouvés avec un billet de 500 leke (4 euros environ) et une carte bancaire qui refusait de fonctionner. Un taxi non officiel nous a demandé 2500 leke (20 euros) pour 30 km en ville. On a négocié à 1800. Le chauffeur conduisait à une main, l'autre tenant un café turc en minuscule tasse blanche, un détail bête mais qui m'a marqué. À Tirana, on a logé trois nuits à l'hôtel Elbasan, rue Ismail Qemali, à 45 euros la chambre. C'est une petite bâtisse de cinq étages, pas de wifi stable, mais madame Lumija qui gère la réception parlait cinq langues et arrangeait tout. Le matin du premier jour, levés à 7h pour le marché Pazari i Ri : odeur de grenade, de miel qu'on vend en vrac, de viande de mouton à la broche. On a acheté du byrek (pâte fourrée aux épinards) à 80 leke chez une femme qui faisait cuire ses fournées dans un petit four en fonte à bois. Le goût était presque amer, trop salé, mais on en a repris. Le bruit des motos Vespa qui zigzaguaient entre les étals, c'était constant, un peu stressant. La Place Skanderbeg m'a laissé froid. Trop de construction, trop de pigeons et de vendeurs de cartes postales. On a visité la Galerie nationale d'art en deux heures (fermée le lundi, ce qu'on a découvert en y allant). Les murs sont peints en jaune pétant, le bâtiment date des années 50, il y a un charme bricolé mais rien qui crie l'excellence. On a plutôt aimé flâner dans le quartier de Blloku, où les cafés servent un espresso très fort pour 60 leke. J'en ai pris trois en une journée. Le 18 mars, on a pris le bus de Flo Turizm (compagnie locale pas cher) direction Sarandë. Départ à 9h du terminal sud de Tirana, arrivée à 16h avec une pause de deux heures à Vlorë pour l'essence et le déjeuner. À Vlorë, on a mangé du poulpe à la plancha au restaurant Mrizi i Detit : 450 leke (3,80 euros) l'assiette, le poulpe était vraiment caoutchouteux, les patates molles, mais la bière Korça froide compensait. Le trajet était cahoteux, les routes albanaises ne sont franchement pas au niveau. À un moment, le bus a croisé un troupeau de chèvres près de Llogara et on a dû reculer de 200 mètres. Sarandë s'est révélée être une station balnéaire endormie en mars. Plage de galets gris, air salin, la température oscillait autour de 15 degrés le jour. On a trouvé une chambre chez l'habitant via un homme qui criait « hotel, hotel » au terminus. 2000 leke la nuit (16 euros) pour une chambre avec balcon vue mer, salle d'eau rudimentaire. C'était honnête. On a passé cinq jours là, dont trois jours de pluie intermittente. Le moment marquant : une discussion dans le café Flisvos avec un vieux pêcheur, Agim, 72 ans, qui nous a parlé en anglais cassé de l'époque communiste. Pas de discours victimaire, juste des faits énoncés sèchement, presque mécaniquement. Ça m'a touché, cette façon de raconter sans pathos. À Sarandë, on a fait une excursion aux ruines de Butrint : bus numéro 8 depuis la centre, 100 leke par personne, environ 20 minutes. Le site est intéressant, colonnes grecques, murs en pierre, mais très mal entretenu. Un gardien qui ne parlait que l'albanais nous a fait payer 200 leke d'entrée alors qu'on ne savait pas si c'était le vrai tarif. En revenant, on s'est perdu et un groupe de jeunes nous a proposé de nous raccompagner pour 500 leke. Arnaque douce, mais arnaque quand même. Nourriture en Albanie : on a mangé beaucoup de pâtes (recette de famille, disait chaque restaurateur), du flan de courge sucré, du fromage de brebis local. Les restaurants touristiques facturent 400-600 leke par plat. Les petites gargotes 150-250 leke. La bière Korça ou Peja est omniprésente, très bonne, 60-100 leke au verre. L'eau du robinet à Tirana était impropre à la consommation (goût de chlore insoutenable), on a acheté des bouteilles au supermarché Big C, rue Shën Ndout. Retour à Tirana le 25 mars, même bus Flo Turizm, mais cette fois le chauffeur roulait comme un démon, freins qui crissaient tous les 3 km. Vol de retour décalé d'une heure et demie. On a attendu à l'aéroport en sirotant un café infect à 300 leke.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Marché Pazari i Ri à Tirana : arriver dès 7h avant que les étals de grenade se vident

2

Plage de Sarandë au coucher de soleil (vers 18h30) : galets gris, eau turquoise froide mais belle

3

Ruines de Butrint : vérifier le tarif d'entrée auprès de l'office de tourisme avant, pas au gardien du site

4

Café Flisvos à Sarandë : petite table en bois face à la mer, café turc à 80 leke, conversations de pêcheurs

5

Restaurant Mrizi i Detit à Vlorë : poulpe à la braise même si la cuisson n'est pas parfaite, vue sur le port

Album · 9 photos

Photos — Tirana et côte ionienne

Dix jours en Albanie : de Tirana aux plages de Sarandë, entre chaos routier et hospitalité sincère
Tirana et côte ionienne — 2
Tirana et côte ionienne — 3
Tirana et côte ionienne — 4
Tirana et côte ionienne — 5
Tirana et côte ionienne — 6
Tirana et côte ionienne — 7
Tirana et côte ionienne — 8
Tirana et côte ionienne — 9
Conclusion

Et au final.

