Comment ça s'est passé.
On a atterri à Sarajevo le 15 mars à 14h30 avec la compagnie Wizz Air depuis Toulouse. Louer une voiture s'est avéré plus cher que prévu (75 euros/jour chez Budget), mais c'était indispensable pour explorer correctement. Le trajet Sarajevo-Mostar fait environ 140 km, route sinueuse de montagne, paysages bruts avec des villages encore en reconstruction. Mostar, c'est d'abord le Stari Most. On s'est levés à 6h du matin pour le voir sans les touristes. À 6h45, on était seuls sur ce pont du XVIe siècle, avec la brume qui montait de la Neretva en contrebas. L'odeur de l'eau fraîche mélangée aux pierres humides, les sons des corneilles. Moment suspendu. Puis à 7h15, ça a commencé à arriver. Le pont a été détruit en 1993, reconstruit en 2004 — les impacts de balles sont encore visibles sur les façades. On a logé à l'Hostel Nina (Rade Bitange street, 25 euros la chambre double), tenu par une femme de 60 ans qui crie après ses chats. Le petit déj n'était pas inclus, contrairement à ce qu'on avait lu. Première galère. Elle nous a indiqué un café en bas de la rue, le Café Kino, où on a mangé des burek à la viande (2 euros pièce) et bu un espresso serré (0,80 euro) assis dehors, malgré les 8 degrés. La vieille ville (Stara Čaršija) s'explore en deux heures. Ruelles étroites, boutiques de souvenirs trop chères, deux-trois vraies galeries d'art. On a vu des femmes laver le linge dans la fontaine publique, des hommes jouer aux cartes dans les cafés. Les murs portent encore les marques de la guerre — des trous de balles, des graffitis, des maisons éventrées. Ça choque au premier abord, puis on s'habitue. On a pris un minibus local (ligne 1, 1,60 euro le trajet) jusqu'à Kravice, une cascade d'eau turquoise à 40 km au sud. C'était en fin d'hiver, donc peu de monde, eau glacée. On n'a pas nagé. Le chauffeur du minibus fumait sans arrêt, la fenêtre fermée — l'odeur de tabac froid a imprégné nos vêtements. On a mangé au restaurant Sadrvan (rue Jusovina 10), spécialisé dans les plats ottomans. Ćevapi (brochettes de viande) à 4 euros les six, avec du pain plat gratuit et du kajmak (sorte de crème acide locale). C'était bon, gras, copieux. Le garçon nous a surfacturé de 2 euros à la fin — on s'en est aperçus après. Deuxième galère, plus agaçante. On a visité le Musée Enver Čolaković (Bajatova 4), petit musée sur la Bosnie ottomane. Entrée 3 euros. Guide en anglais catastrophique mais sympathique. Les vitrines sentaient le renfermé, les photographies noir et blanc dataient clairement des années 1980. Un jour, on a loué un scooter (30 euros pour la journée, en colère du loueur qui voulait 100 euros de caution sans reçu). On a roulé jusqu'au village de Počitelj, 30 km au sud. C'est perché sur une colline, ruines de forteresse, vue sur la Neretva. Pas encore réinvesti par le tourisme de masse. On a croisé trois touristes japonais et un groupe scolaire bosniaque. Le soir, on s'est assis à la terrasse de la Neretva Bar (face au Stari Most), bière locale (Sarajevo ou Mostarsko, 1,50 euro) en regardant les plongeurs sauter du pont. À cette époque, peu de monde. Deux jeunes hommes ont sauté, l'eau doit être à 6-7 degrés. On les a entendu crier avant de disparaître. On a raté la visite organisée des champs de mines abandonnés par manque de temps. On a aussi découvert que le mercredi c'était marché à Rondo, centre-ville, mais on était partis le mardi matin. Déception mineure.
Les bons plans repérés sur place.
Stari Most au lever du soleil (6h45) avant l'afflux touristique, avec vue sur la Neretva
Kravice en fin d'hiver pour les cascades turquoise sans foule ni infrastructure commerciale
Ćevapi au restaurant Sadrvan avec kajmak frais et pain chaud sorti du four
Village de Počitelj à moto — ruines de forteresse et paysage de montagne sans panneaux commerciaux
Minibus local ligne 1 à 1,60 euro pour explorer comme un habitant plutôt qu'en tour organisé
Et au final.
Mostar n'est pas une destination de détente. C'est un lieu de passage, de cicatrisation. Les gens travaillent, vaquent à leurs occupations, les enfants jouent. Le tourisme y est un appoint. On y revient parce qu'il y a quelque chose d'honnête, sans paillettes. Mais le manque de transparence tarifaire et cette impression de « venez à peine, ça se reconstruit » m'ont frustré.







