Dix jours à Mostar : entre ponts reconstruits et cicatrices visibles
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Dix jours à Mostar : entre ponts reconstruits et cicatrices visibles

Nous avons pris le bus FlixBus au départ de Split en Croatie à 7h du matin — un trajet de trois heures jusqu'à Mostar. Le car était bondé, la climatisation défaillante, mais je m'en fichais. Arrivée à la gare routière…

SO
Publié le · mis à jour le
10 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons pris le bus FlixBus au départ de Split en Croatie à 7h du matin — un trajet de trois heures jusqu'à Mostar. Le car était bondé, la climatisation défaillante, mais je m'en fichais. Arrivée à la gare routière de Mostar vers 10h30, l'air était déjà lourd, presque 28 degrés à cette heure. On a traîné nos valises jusqu'à l'hôtel Kriva Ćuprija, une petite pension nichée près de la vieille ville, où la proprio nous a accueillis avec un café turc si fort qu'il m'a presque arraché la tête. Le Stari Most, le pont ottoman du 16e siècle, c'est le cœur de Mostar. Nous y avons marché dès l'après-midi, après avoir mangé un burek au restaurant Sadrvan pour 4,50 euros — la pâte feuilletée était chaude, coulante, la viande généreuse. Le pont lui-même est gris-blanc, massif, écrasant. On sent encore les traces du conflit : des impacts de balles creusent la pierre, visibles si on regarde de près. Ça fait bizarre de traverser ça, de voir les gamins sauter du pont dans la Neretva en contrebas comme si de rien n'était. Les ruelles de la vieille ville et les galères concrètesLes ruelles étroites et pavées de la vieille ville sont bondées de boutiques de souvenirs kitsch destinées aux touristes. On y a flâné une journée entière. Un vendeur nous a proposé un « vrai » tapis afghan à 80 euros, puis à 40 quand il a vu notre hésitation. Nous n'avons rien acheté. Mais j'ai goûté un café bosniaque traditionnel dans un petit bar sans enseigne, au premier étage d'une maison en ruine — l'odeur des épices et du charbon était asphyxiante, intense. Le café coûtait 1,50 euros. Jour 3 : nous avons voulu visiter Sarajevo, à une heure de route. Erreur majeure. Le bus Centrotrans était en retard de 45 minutes, surchargé, et trois touristes allemands se battaient pour des places assises. Sarajevo, une fois sur place, nous a laissés frustrés — trop de monde, pas assez de temps (nous n'avions que quatre heures). Nous avons vu le tunnel de la guerre, parcouru une centaine de mètres dans ce boyau bétonné étouffant qui servait à ravitailler Sarajevo pendant le siège. Les histoires des guides en ligne ne rendaient pas justice à ce lieu. C'était sordide, triste, pas « touchant » comme prévu. Les jours meilleurs : Kravice et la grotteJour 5, nous avons loué une voiture (avec Hertz, 45 euros pour 24 heures) et roulé jusqu'aux cascades de Kravice, à 50 km au sud. L'eau était froide, verte, éclatante. Nous avons nagi deux heures. Le midi, nous avons mangé des truites grillées au restaurant en bord de cascade — 12 euros l'assiette, généreuse, encore vivante une heure plus tôt. C'était le meilleur repas du séjour. Le soir, tempête orage : pluie violente qui s'écrasait sur les pavés de Mostar, ruelles transformées en petits torrents. On s'est réfugiés au bar Muslibegović House, une vieille demeure ottomane reconvertie en bar à vin, où j'ai bu un verre de Žilavka bosniaque blanc local (4 euros, acidité bonne, fruité subtil). Jour 7 : Blagaj et son ermitage. Le Tekija, ancien monastère derviche construit en 1571, collé à la source de la Buna. L'eau jaillit de la montagne calcaire, bleu foncé, froid glacial. Les murs intérieurs exhaalent une odeur d'humidité ancienne mélangée à l'encens. Le silence y est pesant — les quelques touristes se taisaient, on sentait le poids de l'histoire. Entrée gratuite, mais on a laissé un pourboire au gardien. Ce jour-là, pas de galère, juste du recueillement. Jour 9 : marché central de Mostar, tôt le matin vers 7h. Fruits, légumes, fromages, miel. Nous avons acheté des cerises noires pour 2,50 euros le kg, achetées à une vieille femme qui criait ses prix. Le fromage blanc local (Travnički sir) à 8 euros le kilo. Le marché sent la terre, la sueur, l'essence des camions de livraison.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Stari Most au coucher du soleil (17h) — marcher seul sur le pont, voir les impacts de balles de près

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Restaurant Sadrvan pour un burek chaud et une rakija maison à 2 euros

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Cascades de Kravice avec nage et truites grillées au bord de l'eau

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Blagaj Tekija le matin avant 9h pour éviter les groupes de touristes

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Marché central vers 7h du matin pour acheter fruits locaux et fromage Travnički

Album · 8 photos

Photos — Mostar

Dix jours à Mostar : entre ponts reconstruits et cicatrices visibles
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Conclusion

Et au final.

