Comment ça s'est passé.
On a atterri à Sarajevo un lundi matin à 7h30 avec la compagnie Wizz Air, directement depuis Lyon. L'aéroport était calme, presque endormi. On a pris le bus numéro 30 jusqu'à la gare centrale (0,60 EUR la course), et là, le choc sensuel a commencé : odeur de café turc et de tabac qui sort des petits cafés cachés sous les arcades de la Baščaršija, le vieux marché ottoman. C'était 10h du matin et ça sentait déjà l'été. Les trois premiers jours, on s'est logés à l'hôtel Europa, Miljacka 1, une bâtisse austro-hongroise avec des murs épais qui amortisissaient le bruit des tramways numéro 1 et 6. La chambre coûtait 45 EUR la nuit. À la réception, on nous a conseillé d'aller à Mostar en train : 35 EUR par personne, 3h30 de trajet. La compagnie ferroviaire (ŽFBH/Željeznice Federacije Bosne i Hercegovine) avait du retard. 45 minutes. On n'était pas pressés. Mostar, ce n'est pas pareil. La Neretva coule verte et turquoise, et le Stari Most, ce pont ottoman du XVIe siècle, il est debout mais reconstruit. On l'a vu dès qu'on est descendus du train. On a mangé au restaurant Sadrvan, juste à côté du pont, une assiette de ćevapi (petites brochettes) et du pain épais avec de la kajmak (fromage frais). 12 EUR pour deux personnes, boisson non comprise. Le goût du kajmak était neutre mais réconfortant, salé juste ce qu'il faut. On a senti la chaleur de la pierre du pont sous nos mains — on était 18h, début juillet, 32 degrés. Mais voilà : on a eu une galère en essayant de changer de l'argent. On a cherché un distributeur dans la vieille ville, on en a trouvé un dehors d'une petite banque. Il nous a craché l'argent en devises locales, marks convertibles (KM), mais le taux affiché sur l'écran était 15% au-dessus du marché. On a perdu 30 EUR sur la transaction. Leçon apprise : changer de l'argent avant de partir d'Europe. On a dormi à Mostar à la guest house Nereida (20 EUR la nuit, petit-déjeuner inclus, terrasse sur la rivière). Le propriétaire était un mec de 60 ans, Hasan, qui nous a parlé de la guerre. Pas de manière dramatique, juste des faits : « J'ai vu le pont tomber en 1993. On a mis 9 ans pour le reconstruire. » C'était calme. On a écouté. On n'avait pas les bonnes questions à poser. De retour à Sarajevo, on a passé deux jours à traîner. Café Ivo, près de la mosquée Gazi Husrev-Bey, on a commandé un espresso et un baklava (2 EUR). L'espresso était fort, presque noir, la tasse était minuscule. Le baklava était sec, trop sucré. Pas une tuerie. On a marché dans les rues pavées, on s'est perdu deux fois. On a grimpé à la forteresse de Yellowfortress (gratuit) d'où on voyait les collines criblées de tombes, des stèles blanches alignées. Le silence là-haut était oppressant, pas relaxant. Ça ressemblait à ce qu'on imaginait. Le dernier jour, on a pris le bus 22 jusqu'au tunnel de la guerre, ce tunnel de 800 mètres creusé pendant le siège pour ravitailler la ville assiégée. Entrée musée : 15 KM (8 EUR). Le musée était petit, coincé. On a vu des photos en noir et blanc, des témoignages vidéo. Une femme parlait de la faim. On n'a pas aimé quitter cet endroit, mais on avait un vol à 19h30. L'aéroport était à 15 km. On a pris un taxi depuis l'hôtel, 25 EUR, le chauffeur roulait vite et écoutait une station de radio bosniaque. Les pneus grinçaient dans les virages.
Les bons plans repérés sur place.
Stari Most à Mostar au coucher de soleil, vers 19h, debout sur le pont, les pierres chaudes sous les pieds
Restaurant Sadrvan (Mostar) pour les ćevapi frais et le kajmak — arriver avant 19h pour avoir une place sur la terrasse
Baščaršija (vieux marché Sarajevo) : déambuler dans les ruelles sans but, entrer dans les petits cafés ottomans, commander un café turc (2 EUR)
Tunnel de la guerre : musée dépouillé mais intense, même si petit et souvent en groupes — visiter en fin d'après-midi pour moins de monde
Forteresse Yellowfortress (entrée gratuite) : vue sur Sarajevo et ses cicatrices, silence et hauteur
Et au final.
La Bosnie, c'est moins touristique que la Croatie. Moins lisses. Moins « parfait ». On a aimé ça, sauf qu'on s'attendait à plus de connexion locale. Les gens étaient réservés, polis mais pas bavards. Et le bilan financier a pris un coup avec cette arnaque au change.