L'Albanie est un pays en transition, avec des routes pourries, une administration opaque, mais des gens chaleureux et sans faux-semblants. On repartirait, mais pas sans avoir l'impression qu'on s'était fait avoir à plusieurs reprises sur les prix et l'organisation. À recommander pour qui aime l'aventure un peu chaotique.

En résumé

Avis Tirana et côte ionienne : carnet de voyage de 10 jours par marcaurelien42

Destination
Tirana et côte ionienne
Pays
Albanie
Durée
10 jours
Période
mars · Printemps
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marcaurelien42
L'essentiel

Tirana et côte ionienne en bref

Pourquoi choisir Tirana et côte ionienne

  • Destination ultra-économique pour hébergement, nourriture et transports
  • Contraste fascinant entre capitale bruyante et plages méditerranéennes endormies
  • Rencontres authentiques avec locals sans discours touristique standardisé
  • Gastronomie locale préservée et bière artisanale excellente à bas prix
  • Ruines archéologiques comme Butrint peu touristées et bien accessibles

Pour qui ?

  • Routards aventuriers tolérant imprévus et chaos organisé
  • Couples cherchant authenticité loin des circuits massifiés
  • Voyageurs à petit budget explorant la Méditerranée orientale
  • Historiens intéressés par vestiges gréco-romains préservés
  • Passionnés de culture locale et gastronomie populaire

À éviter si…

  • Vous cherchez un confort hôtelier à standard occidental
  • Les routes en mauvais état et transports imprévisibles vous stressent
  • Vous ne tolérez pas les petites arnaques touristiques et flou tarifaire
  • Vous avez besoin de wifi stable et infrastructure numérique fiable
À découvrir aussi
Aéroport Nënë TerezaPlace SkanderbegGalerie nationale d'artQuartier BllokuMarché Pazari i RiVlorëCol de LlogaraSarandëRuines de ButrintÎle de Corfou voisineParc national de ButrintCôte ionienne
Questions fréquentes

FAQ — Tirana et côte ionienne

Combien coûte un séjour en Albanie pour 10 jours ?

Budget global très économique : hébergement 16-45 euros par nuit, repas en gargote 2-4 euros, transport longue distance 15-20 euros. Le voyage décrit a coûté environ 400-500 euros par personne hors vol. Les tarifs touristiques à Sarandë varient de 300 à 600 leke par plat (2,50-5 euros).

Quel est le meilleur moment pour visiter Tirana et Sarandë ?

Le voyage en mars a révélé une basse saison avec pluies intermittentes et températures de 15 degrés à Sarandë. Les mois d'avril à octobre sont conseillés pour une météo stable. Tirana est visitable toute l'année mais moins touristique en hiver.

Les routes en Albanie sont-elles praticables en bus ?

Oui, les bus de compagnies locales comme Flo Turizm relient les villes principales. Les trajets sont cahoteux et les routes de montagne peu entretenues, mais fonctionnels. Prévoir 7 heures pour les 140 km Tirana-Sarandë avec pause à Vlorë.

Faut-il craindre les arniques et mauvaise foi touristique ?

Des surcharges modérées existent (tarifs d'entrée non officiels à Butrint, propositions de raccompagnement payantes). Les prix affichés dans les restaurants touristiques sont plus élevés que dans les petites gargotes locales. Négocier les tarifs de taxi non officiels reste courant.

Peut-on boire l'eau du robinet en Albanie ?

À Tirana, l'eau du robinet a un goût de chlore insoutenable et est déconseillée. Acheter des bouteilles en supermarché (Big C, rue Shën Ndout) est plus sûr. À Sarandë, vérifier auprès de l'hébergement avant de consommer l'eau du robinet.

Quels plats locaux essayer absolument ?

Le byrek (pâte fourrée aux épinards ou fromage), les pâtes maison, le poulpe à la plancha, le fromage de brebis local et le flan de courge sucré. La bière Korça et Peja (60-100 leke) sont excellentes et omniprésentes.

Faut-il parler anglais ou albanais pour voyager en Albanie ?

L'anglais est parlé dans les zones touristiques et les hôtels (réceptionniste Lumija parlait 5 langues). En zones rurales ou transports, l'albanais est recommandé. Apprendre quelques phrases aide pour négocier et créer du lien.