Dix jours à Mostar, c'est suffisant pour respirer le lieu sans trop le surexposer. Les gens sont accueillants, la nourriture simple et bonne. Ce qui nous a déçus : la sur-touristisation de la vieille ville, trop de boutiques pour touristes, pas assez de vie locale authentique en été. Et le coût logistique (voiture, bus, petits déplacements) monte vite avec les prix locaux corrects mais nos attentes de budget limité.

En résumé

Avis Mostar : carnet de voyage de 10 jours par sophievoyages42

Destination
Mostar
Pays
Bosnie Herzegovine
Durée
10 jours
Période
juillet · Été
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@sophievoyages42
L'essentiel

Mostar en bref

Pourquoi choisir Mostar

  • Stari Most ottoman unique, joyau architectural du 16e siècle incontournable des Balkans
  • Cascades de Kravice et source de la Buna pour baignade et gastronomie locale
  • Cuisines bosniaque et héritages multiculturels : burek, truites grillées, cafés forts
  • Témoignages vivants de l'histoire récente sans sentimentalisme touristique excessif
  • Atmosphère spirituelle préservée aux monastères derviches et sites religieux historiques

Pour qui ?

  • Voyageurs en quête d'histoire et d'architecture balkanique
  • Couples cherchant authenticité loin des destinations surexploitées
  • Randonneurs et nageurs attirés par Kravice et sources naturelles
  • Personnes intéressées par les conflits historiques et la reconstruction
  • Passionnés de gastronomie locale et de marchés traditionnels

À éviter si…

  • Vous fuyez toute trace de conflit historique visible
  • Vous cherchez une destination sans boutiques de souvenirs touristiques
  • Vous voyagez en août avec budget très serré : inflation estivale et monde massif
  • Vous préférez les domaines skiables ou plages méditerranéennes de resort
À découvrir aussi
Stari MostNeretvaCascades de KraviceBlagajTekijaSource de la BunaSarajevoTunnel de la guerreSplitVieille ville de MostarMarché central de MostarRivière Buna

Photos communautaires : Mostar

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Questions fréquentes

FAQ — Mostar

Combien de temps faut-il prévoir pour visiter Mostar ?

Dix jours permettent de bien respirer la destination sans la surexposer. Les premiers jours se concentrent sur le Stari Most et la vieille ville, puis des excursions aux cascades de Kravice (50 km, une demi-journée) ou au Tekija de Blagaj (une journée) enrichissent l'expérience. Quatre à cinq jours suffisent pour le minimum viable.

Quel est le meilleur moyen pour arriver à Mostar ?

Les bus FlixBus ou Centrotrans relient Split (Croatie) en trois heures, coût réduit mais confort variable et retards fréquents. La voiture de location (environ 45 euros pour 24 heures) offre plus de liberté pour les excursions, notamment vers Kravice et Blagaj.

Peut-on voir les traces du siège de Mostar ?

Oui, le Stari Most porte des impacts de balles visibles dans la pierre. Le tunnel de la guerre à proximité de Sarajevo (une heure de route) témoigne du blocus historique, bien que les guides soulignent que cette visite peut être émouvellement éprouvante.

Quel budget prévoir pour se nourrir et se loger ?

Les petits hôtels comme Kriva Ćuprija offrent des tarifs convenables. Comptez 4,50 euros pour un burek, 12 euros pour les truites grillées aux Kravice, 1,50 euro pour un café bosniaque traditionnel. La nourriture locale est simple et généreuse, avec un bon rapport qualité-prix.

Quand visiter Mostar pour éviter la foule ?

L'été (28 degrés en juin observé) concentre touristes et boutiques kitsch dans la vieille ville. Le printemps ou l'automne offrent un meilleur équilibre entre météo favorable et authenticité locale.

Que faire pendant une tempête à Mostar ?

Les ruelles pavées se transforment en torrents lors d'orages violents. Privilégiez les espaces couverts comme Muslibegović House, une ancienne demeure ottomane reconvertie en bar à vin proposant des vins locaux Žilavka à 4 euros.

Quelles sont les meilleures excursions depuis Mostar ?

Les cascades de Kravice (50 km sud) offrent baignade et restauration locale. Le Tekija de Blagaj (monastère derviche de 1571) propose une atmosphère spirituelle unique à la source de la Buna. Sarajevo à une heure, mais nécessite au minimum une journée complète.

Faut-il négocier les prix au marché et auprès des vendeurs ?

Les marchands réduisent facilement leurs prix (exemple : tapis afghan passant de 80 à 40 euros). Au marché central matinal, les prix sont affichés mais restent négociables. Fruits, fromages et miel sont accessibles : cerises noires 2,50 euros/kg, fromage Travnički 8 euros/kg.